Et si vous adoptiez la Mamba Mentality...

Publié le 26/11/2018 à 10:48

Et si vous adoptiez la Mamba Mentality...

Publié le 26/11/2018 à 10:48

Kobe Bryant, un champion d'exception... Photo: DR

J’imagine que, comme moi, vous vous demandez de temps à autres ce qui fait que certains deviennent des champions dans leur domaine de prédilection, et pas les autres. Est-ce un don? Un travail acharné? La chance peut-être même? Voire un peu de tout ça à la fois? Et, comme moi, vous tournez en rond, sans trop savoir…


Pourtant, il doit bien y avoir quelque chose qui leur permet de faire une différence. Quelque chose de précis, de récurrent, un point commun à tous les champions. Mais lequel, au juste?


D’où ma joie lorsque j’ai appris que Kobe Bryant avait lancé son tout premier livre, une sorte d’autobiographie raisonnée en ce sens que le récit va au-delà des anecdotes qui ont émaillé sa carrière sportive en présentant des réflexions sur ce qui lui a permis de devenir un champion. Oui, ni plus ni moins que le secret de son exceptionnelle réussite sportive : quintuple champion de la NBA, il est l’un des rares joueurs de basketball américain à avoir inscrit plus de 30.000 points en carrière.


Ce secret tient en un terme, concocté par Kobe Bryant lui-même : la Mamba Mentality. Il faut savoir que son surnom était le Black Mamba, en français le Mamba Noir, à savoir le nom d’un serpent venimeux très grand, très agile, très agressif et doté d’une grande longévité; soit les mêmes caractéristiques que l’ex-leader des Lakers de Los Angeles. Ce surnom lui colle tellement à la peau qu’il en a fait une attitude, un savoir-être à même de booster son savoir-faire, bref, un mental propice au succès.


Le titre de son livre? Tout simplement The Mamba Mentality – How I play (MCD, 2018). En voici, pour vous, l’essentiel de ce qui s’y trouve:

Le 'Black Mamba' était à la fois grand, agile et agressif... Photo: DR


> Définition


«La Mamba Mentality, c’est une manière de vivre, note Kobe Bryant. Ça consiste à essayer d’être chaque jour meilleur que la veille. Il ne s’agit pas de faire preuve d’audace, d’être chaque jour de plus en plus casse-cou, mais plutôt de s’évertuer de façon constante à enregistrer des progrès dans le domaine de notre choix. Bref, ça revient simplement à toujours vouloir progresser.»


«La Mamba Mentality, c’est prendre conscience des étapes qui doivent être franchies chaque jour pour atteindre un but précis. C’est accepter les obstacles qui se dressent sur notre chemin, et les affronter au quotidien.»


> En mode interrogation


«Lorsqu’on exerce la Mamba Mentality, on mène une quête constante des réponses que l’on se pose quotidiennement. On fait preuve d’une curiosité insatiable, on veut tout comprendre dans les moindres détails, on désire progresser de tout son être.»


«Peu importe ce que les gens pensent ou disent lorsqu’on leur pose des questions, l’important est ailleurs, il est dans le fait qu’on tente de comprendre, de s’améliorer, d’avancer. Il faut poser des questions, sans se soucier d’une éventuelle réaction négative des autres. Il faut se concentrer sur notre interrogation du moment présent, et trouver le moyen d’avoir la réponse qui nous permettra de progresser. Sans jamais craindre le ridicule.»


«Au début de ma carrière, je regardais beaucoup ce que faisaient les autres, et j’analysais ce que je découvrais en me posant toujours la même question : «Pourquoi?» Oui, pourquoi faisaient-ils ça comme ça? Ou encore, pourquoi ce qu’ils venaient de faire avait si bien fonctionné?


«Et puis, un jour, j’ai saisi que ce n’était pas la meilleure façon de progresser. Au lieu de regarder et d’analyser ce que je voyais, il me fallait voir et analyser ce qui n’était pas là, à savoir ce qui aurait dû être fait de mieux. Et pour le découvrir, l’idéal était de le demander aux principaux intéressés, ceux qui auraient dû agir autrement pour avoir un meilleur résultat que celui qu’ils avaient obtenu.


«Du coup, je me suis mis à bombarder tout le monde de questions. Impossible de m’arrêter. J’étais affamé de réponses. La grande majorité des gens appréciaient ma curiosité et ma passion. Rares ont été ceux qui m’ont envoyé sur les roses. Et de toute façon, lorsque ça m’est arrivé, je ne m’en offusquais pas, c’était leur problème, pas le mien, s’ils n’étaient pas prêts à progresser ensemble.»


> Connexions


«J’ai fini par percevoir les autres comme autant de mentors en puissance. Chaque personne que je cotoyaix avait des réponses à mes questions, j’en étais convaincu. Il me fallait donc cultiver mes relations avec les autres, développer au maximum mon réseau de connexions.


