Le titre CGI atteint des niveaux records. Devrait-on s'inquiéter?

Publié le 17/02/2018 à 06:02

Le titre CGI atteint des niveaux records. Devrait-on s'inquiéter?

Publié le 17/02/2018 à 06:02

Le titre de CGI a touché récemment un niveau record. À son cours de près de 73,50$, la valeur boursière de la société dépasse les 21,0 G$. Au cours des dix dernières années, le cours du titre a été multiplié par 6,7.


Chaque fois qu’un titre fracasse des sommets, les investisseurs se demandent si ce n'est pas le temps de prendre des profits. Devrait-on s’inquiéter? C’est particulièrement vrai pour CGI car plusieurs se rappelleront que son titre avait aussi atteint des niveaux records en 1999, en plein dans la bulle techno, avant de s’écraser dans les années subséquentes.


J’estime que l’occasion est bonne de faire le point sur cette société de chez nous et de comparer le CGI actuel avec celui de la fin des années 1990.


Je me souviens comme si c’était hier de m’être fait apostropher par un investisseur dans le cadre du Salon Épargne-Placement. C’était probablement en 1999, au plus fort de la bulle techno. Il ne pouvait concevoir que nous n’avions pas investi dans le titre de CGI qui allait sans doute possible profiter pleinement de l’effervescence du secteur technologique, sans compter la demande inouïe qui résulterait du bogue de l’an 2000 (quel canular que ce fameux bogue). Regardez le graphique du titre de CGI:



Il valait près de 31$ à la fin de 1999, ce qui lui conférait alors une valeur boursière de plus de 8,3 G$, soit près de 6,0 fois les revenus de 1999 et environ 100 fois les bénéfices par action. Incidemment, de tels ratios d’évaluation étaient plus raisonnables que ceux de nombreuses autres sociétés technologiques de l’époque, dont plusieurs n’avaient pratiquement pas de revenus, sans parler de bénéfices.


Le titre a plus que doublé depuis 1999, soit 18 ans plus tard, ce qui se traduit par un rendement annuel composé plutôt anémique de 4,9% (CGI n’a jamais versé de dividendes).


Je me sers de cette anecdote de CGI parce que c’est un titre que nous détenons dans nos portefeuilles depuis de nombreuses années. De fait, nous l’avons acquis pour la première fois en 2005. On peut dire que l’engouement entourant le titre et tout le secteur de la technologie avait alors eu le temps de refroidir! Lorsque nous avons acquis nos actions en 2005, le titre ne valait plus qu’environ 8$ et sa capitalisation boursière avait fondu aux alentours de 3,5 G$. Les ratios d’évaluation étaient nettement plus attrayants: 1,0 fois les revenus de 2005 et environ 17,0 fois les bénéfices par action.


Aujourd’hui, le titre de CGI s’échange à près de 73,50$, plus de 9,0 fois le prix que nous avons payé la première fois que nous l’avons acheté. Il n’y a là rien de magique: les bénéfices par action de la société sont passés de 0,48$ en 2005 à notre prévision pour l’exercice 2018 (septembre) de 4,05$, 8,4 fois plus qu’au moment de notre investissement initial. Essentiellement, le titre de CGI a suivi la progression de ses profits depuis 2005.


Même si le titre fracasse des records, son évaluation demeure raisonnable. Il s’échange à un peu plus de 18,0 fois les bénéfices par action de 4,05$ que nous prévoyons pour l’exercice en cours (se terminant le 30 septembre 2018). De plus, la société est en excellente santé financière avec un ratio dette nette-profits d’exploitation (BAIIA) de seulement 0,80 au 31 décembre 2017.


L’exemple de CGI illustre très bien deux éléments clés de l’investissement à long terme. D’une part, sur une période de plusieurs années, le cours du titre d’une société suivra l’évolution de ses bénéfices par action. D’autre part, il ne faut pas seulement investir dans des titres d’entreprises qui, comme CGI réussiront à augmenter sensiblement leurs bénéfices à long terme; il faut également s’assurer de les acheter lorsque leurs évaluations sont raisonnables. Dans le cas de CGI, ce n’était définitivement pas le cas à la fin des années 1990.


Relisez l'entrevue récente que nous ont accordée le fondateur Serge Godin et le PDG George Schindler

À propos de ce blogue

Philippe Le Blanc est gestionnaire de portefeuille chez COTE 100 et éditeur de la Lettre financière COTE 100.

Philippe Leblanc
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