Rebondir d'une erreur: un exemple frappant qui nous vient du tennis

Publié le 09/09/2017 à 10:45

Rebondir d'une erreur: un exemple frappant qui nous vient du tennis

Publié le 09/09/2017 à 10:45

Le 5 février 2017 est probablement une des journées les plus noires dans l’histoire du tennis canadien. Un jeune tennisman des plus prometteur, alors âgé de seulement 17 ans, disputait le cinquième et décisif match d’une rencontre du groupe mondial de la Coupe Davis entre le Canada et la Grande-Bretagne. Une expérience hors du commun pour un jeune joueur junior qui allait commettre l’impardonnable. Perdant 2-0 dans les manches et ressentant toute la pression du monde sur ses jeunes épaules, l’émotivité a pris le dessus. Le jeune tennisman a frappé une balle de toutes ses forces dans un geste de frustration totale. Une balle frappée avec force dans le but unique d’atteindre les hauteurs du stade et de libérer par le fait même la pression accumulée depuis le début de cette aventure trop intense pour un junior sans expérience. La trajectoire de la balle a toutefois pris une tout autre direction, frappant plutôt l’arbitre juché sur la chaise de plein fouet dans l’œil gauche.


«Game, Set, and Match»! Le jeune tennisman a été disqualifié et c’en était fait du Canada qui a perdu 3-2 et de son espoir d’une participation en ¼ de finale du groupe mondial. Je n’ai jamais vu un stade plein à craquer devenir aussi silencieux. Une expérience désastreuse, un geste impardonnable et un sentiment d’avoir laissé tomber ses coéquipiers et les spectateurs canadiens venus vivre l’expérience de la plus grande compétition par équipe de tennis au monde: la Coupe Davis. Ce 5 février 2017, Denis Shapovalov venait de se faire un nom pour les mauvaises raisons… jusqu’à preuve du contraire.


Les heures et les jours qui ont suivi l’événement étaient à mon avis cruciaux pour Shapovalov et l’encadrement que lui procurerait son entourage, ses parents, ses coachs et coéquipiers, devenait très important. Cet événement pouvait soit détruire une carrière prometteuse dans l’œuf ou, au contraire, lui servir de tremplin. La façon de gérer cette crise était très importante pour la suite des choses.


Or, je crois que Shapovalov a fait exactement ce qu’il devait faire. D’une part, il ne s’est pas caché et il a d’emblée accepté la responsabilité qui lui incombait, tout en s’excusant auprès de l’arbitre, des spectateurs, de ses coéquipiers et des fans de tennis canadiens. Voici ce qu’il a dit en entrevue à un journaliste du Globe & Mail dans les jours qui ont suivi l’incident: «J’ai fait quelque chose de très stupide et j’en ai très honte… C’était tellement non-professionnel de ma part. C’était un accident tellement improbable. Je promets que ça va me faire grandir et que j’en tirerai des leçons.»


On peut dire que Shapovalov a rebondi de cet épisode… Quelques semaines plus tard, il gagnait deux tournois Challenger, un à Drummondville et un à Gatineau, avant de se rendre en demi-finale de la Coupe Rogers à Montréal, défaisant en chemin Juan Martin Del Potro et Rafael Nadal. Plus récemment, après être passé avec succès par les qualifications du US Open, il a perdu en quatrième ronde de ce tournoi du Grand Chelem. Il devrait atteindre environ le 50e rang mondial au cours des prochains jours.


Cette capacité d’apprendre et de rebondir après une erreur est tout aussi importante dans le monde de l’investissement. Comme Shapovalov, la meilleure façon de réagir lorsqu’on fait une erreur, c’est de l’admettre et d’en tirer des leçons afin de devenir un meilleur investisseur dans le futur.


Nous avons depuis plusieurs années mis en place un processus qui permet de tirer des leçons de nos erreurs et d’éviter de les répéter. En premier lieu, nous documentons nos décisions: il est difficile d’ignorer une erreur lorsqu’une décision passée a été clairement documentée. D’autre part, nous avons mis en place une «checklist» que nous consultons chaque fois que nous prenons une décision d’investissement. Cette liste de questions évolue dans le temps en incorporant les erreurs du passé. Je crois que c’est la meilleure manière de ne pas toujours répéter les mêmes erreurs et surtout de devenir un meilleur investisseur avec les années.


 

À propos de ce blogue

Philippe Le Blanc est gestionnaire de portefeuille chez COTE 100 et éditeur de la Lettre financière COTE 100.

Philippe Leblanc
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