Quel sera votre futur au travail?

Publié le 25/04/2016 à 06:09

Quel sera votre futur au travail?

Publié le 25/04/2016 à 06:09

Sera-t-il radieux, ou pas? Un sondage permet d'y voir plus clair... Photo: DR

Demain. Oui, demain, disons d'ici les cinq prochaines années, que sera notre quotidien au travail? Évoluerons-nous encore dans des bureaux, ou bien dans des cafés? Les réunions d'équipe seront-elles toutes virtuelles, les uns et les autres vivant aux quatre coins du pays, voire de la planète? Aurez-vous même encore un emploi, ou plutôt ne série de contrats?


Que d'interrogations, n'est-ce pas? Mais des interrogations on ne peut plus pertinentes, tant il est maintenant clair pour tout le monde que l'univers du travail est en pleine mutation.


Alors, à quoi s'attendre? Pour imaginer le futur qui nous attend, l'Institut de recherche du cabinet-conseil en ressources humaines ADP a eu l'heureuse idée de demander ce qu'en pensent les principaux intéressés, à savoir les employeurs comme les employés (surtout des cols blancs). Et ce, à l'échelle de la planète, notamment au Canada.


Car, quand on y pense bien, c'est de nous dont dépend directement l'avenir. De nos rêves, de volontés, de nos décisions. Tant individuelles que collectives.


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Résultat? Une riche étude intitulée L'évolution du travail, dont je vais partager avec vous l'essentiel de ce qui ressort concernant l'Amérique du Nord, et en particulier le Canada. Attendez-vous à quelques surprises...


> Ouverture au changement


«Les Nord-Américains pensent moins que les autres qu'ils seront affectés négativement par la mutation du travail qui est en cours, indique l'étude d'ADP. Ils manifestent même, de manière générale, un sentiment positif à l'égard des changements à venir : ils pensent pouvoir bénéficier d'une plus grande liberté de choisir leurs horaires de travail; ils croient qu'il leur sera plus simple de choisir leur lieu de travail; ou encore, ils estiment qu'il leur sera plus aisé d'accéder à l'information dont ils auront besoin pour se montrer plus productifs.»


> Travail et liberté


Trois chiffres marquants :


- 65% des Canadiens se disent «enthousiastes» concernant l'affirmation suivante : «Je définirai mes propres horaires de travail sur la base de ce qui est pratique et efficace pour moi».


- 61% des Canadiens se disent «enthousiastes» concernant l'affirmation suivante : «Je pourrai travailler de n'importe quel endroit dans le monde».


- 56% des Canadiens se disent «enthousiastes» concernant l'affirmation suivante : «J'accomplirai tout mon travail depuis un appareil mobile».


«Les salariés d'Amérique du Nord ont le sentiment d'être déjà sur la bonne voie pour obtenir plus de contrôle et de flexibilité afin de pouvoir accomplir leur travail quand, où et comme ils le souhaitent, indique l'étude. Et ce, y compris ceux qui ne sont pas encore concernés par cette tendance, puisqu'ils estiment que cela devrait leur arriver d'ici les cinq prochaines années.


«La plupart des Nord-Américains sont enthousiastes à propos de ces changements parce qu'ils souhaitent vivement ce gain de flexibilité et sont relativement convaincus que les organisations continueront de s'adapter en ce sens. Quant à la génération Y [ceux qui sont nés entre le début des années 1980 et le milieu des années 1990], les attitudes et les aspirations des hommes et des femmes convergent, les deux sexes attachant une grande valeur à l'équilibre entre les vies privée et professionnelle.»


> Travail et connaissance


Quatre chiffres symptomatiques :


- 70% des Canadiens se disent «enthousiastes» concernant l'affirmation suivante : «J'utiliserai la technologie pour apprendre ce que je veux, où et quand je veux».


- 55% des Canadiens se disent «enthousiastes» concernant l'affirmation suivante : «La technologie me permettra de renforcer les liens spatio-temporels de mon réseau professionnel de connexions».


- 54% des Canadiens se disent «enthousiastes» concernant l'affirmation suivante : «Les médias sociaux deviendront ma principale plateforme de collaboration professionnelle».


