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Le pire, c’est que la grande majorité des syndiqués, au Québec, doivent être sincèrement désolés de voir le mot « syndicat » être encore associé à l’image des « gros bras ». Même à la FTQ, qui a contribué à adoucir les relations de travail au Québec avec le déploiement du Fonds de solidarité, on doit être furieux.
Ce doit être une première : les manœuvres d’intimidation qui ont eu cours sur les chantiers la semaine dernière ont été unanimement décriées – à l’extérieur des milieux syndicaux en cause. Prétendument, ces manifestations ont surgi de façon spontanée en réaction au projet de loi gouvernemental de remettre à la Commission de la construction du Québec les responsabilités en matière de placement des travailleurs sur les chantiers.
L’idée, ici, n’est pas de discuter des tenants et aboutissants du projet de loi, mais bien de réfléchir aux réactions préhistoriques d’un camp, et à la désapprobation généralisée du reste de la population.
Le Québec demeure la province avec le plus fort taux de syndicalisation au Canada, avec près de 40 % de tous les salariés faisant partie d’un syndicat ou d’un autre. Sommes-nous plus militants ici qu’ailleurs ? En partie. Mais l’essentiel de ce fort pourcentage vient du secteur public, proportionnellement plus imposant ici que dans la plupart des autres provinces.
Tous ces milliers de fonctionnaires, de professionnels, d’enseignants, d’infirmières, de monteurs de lignes d’Hydro-Québec sont syndiqués. C’est un héritage de la Révolution tranquille. Sommes-nous pour autant désavantagés à la face de la planète ? Non. Le pouvoir peut avoir tendance à devenir arbitraire. Établir un rapport de forces devient salutaire, si on comprend l’intérêt d’en arriver à une forme d’équilibre. Les dernières négos ont montré que les dirigeants syndicaux ont compris qu’il valait mieux viser les compromis – même si en public, les Réjean Parent de ce monde font les matamores. En privé, on discute. Et c’est tant mieux.
Dans le milieu de la construction, on est malheureusement resté figé dans une dynamique des années 70, genre « À soir on fait peur au monde ». Mais ça ne prend plus. On l’a vu la semaine dernière. Le pauvre Michel Arsenault, président de la FTQ, a dû faire de son mieux, devant tous les micros, pour essayer de dédouaner ceux de ses membres qui se comportés en voyous. Mais il faut savoir que la FTQ est une fédération, et que les organisations membres ont beaucoup plus de latitude, par exemple, qu’une centrale comme la CSN. Dans les faits, l’état-major doit rager en voyant les imbécilités qu’ont commis les gens de l’International et de la FTQ Construction.
Reste que c’est tout le mouvement syndical qui, par association, encaisse cet œil au beurre noir. À l’heure où bien des jeunes, dans bien des secteurs en effervescence –pensez au jeu vidéo – vivent une relation éphémère avec leur milieu de travail et n’ont rien à cirer de notions syndicales conventionnelles comme l’ancienneté, par exemple, les débordements des gros bras de la construction n’aident sûrement pas au recrutement de ceux et celles qui seront appelés à réinventer les syndicalisme de demain.










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