Ces titres qui végètent depuis trop longtemps

Publié le 09/10/2017 à 10:50

Ces titres qui végètent depuis trop longtemps

Publié le 09/10/2017 à 10:50

Nous sommes des investisseurs à long terme et lorsque nous achetons le titre d'une société, c'est généralement pour plusieurs années. Nous avons aussi tendance à être très patients lorsqu'une entreprise de nos portefeuilles connaît des difficultés, en espérant qu'elles soient passagères. Nous avons régulièrement vu de telles sociétés rebondir vigoureusement après avoir traversé des périodes plus difficiles.


Mais quand un investisseur à long terme comme nous devrait-il dire « assez, c'est assez »? Quand devrait-on perdre patience et vendre un titre qui déçoit depuis longtemps?


Pour aider dans cette réflexion, j'ai identifié une brochette de titres de sociétés québécoises qui n'ont à peu près rien fait en Bourse depuis 15 ans. C'est long, 15 ans... Si un titre n'a rien fait en Bourse pendant une aussi longue période, ce n'est pas seulement parce qu'il est ignoré par les investisseurs, c'est aussi parce que la performance financière de la société sous-jacente a été médiocre. 


Si vous avez été actionnaires de certaines de ces sociétés au cours des 15 dernières années, vous avez été très (trop?) patients. Je ne veux pas dire que ces titres devraient automatiquement être vendus. Il arrive que des titres ont été longtemps dormants avant de commencer à s'apprécier. Mais il est peut-être temps de les remettre sérieusement en question et de se demander si le capital investi dans ces titres ne serait pas mieux investi ailleurs.


Je me dis parfois que les sociétés sont un peu comme les gens. Règle générale, une personne qui a bien réussi pendant toutes ses études est plus susceptible de continuer d'avoir du succès une fois sur le marché du travail que celle qui a toujours connu de sérieuses difficultés en classe. De la même manière, l'entreprise dont le titre n'a pas connu de succès depuis 15 ans est également moins susceptible de procurer de bons rendements à ses actionnaires dans le futur.


De notre côté, pour nous aider à prendre la décision de vendre (une décision qui est souvent beaucoup plus difficile à prendre que celle d'acheter), nous nous fions à ce que nous appelons notre «scénario initial d'achat». Celui-ci énumère les raisons pourquoi nous avons acheté un titre. Tant que ce scénario tient la route et demeure valide, nous conservons nos actions. Mais lorsque nous réalisons que les motifs initiaux ne sont plus valables, nous vendons.


C'est à mon avis une excellente façon d'éviter d'être complaisant et d'être trop patient avec des sociétés qui ne livrent tout simplement pas la marchandise à leurs actionnaires.


Philippe Le Blanc, CFA, MBA


 

À propos de ce blogue

Philippe Le Blanc est gestionnaire de portefeuille chez COTE 100 et éditeur de la Lettre financière COTE 100.

Philippe Leblanc
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