Le Blanc - Titres à dividendes élevés : des risques insoupçonnés

Publié le 16/12/2012 à 12:59, mis à jour le 17/12/2012 à 12:07

Le Blanc - Titres à dividendes élevés : des risques insoupçonnés

Publié le 16/12/2012 à 12:59, mis à jour le 17/12/2012 à 12:07

BLOGUE. Dans mes deux derniers blogues, j’ai donné plusieurs exemples de sociétés canadiennes qui versent des dividendes à des niveaux selon moi insoutenables à long terme. Cette manie qu’ont bien des entreprises de verser de tels dividendes découle à mon avis à la fois de la forte popularité des fiducies de revenus qui ont pullulé sur le marché au milieu des années 2000 et du fait que les obligations offrent des rendements anémiques. Dans ce dernier blogue sur le sujet, je vous offre un autre exemple d’entreprise qui verse des dividendes que je juge insoutenables, en plus de proposer quelques pistes pour l’investisseur qui désire éviter les écueils.


Groupe Colabor


Groupe Colabor (GCL, Toronto), de Boucherville, est un distributeur en gros de produits alimentaires et connexes. Alors que ses profits par action prévus sont de 0,46 $ en 2012 (décembre) et de 0,64 $ en 2013, son dividende annuel s’élève à 0,72 $ et ce, après qu’il ait été coupé du tiers puisqu’il était de près de 1,08 $ en 2011. À son cours actuel de 7,83 $, le titre offre un rendement en dividende de 9,2 %. Un tel dividende est-il soutenable et, plus important, est-il justifié?


La stratégie de croissance de Colabor semble surtout reposer sur l’acquisition d’autres petits distributeurs dans un marché qui demeure très fragmenté. En 2011, la société a réalisé des acquisitions pour la somme de 79,1 M$; pour les 9 premiers mois de 2012, la somme investie dans des acquisitions se chiffre à 6,1 M$. Ces acquisitions ont été financées principalement par la dette, qui a augmenté de 76,7 M$ en 2011 et de 21,9 M$ au cours des 9 premiers mois de 2012. Ces augmentations de dette découlent du fait que la société verse des dividendes qui représentent une partie très importante de ses flux de trésorerie. En 2011, ces derniers ont atteint 47,3 M$ alors qu’elle a versé de dividendes 24,8 M$. La situation est encore pire en 2012 puisque ses flux de trésorerie s’élèvent à 9,3 M$ depuis le début de l’exercice en regard de dividendes versés 14,5 M$. Conséquemment, depuis le début de 2011, le ratio dette totale-avoir de Colabor est passé de 0,49 à 1,10, ce qui lui laisse de moins en moins de flexibilité financière et pourrait à mon avis mener à une éventuelle coupure du dividende.


Quelques indices de danger

À propos de ce blogue

Philippe Le Blanc est gestionnaire de portefeuille chez COTE 100 et éditeur de la Lettre financière COTE 100.

Philippe Leblanc
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