L'incroyable secret de Jay-Z pour voler de succès en succès!

Publié le 23/07/2018 à 06:06

L'incroyable secret de Jay-Z pour voler de succès en succès!

Publié le 23/07/2018 à 06:06

Jay-Z a adopté un style de leadership particulier... Photo: DR

Jay-Z. Vous connaissez sûrement, peut-être êtes-vous même fan fini : «Hard Knock Life (Ghetto Anthem)», «U Don’t Know», «Big Pimpin’», «Niggas in Paris», «The Story of O.J.», etc. Ses succès musicaux s’enchaînent les uns après les autres, et ce depuis les années 1990. À tel point que nombre de médias américains le présentent aujourd’hui comme «le plus grand rappeur de tous les temps». Ni plus ni moins.


Ce qu’on sait moins, c’est que Jay-Z est avant tout… un entrepreneur! De surcroît, un entrepreneur qui connaît un succès plus grand encore que celui qu’il rencontre sur le plan musical. Et ce, grâce à un style de leadership à nul autre pareil. Explication.


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Remontons dans le temps… Au début des années 1980, Shawn ‘Jazzy’ Carter est un ado turbulent de Brooklyn : il deale de la coke, il lâche l’école et passe son temps à rapper avec ses chums The Notorious BIG et Busta Rhymes. Il flirte avec le danger : il se fait tirer dessus à trois reprises et tire lui-même sur son propre frère, qui lui avait piqué ses bijoux préférés. Bref, Jay-Z est sur une pente savonneuse.


Or, il a un don, celui de faire des rimes. Sa lecture préférée? Le dictionnaire. Il a tout le temps le nez dedans, en quête de rimes inusitées. Et ce don le sauve d’une fin qui s’annonçait aussi violente que précoce : il décide de se lancer corps et âme dans une carrière musicale, et donc, de prendre ses distances par rapport à la vie de gangsta.


Le hic? C’est qu’il a beau être hyper doué pour les rimes, aucune maison de disque ne s’intéresse à ses compositions. Aucune. Ce qui l’amène à une décision qui changera toute sa vie : créer son propre label indépendant, Roc-A-Fella Records, histoire de produire et commercialiser les rappeurs qui ont plus de succès que lui. Autrement dit, il abandonne en 1995 sa carrière de rappeur pour embrasser celle de producteur.


Et ça marche! Il produit, bien entendu, son chum The Notorious BIG, qui devient aussitôt le pilier central du rap new-yorkais, étant même désigné comme le musicien de l’année aux Billboard Awards. C’est que Jay-Z se découvre une passion pour le marketing et use de toute son intelligence pour créer les connexions nécessaires (médias, distributeurs,…) pour que ses artistes percent le marché.


Le 9 mars 1997, The Notorious BIG est assassiné par arme à feu à Los Angeles. Ce qui bouleverse Jay-Z. Et déstabilise complètement Roc-A-Fella Records. Pour éviter la catastrophe, Jay-Z reprend le micro sur des morceaux que devait terminer son chum : ça donne le double-album posthume Life After Death, qui atteint la première place des classements américains et est certifié disque de diamant en 2000 – une rare distinction en rap, à l’époque.


Résultat? Jay-Z est incité à poursuivre sur sa lancée. En 1997, il lance In My Lifetime, Vol.1, produit par Sean ‘Puff Daddy’ Combs et certifié disque de platine aux Etats-Unis. Et le reste appartient à l’Histoire…


Mais «Histoire» il y a eu uniquement parce que Jay-Z a réalisé que son succès naissant provenait, en vérité, d’une seule chose : son leadership particulier. Oui, le secret de sa réussite était on ne peut plus simple : savoir s’entourer des meilleurs et leur laisser le champ libre.


En 1998, il sort In My Lifetime, Vol. 2 sur lequel participent notamment Ruff Ryders, Timbaland, DJ Premier et Kid Capri. En 2001, The Blueprint bénéficie de la collaboration de Bink, Kanye West, Just Blaze et Eminem. C’est systématique, tous ses albums sont truffés de talents rares, dont chacun donne le meilleur de lui-même, en toute liberté. Et c’est justement ce qui en fait des succès à la fois musicaux et commerciaux.


Idem, du côté entrepreneurial. Par exemple, lorsqu’il a pris les rênes du label Def Jam en 2004, il est tombé des nues en constatant combien l’équipe en place était peu créative : personne ne voyait que le modèle d’affaires des décennies précédentes était devenu obsolète et, du coup, chacun continuait à travailler comme à l’habitude, comme si de rien n’était.


