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Êtes-vous vraiment capable d'évaluer un employé?

Olivier Schmouker . les affaires.com . 14-12-2012 (modifié le 20-12-2012 à 14:08)

Une idée qui en vaut d'autres pour évaluer autrui... Photo: DR

BLOGUE. Ma collègue Dominique Beauchamp m'a fait part d'une belle trouvaille de sa part : une étude sur la capacité que nous avons tous d'évaluer autrui, c'est-à-dire de décoder les points forts et les points faibles de ceux qui nous entourent. Une étude qui s'adresse notamment aux managers, dont l'une des qualités premières doit être d'estimer les forces et les faiblesses des membres de leur équipe. Une étude on ne peut plus d'actualité, en cette période d'évaluations de fin d'année.


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Cette étude, qui date de 2004 mais n'a rien perdu de sa pertinence, est intitulée Mind-reading and metacognition: Narcissism, not actual competence, predicts self-estimated ability. Elle est signée Daniel Ames, professeur de management à la Columbia Business School (États-Unis), et Lara Kammrath, à l'époque collègue à Columbia de M. Ames et, depuis, devenue professeure de psychologie à l'Université Wake Forest (États-Unis). Et il en ressort essentiellement qu'évaluer autrui avec justesse est une chose on ne peut plus complexe, pour ne pas dire impossible à réussir la plupart du temps…


Ainsi, les deux chercheurs ont demandé à 143 étudiants en MBA d'effectuer l'Interpersonal Perception Task-15 (IPT-15), qui est destinée à estimer les capacités d'une personne à évaluer ce que pensent et ressentent les autres. Le principe est simple : les participants regardent différents courts-métrages réalistes à la télévision, et doivent pour chacun d'eux indiquer sur papier leur analyse de la situation. Par exemple, ils doivent dire lequel des deux personnages est le boss de l'autre, ou encore si la personne qui a parlé dans un long monologue disait, ou non, la vérité.


Puis, ils ont dû remplir un questionnaire détaillé visant à les faire s'auto-évaluer en matière de relations interpersonnelles. Le questionnaire tournait autour de cinq caractéristiques, à savoir : le contrôle de soi, l'extraversion, le narcissisme, l'estime de soi et la sociabilité.


L'idée derrière tout ça? Regarder dans quelle mesure les participants étaient à même d'évaluer les autres, et surtout, identifier les éventuels biais qui les empêchaient d'y parvenir adéquatement. Ce qui leur a permis de faire de belles découvertes…

1 commentaire

YBertrand le 14-12-2012

Bonjour. Les personnes qui sont les experts en la matière sont les psychologues industriels et non les MBA qui n’ont pas les qualités nécessaires pour effectuer ce type d’analyse. Je ne demanderais pas à un psychologue industriel de s’immiscer dans les finances d’une entreprise, à chacun sa spécialité. Les Dr Robert Hare et Paul Babiak (tous deux détenteurs de doctorats en psychiatrie et psychologie) sont des sommités internationales sur le sujet. Leur dernière publication “Snakes in suits, where psychopaths go to work” traite le sujet bien au-delà du narcissisme. Nous ne sommes plus à l’époque où les “comptable”, “vérificateur” ou directeur de bureau font de l’embauche. Le curriculum du Bacc en Relations industriel est formé d’environ 40% en droit, 40% en psychologie et 20% en administration ce qui les diffèrent du curriculum d’un Bacc en administration du personnel qui est essentiellement formé de 60% en administration, 20% en droit et 20% en psychologie. Le bachelier qui veut poursuivre ses études doit se diriger vers la psychologie industrielle. La notion de narcissisme est traitée à tout vent depuis cinq ans sans toutefois en comprendre toutes les subtilités et variances. Les gens ont tendance à utiliser ce vocable pour désigner la “vantarde, condescendante, le manque d’empathie, les “know it all” etc” toutes plus subjectives que les autres car chaque personne adopte son caractère à chaque personne qu’elle rencontre. Hors le document attaché à cet article ne considère que les “impressions”, celles-ci étant rattachées directement aux émotions qui changent au gré du temps, le même test fait par une personne concernant une autre sera fort probablement très différente d’une année à l’autre. Le test du PCL-R (Psychopathy Checklist-Revised) des Dr Hare et Babiak est reconnu mondialement et a été traduite en 21 langues dès 2009 est un outil qui se base sur les faits, les actions, les résultats sociaux et économiques d’un candidat. Ses recherches et différents tests servent notamment à parfaire un profile psychologique en matière criminelle et utilisée par les grands corps policiers de la planète. Veuillez prendre connaissance de cet excellent ouvrage (le dernier de nombreuses parutions depuis 15 ans sur le sujet) ainsi que le site http://www.hare.org/ pour en savoir plus. Merci et bonne journée.

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