Oui, travail et bonheur peuvent aller de pair. La preuve!

Publié le 02/10/2018 à 06:06

Oui, travail et bonheur peuvent aller de pair. La preuve!

Publié le 02/10/2018 à 06:06

Une simple question de liberté dans son quotidien au travail... Photo: DR

Travailler, c’est pénible. Ça mène d’ailleurs de plus en plus souvent à des épuisements professionnels, de l’absentéisme, du présentéisme, voire carrément des burn-out.


Pourtant, il y a bel et bien moyen de combiner travail et bonheur. C’est ce que j’ai saisi en feuilletant Le Livre du lykke - Le tour du monde des gens heureux (Éditions First, 2018) de Meik Wiking, président de l’Institut de recherche sur le bonheur de Copenhague (Danemark), lequel présente l’ensemble des facteurs du bonheur et leurs différentes applications ici et là sur la planète.


Par exemple, on peut y découvrir le brain brushing (une technique de méditation qui consiste à «brosser son cerveau») tel qu’il est pratiqué au Bhoutan, ou encore la loi de Jante, en vigueur dans les pays scandinaves, qui veut que quelqu’un qui s’affiche comme supérieur aux autres (ex.: signes extérieurs de richesse) subisse la critique de tout le monde pour son comportement si néfaste pour le bonheur des autres. Bien entendu, certains trucs concernent le quotidien au travail. En voici un extrait...


«Imaginez que vous puissiez passer une journée complète absolument seul au travail. Pas de réunion. Pas de risque de se retrouvé coincé dans une salle de conférence avec huit collègues, contraint de les écouter débattre pendant des heures sur un menu détail d’une décision à prendre.


«Si une telle journée survenait, votre boss ne vous convoquerait pas dans son bureau pour savoir où en est ce dossier si important, aucun courriel «urgent» ne s’afficherait sur votre écran d’ordinateur. Ce serait un joli rêve, n’est-ce pas?


«Imaginez alors tout ce que vous pourriez faire grâce à un tel niveau de liberté. Imaginez la quantité de travail que vous pourriez abattre, une journée comme ça. Du travail en profondeur, qui requiert toute votre attention et toute votre concentration. Du travail qui vous avez choisi et que vous aimez faire.


«En vérité, il y a trois choses qui «volent» votre liberté au travail:


1. Les réunions


2. Les managers


3. Les courriels.


«Nombre d’entre nous tentent de faire rentrer dans des trous de 10 ou 20 minutes, entre deux réunions, des tâches qui nécessitent de la concentration et de longues périodes sans interruption pour être effectuées correctement. Selon Jason Fried, entrepreneur en série et auteur de Remote: Office not required, les réunions et les managers sapent notre productivité. À ses yeux, les réunions, ce sont des salariés qui parlent du travail qu’ils ont fait ou du travail qu’ils vont faire, et les managers sont des personnes dont le travail consiste à interrompre les autres. Les deux annihilent notre productivité, sans parler du fait que les courriels jouent un grand rôle dans tout cela.


«Pour résoudre ce problème, Fried suggère de mettre en place, au lieu des «vendredis décontractés», des «jeudis sans parler». Choisissez un jeudi, par exemple, le premier ou le dernier de chaque mois, et instaurez une règle: «Personne au bureau n’a le droit de parler aux autres ce jour-là». Pas d’interruption entre collègues. Juste du silence. Là, vous pouvez vraiment avancer dans votre travail.


«Nous avons tenté l’expérience à l’Institut de la recherche sur le bonheur. Pour nous, une journée entière sans se parler, ou même un après-midi, c’était impossible, alors nous avons modifié la règle et créé des «zones créatives» quotidiennes: deux heures entières ininterrompues pour travailler sur des tâches qui exigent toute sa concentration.


«J’ai appris par la suite qu’Intel avait expérimenté un système similaire de panneau «Ne pas déranger» sur la porte. Sur deux de leurs sites américains, 300 ingénieurs et managers se sont mis d’accord pour réduire au minimum les interruptions, les mardis matin. Aucune réunion. Tous les appels renvoyés sur les boîtes vocales. L’objectif était d’assurer quatre heures de «temps de réflexion» et d’en mesurer les impacts.


«Le test a duré sept mois, et 71% des participants ont recommandé de l’étendre à d’autres services. Intel a conclu que l’essai avait été «un succès en termes d’augmentation de la productivité des employés, d’efficacité et de qualité de vie pour nombre de collaborateurs à divers postes de l’entreprise». Jouir de temps sans interruption était donc «utile» et «productif». (...)


«Au Danemark, nous avons un haut niveau d’autonomie et de flexibilité au travail, les gens ayant souvent le droit de délocaliser une partie de leur charge de travail à la maison. C’est une des raisons qui expliquent que 94% des Danois se disent heureux de leurs conditions de travail, du moins selon l’Eurobaromètre standard, qui mesure l’opinion publique pour la Commission européenne depuis 1973.


«Autre donnée d’importance, selon moi: 58% des Danois affirment qu’ils continueraient de travailler même s’ils n’en avaient plus le besoin financier - par exemple, s’ils gagnaient 10 M$ au loto -, selon YouGov. Le travail peut être, et devrait être, une source de bonheur. Un ajustement adéquat de notre quotidien au travail peut permettre de tendre vers ce bonheur. Et celui-ci passe, je pense, par un élément clé du sentiment de liberté au travail: du temps libre de toute interruption.»


Voilà. Il suffit d’accorder du temps à chacun pour travailler comme bon lui semble, avec la certitude d’être alors aucunement dérangé par qui que ce soit, et le tour sera joué. Dès lors, chacun se sentira mieux dans son quotidien au travail. Chacun s’approchera un peu plus de ce qu’on appelle le bonheur. Ni plus ni moins.


Que retenir de tout cela? Ceci, à mon avis:


> Qui entend marier travail et bonheur se doit de s’accorder des plages de liberté dans son quotidien. Il lui faut, par exemple, instaurer de manière concertée une règle au sein de son équipe selon laquelle personne ne doit déranger les autres pendant tous les mardis après-midis. Et ce faisant, bloquer tous les appels téléphoniques et tous les courriels. Car cela lui permettra d’abattre une quantité phénoménale de tâches nécessitant attention et concentration, ou encore de prendre (enfin) le temps de réfléchir à certains points ou dossiers cruciaux (ce qu’il ne fait jamais, sous le prétexte qu’il n’a «jamais le temps pour ça»…).


En passant, l’homme d’État athénien Périclès disait : «Il n’est point de bonheur sans liberté, ni de liberté sans courage».


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À propos de ce blogue

EN TËTE est le blogue management d'Olivier Schmouker. Sa mission : aider chacun à s'épanouir dans son travail. Olivier Schmouker est chroniqueur pour le journal Les affaires, conférencier et auteur du bestseller «Le Cheval et l'Äne au bureau» (Éd. Transcontinental), qui montre comment combiner plaisir et performance au travail. Il a été le rédacteur en chef du magazine Premium, la référence au management au Québec.

Olivier Schmouker

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