IPC - Yen a pas d’inflation ! Le risque demeure la Déflation

Publié le 13/05/2011 à 10:22, mis à jour le 13/05/2011 à 10:25

IPC - Yen a pas d’inflation ! Le risque demeure la Déflation

Publié le 13/05/2011 à 10:22, mis à jour le 13/05/2011 à 10:25

Par Paul Dontigny Jr

Blogue.


L’indice des prix  à la consommation (IPC) américain montre une hausse de 0,5% pour avril et l’IPC excluant pétrole et nourriture (« Core IPC ») hausse de 0,2% (mois sur mois).  Sur un an, l’IPC était en hausse de 3,2% et le Core IPC en hausse de 1,3%. Le marché obligataire US ce matin réagit d'une manière qui démontre qu'il n'y a pas de problème d'inflation et que ces données de prix sont même faibles (le prix des obligations monte = le taux d'intérêt baisse).


Wow, +1,3%.  Et cela avec la plus grande injection de liquidités de l’histoire par la banque centrale des États-Unis, accompagnée dans le jeu d’impression d’argent pas les autres banques centrales incluant le Japon et l’Europe. Imaginez la déflation qu’on aurait eue sans aide et supports artificiels ???


Oui les prix des commodités ont monté, notamment l’essence. Mais il faut réaliser que pour la plupart des moins fortunés qui n’ont pas de voitures, la hausse de prix n’est pas proportionnelle.  Pour la nourriture, il y a beaucoup de substitution et les hausses de prix ne sont pas nécessairement dans des prix des commodités de base non substituables.


Les items de luxe semblent avoir plus de soutien de prix que le reste des biens.


Notez, encore une fois, que les prix des services dans leur ensemble composent 70% de l’économie alors l’impact des hausses de matières premières n’a pas le même effet sur l’économie qu’en 1982 ou en 1972. De plus, le prix des maisons a atteint un nouveau bas au cours des mois récents et près de la moitié des maisons achetées le sont par des investisseurs qui vont louer ces maisons. Il est fort possible que le coût réel des loyers soit en baisse si on considère que plusieurs loueront des maisons achetées aux bas des prix, au lieu de maintenir des paiements hypothécaires reliés aux prix d’avant 2008.


Ensuite, il est crucial de tenir compte du fait qu’aussitôt que l’aide de la Fed ou du gouvernement cesse, l’économie ralentit et régresse. Ce processus risque fort de se prolonger jusqu’à ce que l’ensemble des dépenses de la population soit à un niveau égal ou inférieur à leur revenu collectif, incluant un budget pour payer les intérêts sur la dette actuelle ET le déficit annuel du gouvernement.


Ce n’est pas demain la veille ! 


Et entretemps, il n’y a pas de croissance cyclique autre que par l’aide des gouvernements et de la Fed. Et déjà les divers niveaux de gouvernements doivent couper des dépenses, ce qui va faire mal à l’économie. Ils donnent d’une poche et reprennent de l’autre. La majorité de l’aide est destinée aux institutions financières et aux grandes corporations multinationales, et la majorité des taxes, coupures et coûts doit être supporté par la population et les PME.


Si vous ne réalisez pas que c’est ça qui se passe en ce moment, je vous invite à lire attentivement les nouvelles, et à lire un tout petit peu entre les lignes. Mais au point où nous en sommes, on peut maintenant lire les faits dans les médias principaux. Il faut juste faire fi des distractions comme Bin Laden etc. Je ne serais pas surpris que les médias focalisent de plus en plus sur le terrorisme. Obama vient de comprendre pourquoi Bush y mettait toute son énergie et ses discours : c’était mieux que de parler de l’économie.


Notez finalement que je lisais hier que ça coule encore pas mal à l’usine nucléaire du Tsunami au Japon. Les dirigeants ont eu plusieurs surprises depuis quelques jours en réalisant que certaines choses se produisaient depuis un bout de temps et ils ne l’avaient pas réalisé. Je suis vague parce que je ne connais pas le domaine et il semble, de toute évidence, que ceux qui connaissaient ça, ne connaissaient pas ça autant qu’ils le croyaient. Les médias généraux semblent avoir oublié et mis de côté ce sujet, tout comme celui de Wikileaks et Assange et du « Grand Jury » qui est en cours pour tenter de les inculper de trahison ou d’espionnage selon une loi de 1917.


Quand le pays va mal, il est nécessaire de trouver un ennemi externe. S’il n’existe pas, il sera créé de toutes pièces et s’il existe, il sera dépeint de taille exagérée comme un géant qui a la mission et le désir immédiat de nous exterminer. Un peu comme Sadam Hussein qui allait détruire les États-Unis avec ses « weapons of mass destruction ».


Du pain, et des jeux … C’est la triste, très … très triste vérité aujourd’hui.


Paul Dontigny Jr, M.Sc., CFA

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