Ce n'est pas demain la veille qu'on pourra abandonner les voitures

Publié le 06/06/2014 à 15:53

Ce n'est pas demain la veille qu'on pourra abandonner les voitures

Publié le 06/06/2014 à 15:53

Cherchez l’erreur.


Lors de la dernière campagne, les représentants de Québec Solidaire ont mis de l’avant un plan pour « sortir le Québec du pétrole » d’ici 30 ans, en renforçant notamment l’offre de transport en commun. Le projet est pour le moins ambitieux, surtout quand on connaît la pauvreté relative de l’offre en région, mais passons.


Or, après la réduction de services annoncée par Via Rail il y a quelques mois, avec la fermeture de la plupart de ses gares au Québec, c’est au tour d’Orléans Express, filiale de la multinationale française Keolis, d’envisager la suppression de certains parcours. Elle dit ne plus pouvoir continuer à accumuler les déficits sur les trajets non rentables.


L’hypothèse est accueillie froidement dans les municipalités qui seraient touchées. Certaines sont loin des grands centres, comme Percé et La Tuque, mais d’autres sont situées dans le sud du Québec, comme Thetford-Mines et Victoriaville. Elles risquent quand même d’être mises de côté. Les gens grondent déjà. Mais l’encre rouge entache effectivement le bilan d’Orléans.


Pour 2013, le déficit a atteint 3,5 millions de dollars, selon Marc-André Varin, vice-président développement des affaires, marketing et communication, Keolis Canada. En passant, Keolis (France) appartient à la Caisse de dépôt et à la SNCF.


Il y a toujours eu des routes moins rentables dans le réseau d’Orléans Express. Mais on pouvait vivre avec du fait de l’interfinancement : les trajets plus payants, notamment la liaison Montréal-Québec, l’étaient suffisamment pour compenser pour les autres.


Au fil du temps, cette rentabilité s’est érodée. La concurrence, elle, est devenue plus rude. Via Rail a amélioré son service et offre des promotions à prix avantageux, « aidée en cela par 300 millions de dollars en subventions d’Ottawa », dit Marc-André Varin. De plus, le phénomène du covoiturage a pris de l’ampleur. On évalue maintenant à 188 000 le nombre de personnes qui voyagent ainsi chaque année. « C’est l’équivalent de huit autobus pleins par jour », ajoute-t-il.


Orléans Express a déposé en mai devant la Commission des transports une requête pour éliminer les routes les plus déficitaires et réduire ailleurs le nombre de départs. À trop perdre d’argent, dit-on, on fragilise l’ensemble du service. Mais ce serait désastreux pour les communautés concernées. Le transport en commun, pour elles, c’est l’autobus interurbain.


« Orléans Express n’est pas seule dans cette situation, affirme Marc-André Varin. Intercar éprouve aussi des problèmes au Lac Saint-Jean et sur la Côte-Nord. C’est pareil pour Autobus Maheux en Abitibi. Le malaise est généralisé. »


D’accord, mais cette démarche devant la Commission des transports porte comme une odeur d’ultimatum. Et ce n’est pas réjouissant. Pourrait-on faire autrement ?

À propos de ce blogue

Observateur et commentateur privilégié de l’économie québécoise depuis plus de 20 ans, René Vézina fait le point sur un monde en évolution constante. Il jette un regard critique sur les événements et les vulgarise pour faire ressortir les enjeux cachés.

René Vézina

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