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Ça allait toujours pour l'emploi, mais maintenant...

René Vézina . 07-11-2011 (modifié le 07-11-2011 à 10:57)

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En principe, nous pouvons souffler quand nous comparons notre situation à celle de l’Europe, mais si ça continue, nous allons finir pas avoir le souffle court.


La claque que le Canada vient de recevoir avec le bilan de l’emploi pour octobre, présenté vendredi dernier était désagréable, et elle fait encore plus mal quand on questionne encore davantage les chiffres.


Globalement, le pays a perdu 54 000 emplois en octobre, nous apprend Statistique Canada, mais en fait, il a laissé filer plus de 70 000 emplois à temps plein. Un gain du côté du travail à temps partiel atténue la chute.


Mais c’est le recul constant du secteur de la transformation qui continue d’inquiéter. En tout, les travailleurs manufacturiers (1,7 M) ne représentent plus que 9,8 % de l’effectif global de las force de travail au pays. C’est la première fois dans notre histoire que ce taux passe sous la barre des 10 %. Et en pourcentage, l’emploi manufacturier vient maintenant en troisième place, derrière le commerce/restauration, puis le domaine des soins de santé, en expansion continue.


Théoriquement, le pays continue à empiler des emplois additionnels : plus de 230 000 sur un an. Mais ce n’est pas le Québec qui contribue le plus fort, alors que les gains n’atteignent même pas 20 000, ici.


Au niveau de la quantité, donc, ça se défend. Mais la qualité, elle, souffre. Un emplois chez Tim Horton’s ou chez Wal Mart est a bien moins d’impact que ceux qu’offre, ou offraient, les Ford et AbitibiBowater de ce monde. Les gens travaillent aussi fort, mais ils sont évidemment bien moins payés.


Où sont allés ces emplois lucratifs ? Ailleurs, et pas  seulement en Chine. Et ce déplacement va au-delà de la seule recherche de main d’œuvre à bon marché. La Canada a pu longtemps pu retarder ce que vivent d’autres pays industrialisés du fait de la faiblesse de sa monnaie. Exporter à partir d’ici demeurait avantageux. Mais la remontée progressive de notre dollar a ruiné cette stratégie du genre « Tant qu’on est cheap, ça marche. » Notre dollar se maintient au-dessus de 90 cents US depuis une dizaine d’années et il demeure au pair, ou quasiment, depuis 2009. L’aubaine est terminée.


Il faudra travailler fort pour freiner cette hémorragie d’emplois en usine, et je ne vois pas comment nous pourrions y parvenir, à moins de prodigieux gains de productivité – un terme qui n’est pas populaire, en tout cas au Québec.


Va pour l’économie du savoir et à bas les cheminées. C’est un beau slogan. Les cheminées sont déjà en train de disparaître. Mais il faudrait au moins progresser ailleurs…


 

22 commentaires

pbrasseur le 14-11-2011

Les paradis dorés des fonctionnaires: http://fr.canoe.ca/infos/quebeccanada/archives/2011/11/20111114-051100.html

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