Les rachats d'actions parfois plus payants que les dividendes

Publié le 13/02/2012 à 10:44, mis à jour le 12/04/2012 à 11:26

Les rachats d'actions parfois plus payants que les dividendes

Publié le 13/02/2012 à 10:44, mis à jour le 12/04/2012 à 11:26

BLOGUE. Dans le contexte de taux d’intérêt anémiques que nous connaissons, de nombreux investisseurs sont en quête de titres qui offrent des dividendes intéressants. Certaines sociétés vont à contre-courant en optant plutôt de racheter leurs propres actions, une stratégie qui, dans certains cas, peut s’avérer enrichissante pour leurs actionnaires.


C’est le cas notamment de Groupe CGI, qui n’a jamais versé de dividendes. Je viens de constater parmi les transactions d’initiés de janvier que la société a racheté 961 500 de ses propres actions entre le 6 janvier et 17 janvier dernier, à des prix variant entre 17,99 $ et 18,79 $ par action.


De tels rachats sont plutôt récurrents depuis quelques années pour CGI. En effet, depuis la fin de son exercice 2004, le nombre d’actions en circulation de CGI est passé de 444,5 M à 260,7 M à la fin du plus récent exercice clos le 30 septembre 2011, une réduction de 41,4 % de ses action en sept ans. La société avait notamment racheté en décembre 100 M de ses propres actions des mains de BCE, jusqu’alors un actionnaire important de la société, pour la somme de 859 M$ (à 8,59 $ par action).


La clé du succès des rachats


Ces rachats réguliers d’actions au fil des ans ont évidemment eu un impact majeur sur la croissance des profits par action de CGI. Ainsi, alors que ses profits nets progressaient de 219,7 M$ en 2005 à 420,9 M$ en 2011, un taux de croissance annuel composé de 11,4 %, ses profits par action sont passés de 0,50 $ à 1,55 $, un taux de croissance annuel composé de 20,8 %. Au cours de cette période, le cours du titre de CGI a connu sensiblement la même direction que ses profits par action, passant d’environ 9,00 $ à la fin de 2005 à un cours récent de près de 20,50 $, un rendement annuel composé de près de 14,7 %.


Si ces rachats d’actions ont été fort rentables pour les actionnaires de CGI, je dirais que deux facteurs ont dicté ce succès :


1- Elle n’a jamais payé trop cher pour ses actions et a été opportuniste dans ses rachats. Depuis le début de ses rachats d’actions en 2006, le titre de CGI ne s’est jamais vendu à des ratios d’évaluation très élevés. En effet, en décembre 2005, le titre s’échangeait à 17,0 fois les profits prévus, probablement le ratio le plus élevé payé depuis ce temps par l’entreprise. L’achat de près de 1,0 M d’actions effectué en janvier dernier a été effectué à environ 10,7 fois les profits prévus de 1,70 $ pour l’exercice 2012. De plus, au fil des ans, nous avons noté que la société a souvent profité de baisses ponctuelles du titre pour racheter plus activement ses propres actions.


2- Elle ne s’est pas endettée outre mesure pour effectuer ces rachats. Même après le rachat majeur de 100 M d’actions détenues par BCE, le ratio dette nette-avoir de CGI n’a pas surpassé 0,50. Au fil des ans, l’entreprise a systématiquement utilisé une partie de ses fonds autogénérés libres substantiels pour racheter ses actions.


Même si les actionnaires de CGI n’ont jamais reçu de dividendes de la part de l’entreprise, peu d’entre eux s’en plaindront, car sa stratégie de racheter activement ses propres actions a été très enrichissante au fil des ans. En outre, les actionnaires qui ont conservé leurs actions n’ont pas eu à payer un dollar d’impôt sur leurs gains non-réalisés.


Philippe Le Blanc, CFA, MBA


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De nombreux portefeuilles sous la gestion de COTE 100 possèdent des actions de CGI.


 


En savoir plus : Philippe Le Blanc est gestionnaire de portefeuille chez COTE 100 et éditeur de la Lettre financière COTE 100.

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Philippe Le Blanc est gestionnaire de portefeuille chez COTE 100 et éditeur de la Lettre financière COTE 100.

Philippe Leblanc
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