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Droits universitaires : le pire, c'est qu'ils ont raison, les étudiants

René Vézina . 25-02-2010

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La proposition des signataires du Pacte pour le financement concurrentiel des universités a, comme de raison, fait des vagues. Pour cause : suggérer une hausse substantielle des droits universitaires alors qu’on les a gelés pendant 12 ans avant de se réveiller est un dur retour à la réalité. Les étudiants sont naturellement outrés.


Et vous savez quoi ? Ils ont raison. Sur une base individuelle, s’entend.


Ceux qui accèdent aujourd’hui à l’université, (et surtout ceux qui vont arriver à partir de 2012), vont faire les frais de l’incurie des gouvernements qui ont préféré regarder ailleurs pendant 12 ans pour ne pas froisser personne, surtout à la veille des élections – ou du référendum. Autrement dit, tant les libéraux que les péquistes sont à blâmer.


On se rend maintenant compte que c’était une folie et que nos universités ont été sévèrement affectées parce qu’on leur a demandé de partir à la guerre avec des tire-pois. Faute de fonds, elles ont dû faire des acrobaties pour se maintenir à flot, ou se lancer dans des aventures insensées comme l’îlot Voyageur, à Montréal. Je rappellerai que ce projet immobilier de l’UQAM était entre autres conçu pour procurer des revenus. Il a chaviré, mais en aurait-on eu besoin si l’UQAM avait pu compter sur un financement raisonnable ?


Pendant 12 ans, donc, les étudiants universitaires ont eu congé de hausse des tarifs. Même pas d’ajustement au coût de la vie. Par conséquent, les 1668 $ (avant les frais afférents) payés en 2006 n’équivalaient plus, dans les faits, qu’à la moitié des 1668 $ payés en 1994.


Ça n’a pas de sens, puisqu’ailleurs, les droits ont progressivement augmenté, et nos universités, elles, ont souffert de cet écart grandissant.


Mais exiger des étudiants qui arrivent aujourd’hui qu’ils paient pour ce gâchis ?


Il le faudra bien. Comme société, le Québec n’a pas le choix. Sauf qu’on ne peut leur balancer une telle augmentation sans mesure de mitigation.


On doit donc, absolument, repenser de fond en comble le régime de prêts et bourses. Les signataires du Pacte proposent un remboursement graduel au fil du temps. On doit faire beaucoup plus. Mettre de côté des centaines de millions $ pour garantir l’accessibilité à l’université malgré une facture plus élevée. Comment ? J’ai ma petite idée là-dessus. J’en parlerai dans ma prochaine chronique dans LES AFFAIRES, le 4 mars. Vous pouvez déjà y aller de vos suggestions.


 


 


 

6 commentaires

stha2000 le 25-02-2010

Ca va faire des étudiants plus sérieux s'il doivent payer un peu de leurs poches. Dans mon temps, quand j'étais étudiant, je n'avait pas de voiture, pas d'ordinateur, pas de cellulaire, pas de lecteur mp3, j'avais pas un appartement avec mes meubles, le câble, le téléphone (en plus du cell) et surtout, je dépensais pas mon prêt étudiant dans les party hebdomadaire des étudiants (ben oui, c'est rendu systématique à chaque semaine). Je me levais, partait de chez mes parents (par la suite j'ai eu une chambre en pension), fesait mon lunch, prenais le bus, et j'étudiais. On avait un party par mois pis on co-voiturait pour s'y rendre. Épargnez et vous serez en mesures d'assumer les frais qu'on assumait nous aussi dans le temps. 20$ dans le temps, c'est 200$ aujourd'hui donc, c'était encore plus cher pour nous.

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