Bourse: Se concentrer sur ce qu'on peut contrôler

Publié le 11/11/2017 à 08:40, mis à jour le 11/11/2017 à 08:40

Bourse: Se concentrer sur ce qu'on peut contrôler

Publié le 11/11/2017 à 08:40, mis à jour le 11/11/2017 à 08:40

Photo:123rf

BLOGUE INVITÉ. Une des leçons que je tire de mes expériences sur un court de tennis est qu'il ne sert à rien de se préoccuper de ce sur quoi on n’a aucun contrôle. Et il y a plein de choses qu'on ne contrôle pas dans un match de tennis.


On ne contrôle pas son adversaire et la façon qu'il joue. On ne contrôle pas les éléments: la surface de jeu, le vent, le soleil, l'éclairage, la température, etc. On ne contrôle pas, ou si peu, la fatigue pendant un long match. On ne contrôle pas les blessures, si mineures soient-elles, comme des ampoules aux pieds ou aux mains. On ne contrôle pas la balle qui frappe le filet et qui tombe parfois du bon côté, mais souvent du mauvais. On ne contrôle pas un adversaire qui triche ou qui intimide. Ou l'arbitrage.


Or, combien est-ce facile et naturel de blâmer ces éléments pour justifier une piètre performance? Combien de fois ai-je entendu des excuses du genre: je n'aimais pas la surface, ou bien il ventait trop, ou encore mes raquettes étaient mal cordées?


Les meilleurs joueurs de tennis font un effort et réussissent généralement à faire ni plus ni moins abstraction des éléments sur lesquels ils n'ont pas ou peu de contrôle. Ils se concentrent plutôt sur les quelques facteurs clés qui leur permettent de performer à leur meilleur niveau. Leur propre jeu, leurs propres patrons de jeu, leur préparation d'avant-match, tant physique que mentale, leur entraînement, leur attitude sur le court.


J'ajouterais que les meilleurs ne sont pas obnubilés par le résultat d'un match ou par leur classement. Bien sûr, ils désirent intensément gagner, mais ils savent aussi que la meilleure façon d'y arriver est de se concentrer sur ce qu'ils ont à faire sur le court, sur leur propre performance, sur le processus. C'est la meilleure façon d'améliorer ses chances de gagner.


Or, c'est à mon avis de cette manière qu'on devrait aborder tout domaine où l'on veut bien performer. C'est la même chose en Bourse.


Quels sont les éléments sur lesquels un investisseur n'a pas ou peu de contrôle? La Bourse elle-même. On ne peut évidemment pas dicter les mouvements du marché. De fait, personne ne peut même les prédire avec constance. On ne peut pas contrôler ni vraiment prévoir l'économie. On ne peut pas contrôler les événements géopolitiques (ce que M. Trump twittera demain). Ni la progression des taux de change ou d'intérêt. On n'a pas non plus de contrôle sur le rendement d'autres investisseurs. À bien y penser, qu'est-ce que ça peut bien faire qu'un autre investisseur ait obtenu un meilleur rendement que soi depuis le début de l'année?


Qu'est-ce qu'on peut donc contrôler? Comme au tennis, son propre jeu, sa préparation, son apprentissage et son attitude. Concrètement, ça veut dire que l'on peut contrôler ses décisions d'investissement, ce dans quoi l'on investit et, encore plus important, ce dans quoi on choisit de ne pas investir (ce dernier point me fait penser à la folie qui entoure le Bitcoin – rien ne nous force d’y mettre un sou!). On peut choisir ses titres et du moment de les acheter. On peut aussi décider de la constitution de son portefeuille, de sa diversification, de son niveau de risque. De fait, on peut bâtir son portefeuille en fonction des risques que l’on perçoit.


On peut aussi contrôler son comportement. Rien ne nous force à prendre des décisions sur le coup de l'émotion, de vendre lorsque tout semble mal aller. Ou de sauter dans le train après que les rendements aient été fantastiques.


On peut aussi contrôler ce que l'on retire des inévitables erreurs que nous commettons en investissant. Nous avons la capacité et de ne pas sans cesse répéter les mêmes erreurs.


Nous avons aussi le contrôle sur notre évaluation des titres que nous détenons. Bien qu'évaluer une entreprise ne soit pas une science exacte, on peut néanmoins se faire sa propre idée de la valeur de celle-ci afin de profiter des écarts parfois importants entre notre évaluation et le prix d'un titre en Bourse.


Comme pour le joueur de tennis, tout le reste est hors de notre contrôle et ne peut que nous éloigner de ce qui dictera notre performance à long terme.


Philippe Le Blanc, CFA, MBA


À propos de ce blogue: Philippe Le Blanc est président et chef des placements chez COTE 100, une boutique de gestion de portefeuille. Il est également éditeur de la Lettre financière par COTE 100, publiée mensuellement depuis 1988.


 

À propos de ce blogue

Philippe Le Blanc est gestionnaire de portefeuille chez COTE 100 et éditeur de la Lettre financière COTE 100.

Philippe Leblanc
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