Qu’a-t-il fait ? Il a emmené tous les employés en retraite, histoire de leur faire expérimenter de nouvelles façons de travailler, d’interagir avec les autres, de faire preuve d’initiative. Il voulait que chacun se mette enfin à oser, à prendre des risques, bref, à innover. Oui, il tenait à ce que chacun prenne conscience que leur survie collective passait par le changement et qu’ils étaient libres de prendre la voie qui leur chantait pour y parvenir. Car quoi qu’ils entreprennent, lui les soutiendrait sans faillir.


Passé un premier temps de surprise, les employés de Def Jam ont compris le message. Ils ont retroussé leurs manches et, tous ensemble, ils se sont transformés. Peu de temps après, ils découvraient une jeune artiste bourrée de talent, une certaine Rihanna… De nos jours, Def Jam est considéré comme le label précurseur du rap moderne. Carrément.


Aujourd’hui, Jay-Z est impliqué dans toutes sortes de secteurs d’activité, qui vont de la restauration à l’alcool, en passant par l’immobilier et le sport :


– Il est copropriétaire du 40/40 Club, une chaîne américaine de bars sportifs. Son projet actuel : ouvrir des bars dans une vingtaine d’aéroports des Etats-Unis.


– Il détient la maison de champagne Armand de Brignac, qu’il a rendue célèbre en popularisant la bouteille Midas (30 litres), qui détient le record mondial de la bouteille de champagne la plus chère jamais achetée (payée quelque 206.000 $ par la légende américaine du blackjack Don Johnson dans la boîte de nuit One For One de Londres). Par ailleurs, il est directeur du branding de la Budweiser Select, prodiguant des conseils en matière de stratégie marketing.


– Il a investi dans J Hotels, qui vient d’acquérir un immense terrain dans Chelsea, à New York, en vue d’y bâtir un hôtel de luxe de 12 étages qui sera doté d’une gallerie d’art.


– Il a lancé une agence de représentation d’athlètes, Roc Nation Sports, et a lui-même obtenu sa licence d’agent sportif auprès de la NBA et de la MLB. Et ce, après avoir été copropriétaire des Brooklyn Nets.


– Il a acquis la firme norvégienne Aspiro, qui a mis au point le service de streaming musical à la demande par abonnement Tidal, un concurrent direct de Spotify et Deezer. À noter que Tidal s’est mis à vraiment percer sur le marché le jour où Beyoncé – l’épouse de Jay-Z – lui a accordé l’exclusivité de son album Lemonade.


Comment parvient-il à mener toutes ces activités professionnelles de front ? Grâce à son leadership, qui l’amène à agir plus en coach qu’en boss. Au lieu de commander et de contrôler, Jay-Z veille à comprendre, conseiller et soutenir. Et ce, en lâchant la bride aux uns et aux autres, afin que chacun puisse exprimer son plein potentiel au travail. C’est aussi simple que ça.


Une anecdote en témoigne… En 2012, J. Cole était considéré comme l’un des rappeurs les plus prometteurs, son tout premier album venant d’être certifié platine et lui ayant valu une nomination aux Grammy Awards. Le succès commençait à le perturber grandement, il ne savait que faire pour mettre sa carrière musicale sur de bons rails. Il s’est alors tourné vers Jay-Z pour lui demander conseil :


«Je m’attendais à ce qu’il se comporte envers moi comme un grand-frère, à la fois bienveillant et protecteur, a-t-il confié à HipHopDx. Mais ça ne s’est pas passé comme ça. Il m’a fait réaliser que la meilleure chose à faire, c’était de laisser galoper ma créativité, de me faire confiance à moi-même, de développer et de miser sur mes propres forces. Il m’a dit de suivre ma propre voie, et d’être confiant. Mine de rien, ça m’a donné une puissance créative complètement dingue, dont je ne m’imaginais même pas capable. Jay-Z, en fait, m’a permis de comprendre que pour que quelque chose fonctionne, il suffit d’être libre d’être soi-même». CQFD.



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À propos de ce blogue

EN TËTE est le blogue management d'Olivier Schmouker. Sa mission : aider chacun à s'épanouir dans son travail. Olivier Schmouker est chroniqueur pour le journal Les affaires, conférencier et auteur du bestseller «Le Cheval et l'Äne au bureau» (Éd. Transcontinental), qui montre comment combiner plaisir et performance au travail. Il a été le rédacteur en chef du magazine Premium, la référence au management au Québec.

Olivier Schmouker

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