- 50% des Canadiens se disent «enthousiastes» concernant l'affirmation suivante : «Je devrai acquérir de nouvelles compétences rapidement, car je changerai constamment de poste».


«Conformément au sentiment général dans les autres régions du monde, les Nord-Américains ressentent d'ores et déjà l'impact positif de pouvoir se connecter à leur réseau professionnel avec une facilité grandissante et d'être en mesure, grâce à la technologie, de développer leurs compétences en fonction de leurs besoins professionnels.


«À noter toutefois que nombre de Nord-Américains disent par le même occasion ressentir de la pression et du stress liés à cela. D'où l'importance pour les entreprises de demain d'avoir recours à des pratiques spécifiques visant à combattre le stress des salariés, et d'encourager ceux-ci à moins craindre le développement professionnel continu.»


> Travail et stabilité


Un chiffre révélateur :


- 36% des salariés expérimentés nord-américains se disent «enthousiastes» par rapport à l'affirmation suivante : «Les entreprises embaucheront exclusivement des travailleurs contractuels, au cas par cas».


«La stabilité est une préoccupation pour les Nord-Américains, en particulier pour les hommes plus âgés et pour les femmes de tous les âges. De nombreux salariés estiment que les entreprises recherchent déjà des talents dans le monde entier et qu'elles commencent à opter pour plus de travailleurs contractuels.


«Cela engendre un certain niveau d'incertitude liée à la sécurité de l'emploi à long terme, que l'on ressent un peu partout sur la planète, mais tout particulièrement en Europe et en Amérique du Nord.»


> Travail et autogestion


Trois chiffres clés :


- 33% des Canadiens sont «d'accord» avec l'affirmation suivante : «La technologie rendra mon travail et ma vie privée stressants».


- 33% des Canadiens sont «d'accord» avec l'affirmation suivante : «La technologie me fait d'ores et déjà craindre pour la sécurité à long terme de mon emploi».


- 19% des Canadiens sont «d'accord» avec l'affirmation suivante : «La technologie me permettra d'en faire plus en moins de temps et d'efforts».


Et un autre :


- 37% des Canadiens considèrent que l'affirmation suivante «ne se produira jamais» : «La hiérarchie n'existera plus».


«Si ce n'est pas déjà le cas, les salariés nord-américains s'attendent à ce que, dans les trois prochaines années, les tâches répétitives soient réalisées par des automates et autres robots intelligents. Ils s'attendent également à ce que des outils technologiques soient utilisés par les organisations pour suivre et ajuster les performances des individus et des équipes. Et ce, pas nécessairement pour le meilleur : les Canadiens sont parmi les plus inquiets sur la planète à propos du potentiel impact négatif de la technologie sur la sécurité de l'emploi.


«Par ailleurs, 1 Canadien sur 3 estiment que la structure d'entreprise composée de plusieurs services et d'une hiérarchie définie perdurera dans les prochaines années. Cela étant, si jamais un tel changement devait tout de même se produire, la majorité des Nord-Américains aurait un a priori favorable à cet égard. Peu d'entre eux, en fait, percevraient cela comme un manque de structure et d'organisation.


«À noter un point crucial : les Canadiens sont plus optimistes que les Américains quant au fait qu'un tel changement se produira à l'avenir, car ils croient qu'une diminution de la hiérarchie les aiderait à préserver leur équilibre entre vies privée et professionnelle.»


> Travail et quête de sens


Deux chiffres parlants :


- 42% des Canadiens estiment que l'affirmation suivante est «déjà en cours» : «Je travaillerai là où mes compétences seront nécessaires et auront de l'influence plutôt que de rester fidèle à une même entreprise».


- 30% des Canadiens estiment que l'affirmation suivante est «déjà en cours» : «Les organisations utiliseront la technologie pour mesurer et agir sur mon bien-être».


«Nombre de Nord-Américains sont aujourd'hui attirés par les emplois faisant particulièrement appel à leurs talents propres, a fortiori si ceux-ci permettent de donner un sens au travail effectué. Et cela devrait être encore plus vrai demain. D'où la nécessité pour les entreprises de s'y adapter, en recourant, par exemple, à des technologies permettant de surcroît d'aider les employés à rester en bonne santé et engagés.»


