La pensée magique et l'électrification des transports

Publié le 31/03/2014 à 10:12

La pensée magique et l'électrification des transports

Publié le 31/03/2014 à 10:12

Photo: STM

La défense des nobles idéaux est une chose, le recours à la pensée magique en est une autre. Prenez l’électrification des transports, dossier chéri du Parti Québécois, mais dont Québec Solidaire a fait un véritable dogme.


Dans un grand élan d’enthousiasme, le parti a présenté sa plate-forme électorale en ce sens, à la mi-mars, en insistant sur la nécessité de «sortir le Québec du pétrole». Si on suivait son plan de match, l’opération serait terminée en 2030 –dans 16 ans- et l’électrification du transport en commun mènerait la charge.


Pas évident à Alma, Rimouski ou Val D’Or, mais passons.


Pour l’instant, où ce recours aux autobus à l’électricité est-il le plus avancé? Québec expérimente des minibus d’Or (appelés Écolobus) dans le Vieux Québec depuis 2008, mais a fait savoir qu’à la fin de leur vie utile, en 2016, le projet ne sera pas prolongé. On pense acquérir de plus gros autobus électriques quand la technologie sera au point. Si on voulait tout convertir d’ici 16 ans, dans une ville où les côtes sont omniprésentes (donc, une demande accrue de puissance pour la propulsion), il ne faudrait pas perdre de temps.


Quant à elle, la Société des transports de Montréal (STM) pose un jalon cette semaine avec la mise à l’essai d’un autobus chinois tout électrique dans l’arrondissement Ahuntsic-Cartierville, pour un mois.


Pourquoi ce quartier ? Parce qu’il n’y a pas de côtes.


Pourquoi ce printemps (qui va finir par arriver)? Parce qu’il n’y a pas de chauffage dans cet autobus… Il faut comprendre que, chargé, il aura besoin de tout son petit change pour faire le travail. La mise en fonction de chaufferettes, qui solliciteraient ses batteries, réduirait d’autant son autonomie.


Autrement dit, on en est encore au stade de l’expérimentation. C’est une des raisons qui fait que la STM se voit prêter cet autobus, qui lui coûterait sinon 750 000$.


Mais un autobus électrique chinois, ça ne crée pas beaucoup de retombées ici. De là l’idée de recourir à moyen terme aux véhicules que prépare Nova Bus, de Saint-Eustache, filiale du géant suédois Volvo World. Si tout va bien, les premiers devraient être prêts en 2015. On les attendait un peu plus tôt, mais la mise au point de nouvelles technologies demande forcément des ajustements.

À propos de ce blogue

Observateur et commentateur privilégié de l’économie québécoise depuis plus de 20 ans, René Vézina fait le point sur un monde en évolution constante. Il jette un regard critique sur les événements et les vulgarise pour faire ressortir les enjeux cachés.

René Vézina

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