Comment réduire le papier (et autres déchets) au bureau?

Publié le 21/09/2016 à 07:09

Comment réduire le papier (et autres déchets) au bureau?

Publié le 21/09/2016 à 07:09

Parfois, le papier s'accumule sans qu'on y prenne garde... Photo: DR

Ça m’a pris d’un coup en flânant récemment dans les bureaux d’une entreprise montréalaise que je ne nommerai pas. En découvrant les montagnes de papier sur certains bureaux ainsi que les poubelles bourrées à craquer d’emballages en plastique et autres restes de lunch, j’ai soudain réalisé combien les bureaux produisaient de déchets. Je me suis alors dit que si l’on regardait ça à l’échelle d’une tour à bureaux, l’accumulation de ces déchets pouvait peut-être même se chiffrer en tonnes, chaque jour de la semaine. Et donc, qu’il était inconcevable de rester sans rien faire face à une telle source de pollution.


Un livre m’est revenu en mémoire : Zéro déchet - L’histoire incroyable d’une famille qui a réussi à limiter ses déchets à moins de 1kg par an (Éditions Transcontinental, 2013) de la Française Béa Johnson. Je l’ai refeuilleté, ce qui m’a permis de trouver un passage concernant justement le bureau. D’où mon envie, aujourd’hui, d’en partager l’essentiel avec vous, histoire de vous faire réaliser qu’il est à la portée de chacun de nous de contribuer à l’élaboration d’un bureau un peu moins polluant, et par suite, d’un milieu de travail nettement plus agréable à vivre :


«Un bureau se doit d’optimiser notre productivité, écrit Mme Johnson. Maximisez la vôtre en évaluant le contenu de votre espace de travail. Voici quelques questions à vous poser pour arriver à désencombrer :


> Cela fonctionne-t-il encore? Faites don de vos appareils électroniques qui ne fonctionnent plus vraiment à des organismes comme collecteverte.ca ou recyclermeselectroniques.ca/qc, qui les recyclent, ou vendez-les grâce aux sites de petites annonces : Ils seront démantelés pour leurs pièces détachées.


> Est-ce que je l’utilise régulièrement? On garde souvent des livres professionnels pour s’y référer de temps en temps, mais ils prennent de la place et ramassent la poussière. Faites-en don à votre bibliothèque, où vous pourrez les consulter au besoin et où ils seront utiles à la communauté. Vous pouves aussi les vendre à une librairie de livres d’occasion. D’après mon expérience, les vieux livres scolaires peuvent générer de coquettes sommes d’argent!


> En ai-je plusieurs? De combien de stylos et de crayons avons-nous réellement besoin? Réponse : un de chaque suffit. Mieux vaut avoir un stylo de qualité que trois douzaines bon marché. J’ai déjà vu des bureaux encombrés de dizaines et de dizaines de stylos d’hôtels ou d’entreprises. Faites-en sorte de mettre fin à cette folie des stylos gratuits : refusez-les et arrêtez de les prendre! Donnez les objets que vous avez en double (classeurs, crayons,...) à une école ou à un magasin d’occasion : ils sont tr prisés au moment de la rentrée scolaire.


> Est-ce que je le garde par culpabilité? Les cadeaux de notre entreprise et les vêtements qui portent son logo encombrent nos bureaux, car nous craignons, si nous nous en séparons, de passer pour quelqu’un qui n’a pas l’esprit d’équipe. Mais allez-vous vraiment, un jour prochain, porter le T-shirt de la «Convention commerciale 2010» de votre entreprise? Vous voyez…


> Est-ce que je le garde parce que la direction me dit que j’en ai besoin (genre «tout le monde en a un»)? On trouve des tableaux de feuilles de papier blanc dans la plupart des salles de réunion. Mais vous êtes-vous déjà demandé si un autre objet pourrait avoir le même usage? Il se trouve que les marqueurs effaçables à sec marchent très bien... sur les miroirs! Vous pourriez ainsi installer des miroirs, d’autant plus qu’un miroir offre l’avantage de refléter la lumière et d’agrandir l’espace!


> Mérite-t-il que je consacre du temps à la dépoussiérer et à la nettoyer? Ce n’est pas la récompense, la plaque, ni le diplôme qui compte, c’est la réussite en elle-même. Prenez votre «souvenir» en photo et recyclez-le; épargnez-vous ainsi la peine d’avoir à le dépoussiérer.»


Autrement dit, se demander si chaque objet qui trône sur votre bureau est pertinent permet de ranger chacun d’eux dans deux catégories : d’une part, la catégorie de ceux qui vous sont vraiment utiles; d’autre part, celle de ceux qui sont inutiles. Écartez les derniers, en les recyclant autant que faire se peut; puis, redisposez les premiers afin d’optimiser l’espace dont vous disposez. Vous y verrez dès lors plus clair.


On le voit bien, toutes ces interrogations visent à vous permettre de percevoir autrement votre espace de bureau : il y a des objets et des outils qui, somme toute, vous sont peu utiles, et dont vous gagneriez à vous séparer. Mme Johnson propose de ne retenir que 5 règles pour faire une habitude de réduire au maximum l’inutiles, et par voie de conséquence, les déchets produits par votre quotidien au bureau. Les voici :


1. Refuser. Dîtes non aux cartes professionnelles, aux imprimés publicitaires et aux matériaux d’expédition inutiles.


2. Réduire. Pour écrire, choisissez du matériel de qualité. Vous y ferez plus attention et le perdrez moins facilement.


3. Réutiliser. Resservez-vous des matériaux d’expédition et des feuilles de papier imprimées sur une seule face.


4. Recycler. Ne mettez dans le bac de recyclage que les feuilles imprimées sur les deux faces.


5. Composter. Mettez les rebuts de papier de votre broyeur et vos retailles de crayon dans un composteur.


Voilà. Telles sont les recommandations de celle qui a réussi, avec sa petite famille, à passer de l’hyperconsommation (grosse maison, 4x4, réceptions somptueuses,...) à l’ultrasimplicité volontaire, et donc à désencombrer sa vie de tout le superflu qui fait de chacun de nous des monstres de pollution. En allégeant votre bureau, vous allégerez votre quotidien au travail, et donc, votre vie. Et ce, pour le plus grand bien de tout le monde, à commencer par vous-même.


En passant, le compositeur de musique classique franco-polonais Frédéric Chopin aimait à dire : «La simplicité est la réussite absolue».


En passant, l'écrivain français Honoré de Balzac aimait à lancer : «Quoi de plus complet que le silence?»


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À propos de ce blogue

EN TËTE est le blogue management d'Olivier Schmouker. Sa mission : aider chacun à s'épanouir dans son travail. Olivier Schmouker est chroniqueur pour le journal Les affaires, conférencier et auteur du bestseller «Le Cheval et l'Äne au bureau» (Éd. Transcontinental), qui montre comment combiner plaisir et performance au travail. Il a été le rédacteur en chef du magazine Premium, la référence au management au Québec.

Olivier Schmouker

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