Le truc infaillible pour se faire embaucher, selon Michael Bloomberg

Publié le 22/01/2018 à 06:06

Le truc infaillible pour se faire embaucher, selon Michael Bloomberg

Publié le 22/01/2018 à 06:06

Michael Bloomberg est l'un des hommes les plus riches de la planète. Photo: DR

Michael Bloomberg. L'homme de 75 ans figure dans le Top 10 des personnes les plus riches du monde, avec une fortune personnelle estimée à 47 G$ US, selon le magazine américain Forbes. Il est le fondateur de la société de services et d'informations financiers qui porte son nom. Et il est l'ex-maire de New York (de 2002 à 2013). Pas mal pour celui qui, titulaire d'un MBA à Harvard à 24 ans, n'avait alors aucune idée de ce qu'il voulait faire de sa vie...


C'est que l'histoire est méconnue, mais véridique : le jeune Michael Bloomberg, bardé de diplômes (à la fois en ingénierie et en gestion des affaires), ne savait vraiment pas quoi faire comme métier. Il était tellement désemparé qu'il a même décidé alors de... poursuivre ses études!


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Il s'est lancé dans des cours sur l'art et la philosophie, à la New School, au coeur de Manhattan. Et c'est là qu'il a enfin eu une révélation : «J'ai découvert que le plus important dans les études, ce n'était pas de travailler fort pour être le meilleur, mais d'apprendre à entrer en relation avec les autres et à évoluer ensemble en harmonie. J'ai fini par comprendre qu'il n'était pas important de savoir que Christophe Colomb avait découvert l'Amérique en 1492, mais qu'en revanche ce qui comptait par-dessus tout, c'était l'immatériel, c'est-à-dire les relations humaines», a-t-il récemment confié au New York Times.


Résultat? Il a saisi que courir après l'argent était la pire erreur à faire dans la vie. «Lorsqu'arrive le moment de choisir un premier – ou un nouvel – emploi, il ne faut surtout pas tenir compte du salaire qui est proposé. L'important est, en vérité, d'évaluer dans quelle mesure le poste ouvert peut permettre d'évoluer sur les plans personnel et professionnel», a-t-il dit en mai dernier lors de son discours aux jeunes diplômés de l'Université Villanova de Radnor Township, en banlieue de Philadelphie (États-Unis).


Et d'illustrer : «Mon tout premier emploi était chez Salomon Brothers. Il était d'un ennui mortel : il me fallait juste comptabiliser les certificats et les actions vendus et achetés dans la journée. Je me trouvais, avec d'autres, dans une salle sans air climatisé, si chaude qu'on suait à grosses gouttes, et le seul plaisir clandestin qu'on avait consistait à descendre, en douce, des packs de bière. Néanmoins, je n'ai jamais autant appris que dans ce tout premier emploi : la solidarité entre nous nous permettait d'afficher une belle performance au travail.»


Chez Salomon Brothers, Michael Bloomberg était payé 40% de moins que s'il avait été dans une autre banque d'affaires. Il le savait fort bien, mais avait tout de même choisi d'aller là car il avait compris que la méritocratie y prédominait : «J'était convaincu de pouvoir rapidement décrocher un poste qui me plairait franchement, dans lequel je pourrais m'épanouir», a-t-il expliqué. Et c'est bel et bien ce qui s'est produit puisqu'il est devenu l'un des associés en une poignée d'années...


C'est comme ça qu'il en est venu à mettre au point un truc infaillible pour identifier, sans jamais se tromper, la bonne personne à recruter, lors d'un entretien d'embauche. Ce truc aussi simple que génial, il en a fait part au New York Times. Le voici, donc, pour vous :


«Ce qui me perturbe chez les jeunes d'aujourd'hui, c'est que lorsqu'on les reçoit en entretien ils te sortent des trucs du genre "Moi, j'ai mis au point un remède au cancer" et autres "Moi, j'ai contribué à rétablir la paix au Proche-Orient", dit-il. Fouille-moi! Ce que je voudrais plutôt entendre, c'est un candidat qui me dirait, droit dans les yeux : "Mon père, je ne l'ai jamais vu. Ma mère, elle dealait de l'ecsta pour subvenir à nos besoins. Et moi, pour payer mes études, je faisais trois chiffres de travail chez McDo".


«Pourquoi? Parce que c'est le signe de quelqu'un de bien, de moral, qui a vraiment à coeur le bien-être de sa famille, de ses proches. Cette personne-là se soucie vraiment des autres. Et c'est ça, oui ça, qui fera toute la différence dans le cadre de son quotidien au travail.


«Une personne comme ça a une véritable intelligence relationnelle. Elle sait comment survivre en période difficile, et comment aider ceux qui l'entourent à s'en sortir eux aussi. Elle a une vraie capacité d'adaptation. Peu importe qu'elle ne soit pas la personne la plus cultivée dans la salle, c'est elle qui sera toujours la plus intelligente.»


Voilà. Le meilleur truc pour se faire embaucher, c'est de briller en entretien par notre intelligence relationnelle, selon Michael Bloomberg. Car les étincelles qui jaillissent dès lors dans nos propos sont d'une irrésistible séduction pour les recruteurs.


Génial, n'est-ce pas? Mais surtout, efficace, d'après moi. D'ailleurs, le succès de Michael Bloomberg en est la preuve criante...


Que retenir, par conséquent, de tout ça? Ceci, à mon avis:


> Qui entend mettre toutes les chances de son côté lors d'un entretien d'embauche se doit de faire preuve d'intelligence relationnelle. Il lui faut, comme le préconise Michael Bloomberg, montrer subtilement combien il se soucie de ceux qui l'entourent, dans la vie comme au travail, et combien il est en mesure de venir en aide à autrui, en cas de difficulté. Car cela enverra comme message aux recruteurs que sa simple présence peut être on ne peut plus précieuse, jour après jour, quoi qu'il arrive.


En passant, l'écrivain français Jules Renard a dit dans son Journal : «Ne confondons pas l'homme intelligent avec l'homme de talent».


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À propos de ce blogue

EN TËTE est le blogue management d'Olivier Schmouker. Sa mission : aider chacun à s'épanouir dans son travail. Olivier Schmouker est chroniqueur pour le journal Les affaires, conférencier et auteur du bestseller «Le Cheval et l'Äne au bureau» (Éd. Transcontinental), qui montre comment combiner plaisir et performance au travail. Il a été le rédacteur en chef du magazine Premium, la référence au management au Québec.

Olivier Schmouker

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