Quel sort attend la Grèce?

Publié le 03/07/2015 à 13:09

Quel sort attend la Grèce?

Publié le 03/07/2015 à 13:09

(Photo: Bloomberg)

On ne peut faire autrement que d’admettre que le gouvernement grec a le sens de la tragédie. Après des mois de négociations, alors que tout semblait pointer vers une résolution de dernière minute, le premier ministre grec a annoncé à la surprise générale un référendum populaire devant porter sur l’acceptation ou non des conditions que souhaitent imposer à la Grèce ses prêteurs. Une entente à l’arrachée semble encore être favorisée par la majorité des experts, mais une série de développements pourraient venir changer la donne.


• Nouvelles élections: la dissidence au sein du parti au pouvoir, tout comme les résultats du référendum annoncé, pourraient venir démanteler la fragile coalition que le parti Syriza a réussi à maintenir depuis quelques mois (162 sièges sur 300). À l’heure actuelle les sondages prédisent une courte victoire du camp du oui (acceptation des propositions des prêteurs) avec 47% à 57% de la faveur populaire.


• Devise parallèle et émission d’IOU (I Owe You): bien qu’il ne soit pas permis pour un pays d’opérer une devise alternative dans la zone euro, il n’est pas impossible que l’état grec commence à émettre des IOU (je vous dois, en anglais) à ses créditeurs locaux pour couvrir certaines de ses dépenses. On se rappellera que la Californie avait temporairement eu recours à ce type de mesure en 2009.


• Retrait du FMI du groupe de prêteurs: le FMI pourrait être réticent à augmenter son exposition à la Grèce s’il n’y voit pas de solution durable. Le parti Syriza aussi voulait se débarrasser du FMI initialement tout en réitérant son intention de rembourser la dette qui lui est due. L’Eurogroupe aimerait pouvoir compter sur le FMI pour jouer les gros bras et agir comme partenaire objectif dans les négociations.


• Support de la Russie ou de la Chine: bien qu’il ne se soit pas clairement manifesté jusqu’à présent, un support de la Russie ou de la Chine est possible et pourrait modifier de façon importante l’échiquier de la région en apportant son propre lot d’instabilité politique et économique.


Le consensus quant à la probabilité de voir la Grèce sortir de la zone euro tourne autour de 50% à l'heure actuelle. En d'autres mots, c'est un peu comme jouer à pile ou face. Dans un tel contexte, il n'est pas surprenant que nous assistions à un marché jouant à la girouette au gré du vent. Pour les investisseurs, la meilleure chose à faire dans ce type d'environnement est généralement de rester confortablement assis sur ses mains sans tenter de déjouer le marché. Si les reculs sont importants, des opportunités d'investissement attrayantes pourraient surgir en temps et lieu. Entretemps, gageons que le référendum annoncé pour le 5 juillet ne sera pas le dernier rebondissement de cette tragédie grecque.

À propos de ce blogue

Au fil des ans, Pierre a conseillé un large éventail d'investisseurs privés et institutionnels, y compris des familles fortunées, des fondations et des fonds de pension sur la saine gestion de leurs actifs. Au-delà de sa connaissance approfondie des marchés financiers, des stratégies d'investissement et de la construction de portefeuille, il a développé une expertise plus particulière en matière de conseil aux investisseurs sur l'utilisation de stratégies de placement non traditionnelles et d'investissements internationaux. Le mandat de ce blogue est donc d'aiguiller les lecteurs dans l'exploration de pistes paraissant inhospitalières à première vue, mais pouvant mener à des expériences très gratifiantes lorsqu'on sait s'y orienter. Pierre est titulaire d'un MBA, porte les titres de Chartered Financial Analyst (CFA) et Chartered Alternative Investment Analyst (CAIA), et est également Fellow de l'Institut canadien des valeurs mobilières et de l'Institut des banquiers canadiens. Il travaille pour UBS (Canada) à titre de gestionnaire privé senior.

Pierre Czyzowicz

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