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Le marché de l’emploi, au Canada, continue d’étonner malgré le ralentissement qui semble frapper un peu partout sur la planète. La différence s’est clairement manifestée vendredi : c’était au tour de l’Italie et de l’Espagne de subir les foudres d’une agence de notation, Fitch, et de voir abaisser leur cote de crédit alors même que le Canada célébrait la création de 60 000 emplois.
PLUS : Fitch décote l'Italie et l'Espagne
Bravo pour le ROC (Rest of Canada). Car le Québec, lui, n’a pas participé à la fête. À première vue, ici, le niveau de l’emploi n’a pas bougé… mais en y regardant de plus près, on constate un phénomène inquiétant : le travail à temps plein a reculé (- 20 000 ) mais ce recul a été masqué par une progression équivalente du travail à temps partiel. Autrement dit, les chiffres globaux sont à peu près les mêmes, mais la qualité de ces emplois décline.
PLUS: Québec : plus de travail à temps partiel
Il n’y a pas de quoi se réjouir. Nous avons pu jouer les fanfarons pendant un bon moment durant la récession de 2008-2009, soulignant la résilience de l’économie québécoise, sa diversité, etc., mais ça risque d’être plus difficile cette fois-ci. Ce n’est pas la catastrophe, mais nos voisins canadiens, tant en Colombie-Britannique qu’au Nouveau-Brunswick, affichent des résultats nettement plus convaincants.
C’est vrai que de gros investissements ont été annoncés récemment dans le domaine minier, qui apparaît de plus en plus comme notre bouée de sauvetage, mais leur effet ne se fera pas sentir avant plusieurs mois. Entre temps, l’économie du Québec risque de piétiner, au moment où nous avons de grosses dépenses en vue pour dépoussiérer notre réseau vieillissant d’infrastructures. Sans parler d’un autre vieillissement marqué, celui de l’ensemble de la population, et son impact profond sur le réseau de la santé.
Le Québec doit bouger et vite, sinon nous risquons de nous retrouver encore plus à la traîne en Amérique du Nord. Vivement des investissements. Vivement des chantiers, gros et petits. Vivement des emplois de qualité. Vivement une prospérité nouvelle.
En passant, un professeur de mes connaissances s’est récemment fait demander –je vous jure que c’est vrai – pourquoi il était important de viser la prospérité, comme société... À partir du moment où des gens supposément sérieux et éduqués se posent la question, sans se rendre compte de son absurdité, force est de reconnaître que nous sommes dans de bien mauvais draps.










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