«Mine de rien, ça a été l’une des principales raisons de mon succès. D’ailleurs, un signe ne trompe pas : regardez la cérémonie de ma retraite, il y avait là des champions d’exception, comme Bill Russell, Kareem Abdul-Jabbar, Magic Johnson, Jerry West et James Worthy; tous ces gars m’ont donné, à un moment ou à un autre, des leçons précieux, des leçons qui m’ont vraiment permis d’avoir un avantage – technique, stratégique,… – sur les autres joueurs. Voilà pourquoi je considère que la Mamba Mentality passe par l’identification et la rencontre d’«étoiles polaires», c’est-à-dire de stars susceptibles de nous indiquer avec bienveillance la bonne direction à prendre à différents moments de notre carrière.»


> Concentration


«Le seul moyen que j’ai trouvé pour être rapide et efficace sur le terrain, c’est d’être attentif aux moindres détails, mieux, d’être conscient de chaque petite chose tout autour de moi. Pour y parvenir, je me suis constamment entraîné à cette attention, mieux, à cette conscience, dans la vie de tous les jours. Autrement dit, à toujours être concentré au maximum sur ce que je fais.


«Quand je lis le journal, je donne mon 110% dans la lecture. Quand je mange, je donne mon 110% dans ma façon de manger. Quand je respire, je donne mon 110% dans ma respiration. Ça me permet d’être totalement concentré sur le moment présent, n’importe où et n’importe quand, sans jamais avoir l’esprit qui se met à vagabonder ailleurs.»


> Conditions mentales


«Pour pouvoir donner le maximum au moment venu, il est impératif d’évoluer dans les meilleures conditions qui soient. Je parle là des conditions mentales, bien entendu. Pour moi, ça consistait à m’échauffer tout seul dans l’aréna vide, longtemps avant le match ou la pratique. Car il y règne un calme, une paix, qui est carrément magique. Il y avait là juste moi, le terrain, le ballon, mais aussi mon imagination, mes rêves. Bref, le nirvana. Je ne plaisante pas, le nirvana était vraiment là pour moi.


«Résultat? Lorsque j'entrais sur le terrain pour le match, je n’entendais même plus la foule en délire, j’étais dans mon monde, dans la quiétude du terrain qui, peu de temps auparavant, n’était qu’à moi seul. Et mentalement, j’étais d’emblée à 110%.»


> Motivation


«Depuis mes débuts, ma motivation a été intrinsèque, jamais extrinsèque. Elle venait du plus profond de moi-même, de mon envie de progresser, de me surpasser, d’exceller dans chaque domaine de mon sport. Et jamais d’autre chose, du style remporter un titre, joueur mieux qu’un autre, ou encore gagner plein d’argent.»


«Ensuite, c’était juste une question de confiance en soi. D’ailleurs, je trouve qu’on se conditionne trop. Si vous vous dites : «OK, là, là, c’est un moment super important, c’est le tournant du match, je dois absolument réussir ce tir», eh bien, vous vous mettez beaucoup trop de pression sur les épaules. Il faut se dire, au contraire, que ce tir, vous l’avez déjà fait un millier de fois, que c’est juste un autre tir. C’est comme respirer : on le fait si souvent qu’à force on n’y pense même plus, c’est devenu un mécanisme.»


> Leadership


«Quand Shaq [Shaquille O’Neal] et moi jouions ensemble, on se faisait «taper» [installer des pansements protecteurs autour des doigts et des pieds] en même temps. Ça nous donnait l’occasion de rire, de niaiser, de dire du mal de tout le monde. Pour Shaq et moi, les deux pivots de l’équipe des Lakers, ça nous aidait à rentrer dans le match.


«Ça nous permettait de nous libérer du stress négatif, et par suite, d’avoir l’énergie nécessaire pour donner d’emblée le ton à l’équipe et au match. La franche rigolade entre nous deux décuplait nos forces, et ça se répercutait directement sur les autres à mesure qu’on approchait du début du match. Dans les derniers instants, nous redevenions sérieux d’un seul coup, lui comme moi, et les autres en faisaient de même, comme par mimétisme. L’air devenait soudain chargé d’électricité, et nous étions tous prêts à faire des étincelles.»


Voilà. Vous connaissez à présent l’essentiel de la Mamba Mentality de Kobe Bryant, ce qu’il convient de faire pour sans cesse progresser au travail, voire carrément devenir un champion dans votre domaine de prédilection. À vous de vous en inspirer, pour votre plus grand bien ainsi que pour celui de l’équipe dans laquelle vous évoluez.


En passant, le joueur de tennis américain John McEnroe aime à dire : «Si vous gagnez sans progresser, jamais vous ne deviendrez un champion».


 

À propos de ce blogue

EN TËTE est le blogue management d'Olivier Schmouker. Sa mission : aider chacun à s'épanouir dans son travail. Olivier Schmouker est chroniqueur pour le journal Les affaires, conférencier et auteur du bestseller «Le Cheval et l'Äne au bureau» (Éd. Transcontinental), qui montre comment combiner plaisir et performance au travail. Il a été le rédacteur en chef du magazine Premium, la référence au management au Québec.

Olivier Schmouker

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