Cartes de crédit : les banques rouspètent, Ottawa recule

Publié le 01/10/2009 à 13:20

Cartes de crédit : les banques rouspètent, Ottawa recule

Publié le 01/10/2009 à 13:20

Les indications routières sont coûteuses, et comme les gouvernements sont à court d'argent, ils devraient limiter le nombre de panneaux qui nous renseignent en chemin.


Absurde ? C'est pourtant la logique que sert l'industrie bancaire canadienne qui proteste contre les nouveaux règlements qu'Ottawa veut -ou voulait- imposer pour mieux protéger les consommateurs. Essentiellement, il y en avait de deux ordres :


- on obligeait les émetteurs de cartes à accorder une période de grâce de 21 jours, au minimum, entre la date d'émission du relevé et la date de paiement.


- et on exigeait plus de clarté quant aux frais d'intérêt et aux changements apportés à cet égard.


Des limites sur les taux d'intérêt ? Il n'en a jamais été question. On se limitait, bien timidement, aux deux éléments cités plus haut. Ça n'a pas empêché les institutions financières de déchirer leur chemise, de se lamenter sur le fait que ces mesures coûteraient des centaines de millions $ (!) et que les consommateurs finiraient par en payer le prix.


Résultat ? L'entrée en fonction de la mesure sur la période de grâce est retardée d'un an (septembre 2010). Le reste demeure, mais comme réforme, ça ne passera pas à l'histoire. Encore une fois, aux États-Unis, les législateurs sont allés un peu plus loin, en limitant, par exemple, l'imposition de frais jugés excessifs. Sauf que ça ressemble là aussi à une tape sur les doigts.


Pendant ce temps, les commerçants avec qui vous faites affaire avec vos cartes viennent de se faire facturer des frais plus élevés et doivent avaler la pilule, ou refiler la hausse à leurs clients.


Les banques ? On les aime en santé, la crise a montré l'importance d'un secteur financier robuste, mais elles recommencent déjà à empiler des profits records. Et on les étranglerait en leur demandant de placer une feuillet d'information avec des notes claires et compréhensibles dans les enveloppes ? Vraiment...

À propos de ce blogue

Observateur et commentateur privilégié de l’économie québécoise depuis plus de 20 ans, René Vézina fait le point sur un monde en évolution constante. Il jette un regard critique sur les événements et les vulgarise pour faire ressortir les enjeux cachés.

René Vézina

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