Un truc dingue pour ne recruter que les meilleurs

Publié le 09/01/2017 à 06:09, mis à jour le 16/01/2017 à 09:02

Un truc dingue pour ne recruter que les meilleurs

Publié le 09/01/2017 à 06:09, mis à jour le 16/01/2017 à 09:02

Une astuce d'une redoutable simplicité... Photo: DR

Nous voilà en 2017, et vous vous demandez bien comment votre équipe — pour ne pas dire votre entreprise — va parvenir à atteindre ses objectifs dans les prochains mois. Vous vous le demandez si fort que cela vous stresse. Clairement.


Que faire? Et si vous recrutiez la perle rare, celle qui sera en mesure de vous aider à réaliser l'impossible...


Facile à dire, pensez-vous sûrement. Eh bien, détrompez-vous, car j'ai mis la main sur une étude palpitante qui porte justement sur ce point. Une étude qui met en évidence le fait qu'attirer à soi la crème de la crème, c'est tout à fait possible. Une étude intitulée Evidence on the relationship between recruiting and starting wage et signée par : Jason Faberman, économiste principal, de la Réserve fédérale de Chicago (États-Unis); et Guido Menzio, professeur d'économie à l'Université de Pennsylvanie à Philadelphie (États-Unis). Regardons ça ensemble...


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Les deux chercheurs se sont demandé s'il était vrai, ou pas, que les chercheurs d'emploi avaient aujourd'hui le réflexe de chercher avant tout un salaire élevé, au lieu d'un emploi dans leurs cordes, pour ne pas dire l'emploi de leurs rêves. C'est que si cela se vérifiait, cela voudrait dire que nombre d'employeurs gagneraient à changer de stratégie de recrutement : par exemple, ceux qui croient séduire des candidats potentiellement intéressants grâce aux tâches tripantes à mener à bien en occupant le poste ouvert ne feraient, donc, que perdre leur temps, puisque ce n'est pas ça que considéreraient vraiment les chercheurs d'emploi.


Saine interrogation, n'est-ce pas? Surtout en cette période de guerre des talents...


Pour s'en faire une idée, les deux chercheurs se sont plongé dans une base de données dénommée Employment Opportunity Pilot Project, issue d'un sondage mené à deux années d'intervalles auprès de quelque 3 400 entreprises américaines. Celle-ci était riche en informations sur :


— le salaire proposé à l'embauche,


— le nombre de candidatures présentées,


— le nombre d'entretiens effectués,


— le temps écoulé entre l'ouverture du poste et l'embauche en bonne et due forme.


Ce qui leur a permis de faire des recoupements on ne peut plus pertinents; et par suite, des trouvailles renversantes :


> Salaire & Temps. Plus le salaire proposé à l'embauche est élevé, plus cela prend de temps à combler le poste ouvert.


> Salaire & Candidats. Plus le salaire proposé à l'embauche est élevé, moins il y a de candidats qui postulent.


> Salaire & Entretiens. Plus le salaire proposé à l'embauche est élevé, moins il y a d'entretiens effectués.


Autrement dit, plus le salaire proposé est élevé, moins l'employeur reçoit de candidatures et plus cela lui prend de temps à trouver la bonne personne pour combler le poste ouvert! Paradoxal, n'est-ce pas? Vous comme moi, j'imagine, on aurait plutôt crû le contraire : dès qu'un salaire élevé apparaît sur le marché de l'emploi, cela devrait attirer une foule de candidats (pertinents comme non-pertinents) et le tri devrait vite se faire, la perle rare émergeant aisément aux yeux du recruteur; et pourtant, c'est exactement le contraire qui se produit.


Comment expliquer ce phénomène? Les deux chercheurs ont creusé dans leurs données pour découvrir ceci :


> Une sélection naturelle. À partir du moment où un salaire élevé est proposé, les candidats non-pertinents s'abstiennent d'eux-mêmes, en général, de postuler au poste ouvert. Et ce, parce qu'ils savent que la crème de la crème va faire signe à l'employeur, ce qui va ruiner toutes leurs chances de décrocher le poste en question : leur probabilité de gagner étant minime, ils passent vite à autre chose. Ne restent donc, en général, que les meilleurs candidats potentiels, ce qui demande au recruteur plus de temps qu'à l'habitude pour trancher entre eux.


Subjuguant, vous ne trouvez pas? D'autant plus que cela met en évidence un truc ultrasimple pour recruter la perle rare dont vous avez cruellement besoin pour 2017 :


> Qui entend attirer à soi la crème de la crème se doit de proposer un salaire à l'embauche défiant toute concurrence. Car cela aura pour conséquence d'écrémer les candidatures, seules les plus pertinentes osant vraiment se présenter. Et donc, de ne recevoir en entretien que les personnes au potentiel le plus ébouriffant. Seul bémol (mais qui s'en plaindra?) : il sera dès lors difficile de trancher entre celles-ci.


En passant, le philosophe français Jean Baudrillard a dit dans De la séduction : «La séduction représente la maîtrise de l'univers symbolique, alors que le pouvoir ne représente que la maîtrise de l'univers réel».


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À propos de ce blogue

EN TËTE est le blogue management d'Olivier Schmouker. Sa mission : aider chacun à s'épanouir dans son travail. Olivier Schmouker est chroniqueur pour le journal Les affaires, conférencier et auteur du bestseller «Le Cheval et l'Äne au bureau» (Éd. Transcontinental), qui montre comment combiner plaisir et performance au travail. Il a été le rédacteur en chef du magazine Premium, la référence au management au Québec.

Olivier Schmouker

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