Comment devenir un boss cool?

Publié le 15/11/2017 à 06:06, mis à jour le 15/11/2017 à 08:43

Comment devenir un boss cool?

Publié le 15/11/2017 à 06:06, mis à jour le 15/11/2017 à 08:43

Le signe ultime de l'attitude cool : le rire spontané... Photo: DR

Soyons francs, qui ne rêve pas d'avoir un boss cool? Pour ne pas dire d'être un boss cool? Vous savez, un boss qui comprend, qui conseille et qui soutient? Et non pas l'inverse, malheureusement si fréquent, à savoir un boss qui n'écoute pas, qui crie et qui foudroie à la première incartade?


Eh bien, si cette interrogation vous parle, j'ai quelque chose de fort intéressant à partager avec vous. De quoi s'agit-il? D'un extrait du livre L'Entrepreneuriat, c'est difficile. Point. (Les Éditions Goélette, 2017) de François Lambert, l'homme d'affaires connu comme le «Dragon baveux» de l'émission Dans l'oeil du dragon. Cet extrait correspond aux principaux passages du chapitre «Ne vous faites pas détester, soyez cool!». Regardons ça ensemble...


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«Un patron n'a pas besoin de jouer les tyrans en faisant peur à ses employés et en leur criant dessus dès qu'il met les pieds au bureau. (...) En fait, on peut être dur, mais en restant cool en même temps. C'est mon cas. Je suis intransigeant avec mes employés, comme je le suis avec mes enfants. Mais les gens me respectent parce qu'ils savent que je suis un personne juste. (...) Si je suis assez furieux contre un employé our avoir envie de l'engueuler, c'est qu'il a vraiment fait quelque chose de grave et qu'il n'y a qu'une voie pour lui : la porte.


«Quand on dirige une entreprise, on subit énormément de stress. Ce n'est pas une raison pour se défouler sur les autres. Il y a en général 80% d'employés qui accomplissent leur boulot sans trop se forcer, 10% qui font beaucoup d'efforts et 10% qui en font très peu. Or, même les mauvais employés ne méritent pas de se faire invectiver. Il n'y a pas de place pour cela en entreprise.


«Bien sûr, on n'est pas un monstre si l'on dit à un employé que tel comportement est inacceptable, qu'il doit respecter les règles et la vision de l'entreprise, et que c'est à prendre ou à laisser. On est parfois obligé de mettre les choses au clair. À ceci près qu'il y a toujours une bonne façon de le faire...


«Lorsqu'ils sont en position de pouvoir, certains aiment montrer qu'ils sont les bosses. Ils veulent fouetter les employés pour qu'ils travaillent. Je n'aime ni ne respecte ces personnes-là.


«Quand j'ai vendu mon entreprise, les employés sont venus me voir et ont évoqué plein de choses qui les avaient marqués. "Tu te souviens la fois où tu as fait ça? Et celle où tu as dit ça?" Ils me respectaient, même si je n'avais jamais hésité à les secouer lorsqu'il le fallait. J'en ai fait de bons leaders.


«Par exemple, je leur ai toujours dit de ne jamais venir dans mon bureau quand ils n'étaient pas prêts et qu'ils n'avaient pas tous les documents nécessaires pour que nous ayons une rencontre constructive. Je ne voulais pas qu'ils perdent leur temps, ni qu'ils me fassent perdre le mien. Si quelqu'un ne le comprenait pas, je l'avertissais deux fois, peut-être trois fois, et puis je le congédiais. (...)


 



« «Si un employé qui travaille énormément nous demande une heure, on doit lui en donner trois.» »


«Si un employé qui travaille énormément nous demande une heure, on doit lui en donner trois. S'il arrive une demi-heure en retard parce qu'il a eu un problème avec son enfant, il ne sert à rien de l'engueuler. Évidemment, dans le cas où cela arrive tous les jours, on doit trouver une solution, il doit y avoir un dialogue.