Fascinant, vous ne trouvez pas?


Bon. Je vous ai bombardé de chiffres, et peut-être en avez-vous le tournis à présent. Voici, donc, ce qu'il convient de retenir de tout ça, en quatre points. Quatre points essentiels, je le souligne, et qui se vérifient surtout auprès de la génération Y nord-américaine :


1. Désir de combiner talent et technologie. Les salariés d'aujourd'hui ont la conviction que les entreprises ne s'adapteront malheureusement pas au fait que, demain, ils travailleront là où leurs compétences seront nécessaires au lieu de rester fidèles - comme les X et les baby-boomers - à une même entreprise. Ils sont donc pessimistes quant à la capacité d'adaptation des employeurs aux réalités du monde du travail de demain. Et ils n'entendent pas subir cette rigidité, mais bel et bien en tirer profit.


2. Crainte pour leur emploi. Les salariés d'aujourd'hui voient d'un mauvais oeil le fait que les entreprises vont de plus en plus rechercher des talents ailleurs, parfois même dans le monde entier. Cela les stresse. Cela les inquiète quant à la stabilité de leur emploi. Car ils craignent de passer à la trappe au profit de plus jeune, plus qualifié et moins cher qu'eux.


3. Anxiété par rapport à la précarité. Les salariés d'aujourd'hui, notamment ceux qui sont expérimentés, redoutent le fait que les entreprises vont faire de plus en plus appel à des travailleurs contractuels. C'est là une source d'anxiété pour eux, car cela induirait davantage de précarité dans l'emploi.


4. Peur des robots. Les salariés d'aujourd'hui ont littéralement peur de se voir remplacés par des robots dans un avenir rapproché. Ils savent que nous sommes entrés dans la quatrième révolution industrielle, et que l'avenir semble appartenir aux robots dotés d'une intelligence artificielle : de récentes études ont d'ailleurs mis en évidence le fait qu'un métier sur deux est d'ores et déjà sur la sellette.


On le voit bien, demain suscite des appréhensions, pour ne pas dire des terreurs. Car les incertitudes sont innombrables, en particulier celles ayant trait à l'évolution technologique : les robots intelligents, par exemple, font l'objet de tous les fantasmes; vont-ils nous surpasser en l'espace d'un clin d'oeil et nous faire passer pour des êtres à peine sortis de la préhistoire, ou vont-ils au contraire nous aider à atteindre des sommets de productivité qu'on peine aujourd'hui à imaginer?


Mystère. Mais voilà, qui dit mystère dit charnière : c'est justement en jouant sur ce pivot-là que l'on pourra permettre à chacun d'aborder le futur avec davantage d'assurance, voire de sérénité. Oui, c'est en adoptant de nouvelles politiques managériales en lien avec les quatre points mis en évidence ci-dessus que les employeurs d'aujourd'hui sauront attirer à eux les talents émergents, et ainsi assurer leur pérennité. Ni plus ni moins.


> Qui entend savoir quel sera son futur au travail se doit de réfléchir sur ses peurs. Il lui faut avoir le cran de s'arrêter le temps nécessaire pour voir si ce qui l'inquiète dans le futur concerne un ou plusieurs des quatre points suivants : peurs liées à l'évolution technologique; peurs liées à la stabilité de l'emploi ; peurs liées à la précarité du travail ; peurs liées à l'avènement des robots. Puis, il doit regarder comment il pourrait tourner à son avantage ce qui pourrait raisonnablement se produire comme changements à court et moyen termes. Et, enfin, il doit agir en conséquence (suivre une formation, maximiser l'un de ses talents, etc.). Et le tour sera joué!


En passant, l'écrivain brésilien Paulo Coelho aime à dire : «Le futur a été créé pour être changé».


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À propos de ce blogue

EN TÊTE est le blogue management d'Olivier Schmouker. Sa mission : aider chacun à s'épanouir dans son travail. Olivier Schmouker est chroniqueur pour le journal Les affaires, conférencier et auteur du bestseller «Le Cheval et l'Äne au bureau» (Éd. Transcontinental), qui montre comment combiner plaisir et performance au travail. Il a été le rédacteur en chef du magazine Premium, la référence au management au Québec.

Olivier Schmouker

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