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Camper sur le Square Victoria, à défaut de mieux

René Vézina . 18-10-2011 (modifié le 18-10-2011 à 13:47)

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[Photo : Benjamin Nantel]

Blogue.


Je présume qu’un des plus gros casse-tête des « indignés » de Montréal a dû être l’identification d’un lieu représentatif des dérives du système financier, ces dérives qui sont à la source de l’indignation globale un peu partout sur la planète.


Mais où manifester ?


Faute de mieux, il a bien fallu se rabattre sur le Square Victoria, à côté de la Tour de la Bourse – qui n’occupe, dans les faits, que deux ou trois étages sur les 40 que compte la tour en question.


Que voulez-vous, la puissance financière de Montréal est chose du passé. Aujourd’hui, la Bourse de Montréal peut se targuer d’être active dans les produits dérivés, dont certains peuvent ne pas plaire à tout le monde, mais les plus pernicieux, comme les « fameux swaps de défaillance de crédit », ne font même pas partie de son arsenal. Et les transactions sur les actions ont été transférées à Toronto dans les années 1990.


Ailleurs ? Manifester devant le vrai géant de la finance québécoise, le Mouvement Desjardins ? Installer des tentes devant le Complexe, sur le boulevard René Lévesque, pour dénoncer les excès de ces rapaces du capitalisme débridé ? Mettons que ça ne serait pas raccord…


Et la Caisse de dépôt ? Qui s’est engoncée dans la papier commercial ? Encore faudrait-il savoir de quoi il s’agit, et associer ses errances aux magouilles de Wall Street, ce qui ne marcherait pas non plus. Maladresse, insouciance, voire incompétence, oui; malhonnêteté, non.


Reste le Fonds de solidarité, l’Industrielle-Alliance, la Banque Nationale et autres… mais ça ne permet pas de monter une grosse preuve, comme disent les avocats. Rien de comparable aux turpitudes que l’on reproche aux Goldman Sachs de la planète.


Par conséquent, il a bien fallu faire avec et s’installer à proximité de la rue Saint-Jacques, dans ce qui fut le haut-lieu de la finance canadienne, il y a bien longtemps, quand les banquiers montréalais étaient les rois.


Il y a comme un parfum de nostalgie dans ces dénonciations à la montréalaise. Un retour dans le temps, qui nous permet en même temps de mesurer le déclin de la ville qui ne possède plus que quelques pions sur l’échiquier financier mondial. Tant mieux ou tant pis ? C’est selon. Mais on peut ainsi comprendre que nos « indignés » aient plus de problèmes avec leur focus que leur collègues américains ou européens.


 


Lire Notre dossier sur les indignés

6 commentaires

ww le 21-10-2011

@ YBertrand, vous avez 100% raison, GWO et IGM étaient à Winipeg avant l'achat des participations majoritaires par Power. Les deux filiales sont tellement importantes quantitativement dans les bénifices que les activités sur le territoire Québecois sont devenues secondaires. La presse et les édifices participent assez modestement aux profits. Je ne prétend pas que Power devrait déménager son siège social, je crois seulement que sa présence à Montréal représente une belle opportunité pour la ville. L'implication des dirigeants dans des organismes de Montréal (André Desmarais pour l'institut de Cardiologie)et l'apport financier à des oeuvres culturels (opéra de Montréal)permettre à Montréal de continuer à rayonner. Le modèle d'affaire de l'entreprise ( participer à long terme dans le capital et le développement d'entreprise) est loin des délires spéculatives de New-York. Au total, je souhaite (possiblement comme vous) la persistance du siège Power à Montréal et je ne trouve aucun sens à associer l'entreprise à l'occupation du Square Victoria. PS Claude Picher (La presse) vient de prendre une juste retraite après une carrière à instruire les Québecois sur l'économie et les affaires. Malheureusement à écouter les commentaires...je crois qu'il reste du chemin à faire. Les gens de Calgary aiment bien leur sièges sociaux. Bonne journée et mes respects.

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