10 faits saillants de 2017 pour l'investisseur

Publié le 05/01/2018 à 16:03, mis à jour le 05/01/2018 à 16:02

10 faits saillants de 2017 pour l'investisseur

Publié le 05/01/2018 à 16:03, mis à jour le 05/01/2018 à 16:02

Photo: 123rf.com

BLOGUE INVITÉ. Une autre année terminée. On dit que les années passent de plus en plus vite en vieillissant. C’est peut-être parce que chaque nouvelle année représente de moins en moins par rapport aux années qu’on a vécues. Dans mon cas, l’année 2017 a représenté 2,2% de mes années cumulées alors que 2018 représentera 2,1%...


Cela dit, même si 2017 a été une année faste et relativement peu volatile en Bourse, il s’est tout de même passé des choses intéressantes et significatives pour les investisseurs. Voici quelques-uns des événements qui ont marqué l'année, à tout le moins du point de vue de l’investisseur:


1- La réapparition d’une spéculation débridée dans certains segments du marché. J’ai écrit il y a quelques semaines sur bitcoin. J’avoue que je ne comprends pas non plus les évaluations de la plupart des titres liés à la marijuana. Je trouvais le titre de Canopy Growth beaucoup trop cher lorsqu’il s’échangeait à 12$ il y a quelques semaines... À près de 32$ et une valorisation boursière de plus de 6 G$... Il faudrait que quelqu’un m’explique. Toujours est-il qu’on a perçu en 2017 les premiers véritables élans de spéculation débridée depuis longtemps. Probablement depuis la bulle techno de la fin des années 1990 et la bulle immobilière américaine de 2005-2006.


2- Les taux d’intérêt sont à la hausse. La Réserve fédérale américaine a non seulement relevé son taux directeur à trois reprises en 2017, elle a aussi arrêté de racheter des obligations à long terme sur le marché. Il faut s’attendre à d’autres hausses de taux en 2018. Cela dit, les taux d’intérêt sur les obligations 10 ans du gouvernement américain demeurent historiquement bas – il n’y a pas le feu en la demeure. Il reste qu’ils sont passés d’un creux récent de 2,10% en septembre à plus de 2,40% en fin d’année. Au Canada, le taux directeur a été augmenté à deux reprises en 2017.


3- Pas de correction en 2017. De fait, la dernière correction (définie comme une baisse de 10% ou plus par rapport à un sommet récent) date de février 2016, soit pas loin de deux ans. Avant cette correction, la précédente remontait à l’été 2011. Quand on sait qu’il y a eu historiquement une correction par année en moyenne, on se rend compte que nous vivons une période inusitée en Bourse depuis quelques années.


4- Le marché américain domine le marché canadien. Le S&P 500 Total (incluant les dividendes) s’est apprécié de 20,5% en 2017 (en $ US; sans un seul mois de baisse) alors que le S&P/TSX Total (dividendes inclus) a connu une hausse de 9,1%. Cette dernière est une performance tout à fait correcte, mais elle est tout de même loin de celle du marché américain.


5- Les titres techno ont la cote. Le point précédent s’explique à mon avis par le fait que le marché américain recèle beaucoup plus de titres technologiques que le marché canadien. À la fin de 2017, le secteur Technologies de l’information représentait seulement 3,2% de l’indice canadien alors qu’il pesait pour 23,8% du S&P 500. Or, ce secteur du S&P 500 a obtenu un rendement de 36,9% en 2017 (16,2% au Canada). De fait, quelques très grosses sociétés technologiques ont fortement contribué aux rendements du marché américain en 2017: les Facebook, Amazon, Alphabet, Apple et Microsoft ont apparemment contribué à eux-seuls près du quart du rendement du S&P 500 l’an dernier. (Sachez qu’Amazon n’est pas considérée comme une société technologique car son titre fait partie du secteur Consommation discrétionnaire).


6- La réforme fiscale du gouvernement américain est entérinée en fin d’année. Le taux d’imposition corporatif sur les profits réalisés aux États-Unis passe ainsi de 35% à 21% dès le 1er janvier 2018. C’est un cadeau inespéré pour les nombreuses entreprises canadiennes et américaines qui réalisent une part importante de leurs activités aux États-Unis.


7- Le cours du pétrole termine l’année à un sommet de plus de deux ans. Sans trop faire de vagues, le cours du brut (WTI) a terminé 2017 à 60,42$ US le baril. C’est une hausse de 12,5% en 2017. Il est aujourd’hui à son plus haut niveau depuis juin 2015. Et pourtant, la plupart des titres liés au pétrole n’ont rien fait en 2017: le secteur Énergie du S&P/TSX accuse une baisse de 10% en 2017.


8- Amazon achète Whole Foods. L’acquisition en août 2017 de Whole Foods par Amazon pour la somme de 13,7 G$ US a chamboulé le secteur des épiceries et des commerces de détail en général.


9- Le dollar américain a perdu 6,7% de sa valeur face au dollar canadien en 2017. On a souvent dit que le dollar canadien suivait la tendance du cours du pétrole. Il semble que cela se soit avéré en 2017. Une chose est certaine, la baisse du dollar américain face au dollar canadien a réduit les rendements des portefeuilles de titres américains de nombreux investisseurs canadiens.


10- Les États-Unis se retirent de l’accord de Paris sur le climat.


Quant à une prédiction pour 2018, je ne m’avancerai pas. Je soulignerais toutefois l’importance de demeurer prudent et de penser à long terme.


Bonne Année 2018!


Philippe Le Blanc, CFA, MBA


À propos de ce blogue : Philippe Le Blanc est président et chef des placements chez COTE 100, une boutique de gestion de portefeuille. Il est également éditeur de la Lettre financière par COTE 100, publiée mensuellement depuis 1988.


 

À propos de ce blogue

Philippe Le Blanc est gestionnaire de portefeuille chez COTE 100 et éditeur de la Lettre financière COTE 100.

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