«Je demandais beaucoup à mes employés, mais j'étais avec eux, autant pour régler d'éventuels problèmes que pour travailler. Je ne me contentais pas de leur lancer : "Alors, ça va? Ça avance?» Je mettais la main à la pâte pour les aider. C'est incroyable comme les gens peuvent se dévouer quand on les fait se sentir responsables et qu'ils sentent qu'ils sont en train de bâtir un rêve. Ce n'est pas seulement notre rêve, c'est le leur aussi. (...)


«Lorsqu'on est juste avec eux, nos employés nous amènent là où on veut aller. On n'est pas obligé de les tirer. ce sont eux qui nous poussent.


«J'ai eu une fois un patron de la pire espèce, un de ceux qui regardent leurs employés comme s'ils étaient des pions insignifiants. Quatre personnes ravaillaient là quand je suis arrivé. Nous sommes montés à dix. Mais, quelques mois plus tard, il n'en restait plus que deux qui devaient avoir une famille nombreuse à nourrir... Tous les autres vaient claqué la porte. Cet homme était incroyablement désagréable. Il me mettait dans des situations impossibles avec les clients. Je n'avais même pas d'ordinateur.


«Le jour où je suis parti, je lui ai dit que jamais plus je ne travaillerais pour lui, tant j'avais détesté cet emploi. Mes anciens collègues et moi avons bien réussi par la suite. Nous sommes tous devenus des entrepreneurs à succès. Au lieu de voir qu'il avait des employés en mesure de le pousser vers le haut, ce type a tout fait pour que nous partions les uns après les autres. Il a essayé de nous tirer, mais nous n'avions même pas envie de le suivre, tellement il était irrespectueux. je ne sais pas ce qu'il est devenu, mais, à mon avis, il n'a pas dû aller bien loin. (...)


«Elon Musk, le PDG de Tesla, est un leader charismatique. Il est cool, mais dur en même temps. Richard Branson, le fondateur de Virgin, est le même genre d'homme.


«Ils ont saisi qu'on a toujours intérêt à faire équipe avec nos employés; ce qui est encore plus vrai avec la nouvelle génération. On ne peut pas taper sur les milléniaux, ni jouer les bosses avec eux : ils vont s'en aller ailleurs. Ils n'ont pas envie d'avoir quelqu'un au-dessus d'eux. Ils souhaitent travailler dans l'entreprise comme s'ils étaient des partenaires, même s'ils ne le sont pas. Dès qu'on hausse un peu le ton ou qu'on leur parle plus durement, ils veulent démissionner.


«Bref, on doit s'adapter sans tarder. Si on veut réussir aujourd'hui, on doit laisser à nos employés la liberté dont ils ont besoin. C'est vital pour eux, pour nous, pour l'entreprise.»


Voilà. Telle est la vision actuelle du leadership de l'ex-Dragon François Lambert. Une vision qui colle bien, à mon avis, aux exigences du 21e siècle. Une vision, je le souligne, dont plus d'un boss gagnerait à s'inspirer au plus vite...


Que retenir, par conséquent, de cet extrait? Ceci, je pense:


> Qui entend devenir un boss cool se doit de s'inspirer d'un leadership empreint de sympathie et de décontraction. Il lui faut chercher à comprendre, conseiller et soutenir. Et ce, en lâchant la bride aux uns et aux autres, histoire de leur laisser la possibilité d'exprimer leur plein potentiel au travail. Car c'est là le meilleur moyen d'aller ensemble plus loin que le boss, seul, ne peut l'imaginer, pour ne pas dire l'espérer.


En passant, le bédéiste américain Bill Watterson a dit dans Calvin et Hobbes - Enfin seuls! : «On dirait qu'une fois que les gens ont grandi, ils ne savent plus ce qui est cool».


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À propos de ce blogue

EN TËTE est le blogue management d'Olivier Schmouker. Sa mission : aider chacun à s'épanouir dans son travail. Olivier Schmouker est chroniqueur pour le journal Les affaires, conférencier et auteur du bestseller «Le Cheval et l'Äne au bureau» (Éd. Transcontinental), qui montre comment combiner plaisir et performance au travail. Il a été le rédacteur en chef du magazine Premium, la référence au management au Québec.

Olivier Schmouker

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