Même les investisseurs à long terme suivent les marchés de près

Publié le 02/06/2018 à 10:33

Même les investisseurs à long terme suivent les marchés de près

Publié le 02/06/2018 à 10:33

Photo:123rf

Chez COTE 100, nous sommes des investisseurs à long terme. Je dirais même à très long terme. J’estime qu’en moyenne nous conservons nos titres cinq à dix ans en portefeuille. Dans un univers où de nombreux investisseurs achètent un titre le matin et le revendent en après-midi, une telle façon de faire détone.


Cela ne veut pas dire pour autant que notre équipe ne suit pas les marchés boursiers de près, au jour le jour. J’estime que le rôle d’un investisseur à long terme est divisé en deux. D’une part, il doit être patient et penser sans cesse à long terme en réalisant peu de transactions et en conservant ses sociétés longtemps. D’autre part, il doit aussi être constamment à l’affût des occasions et être prêt à profiter assez rapidement de corrections de titres susceptibles de l’intéresser.


Garder un titre plus de cinq ans en moyenne implique que nous échangeons l’équivalent d’un maximum de 20% de nos portefeuilles par année. Comme nous détenons environ 25 titres dans nos portefeuilles, cela veut aussi dire que nous achetons et vendons un maximum de cinq titres dans une année typique. De fait, nous avons connu quelques années récemment où nous avons acheté seulement deux nouveaux titres dans nos portefeuilles. Les investisseurs seraient en droit de se demander ce que nous pouvons bien faire de notre temps!


Même si nous négocions peu, nos journées sont bien remplies. Nous détenons dans nos divers portefeuilles un total de près de 40 titres différents. Quand on sait que chacune de ces sociétés publie ses résultats financiers sur une base trimestrielle, cela se traduit par 160 résultats trimestriels à analyser par année. De plus, comme la majorité des sociétés ont des exercices financiers qui se terminent en décembre, la majorité d’entre elles publient leurs résultats au cours de périodes de deux ou trois semaines par trimestre. Par exemple, nous avons récemment vécu la période intensive des résultats du premier trimestre terminé le 31 mars 2018. En l’espace d’environ trois semaines, la grande majorité de nos quelque 40 sociétés ont publié leurs résultats trimestriels. En somme, suivre 40 sociétés de près nécessite beaucoup de temps.


Nous attachons une grande importance à l’analyse des résultats de nos sociétés. Nous complétons une fiche fondamentale sur chacune d’elles, ce qui nous permet de bien assimiler les tendances financières pouvant se lire dans les plus récents résultats: croissance des revenus, évolution des marges, rachats d’actions, génération de flux de trésorerie libres, évolution du bilan, etc. De plus, la plupart des sociétés tiennent une conférence téléphonique à l’intention des analystes et des investisseurs. Il s’agit d’une information à laquelle tous les investisseurs ont droit et nous ne manquons pas d’écouter ou de lire le compte-rendu de ces appels, car ils nous donnent une meilleure idée des résultats récents, des perspectives et du point de vue de la direction sur les principaux enjeux auxquels une entreprise fait face.


J’ajouterais qu’il est important d’analyser rapidement les résultats d’une entreprise, car les marchés boursiers ont tendance à réagir promptement à leur publication (à la hausse comme à la baisse). Il suffit souvent que l’entreprise réalise un bénéfice par action d’un ou deux sous plus élevé que les prévisions pour qu’un titre s’emballe ou, au contraire, que ses bénéfices soient légèrement inférieurs aux attentes pour qu’il subisse une correction. Au moment d’écrire ces lignes, une de nos sociétés en portefeuille vient de publier ses résultats et son titre a baissé fortement. Après analyse de ceux-ci, j’en suis venu à la conclusion que cela représentait une belle occasion d’accroître notre investissement. Qui sait si cette occasion sera toujours présente dans quelques jours.


De plus, même si nous achetons peu, nous sommes sans cesse en quête de sociétés qui seraient potentiellement plus attrayantes qu’une de celles que nous détenons déjà en portefeuille. Au-delà de nos 40 titres en portefeuille, notre travail consiste à dénicher des titres de sociétés de qualité, de les analyser et de les évaluer. C’est ainsi que nous suivons donc de façon passive un bon nombre de sociétés qui nous intéressent, qui répondent à plusieurs de nos critères d'investissement. La plupart du temps, ces titres sont relativement bien évalués – les marchés boursiers sont généralement très efficaces. Toutefois, de temps à autre, le marché nous offrira une occasion d’investir à un prix attrayant. Cette vigie exige donc de demeurer à l'affût!


Enfin, nous suivons les marchés au jour le jour, car il y a toujours des titres qui corrigent en Bourse, même lorsque les marchés sont en hausse. Chaque jour, des dizaines de titres perdent 5%, 10% ou même plus. La plupart du temps, c’est mérité, mais à l’occasion, après analyse, on peut en venir à la conclusion que c’est une occasion qui mérite d’être approfondie. Encore une fois, il faut être constamment à l’affût de telles occasions. La hausse récente du niveau de volatilité du marché depuis quelques mois augmente le nombre de telles occasions.


En somme, même si nous investissons pour le long terme et faisons peu de transactions, nous gardons sans cesse un œil intéressé sur ce qui se passe sur les marchés boursiers. Le travail d’un investisseur reste un mélange d’inactivité et de vigie attentive sur l’évolution des marchés boursiers.


 

À propos de ce blogue

Philippe Le Blanc est gestionnaire de portefeuille chez COTE 100 et éditeur de la Lettre financière COTE 100.

Philippe Leblanc
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