Le partenariat est le nerf de la guerre dans le secteur minier

Publié le 15/03/2018 à 14:15

Le partenariat est le nerf de la guerre dans le secteur minier

Publié le 15/03/2018 à 14:15

On connaît bien le vieux proverbe «Deux têtes valent mieux qu’une». Il illustre avec candeur la notion de partenariat, une réalité devenue, au fil des ans, l’un des attributs identitaires du Québec minier. Certains n’hésitent pas à dire que le Québec dispose aujourd’hui d’une recette gagnante qui fait l’envie de certaines provinces canadiennes.


Au cours du dernier cycle baissier qui a pris fin en 2016 et qui a menacé l’industrie minière québécoise, des partenariats financiers ont vu le jour afin que certains projets se stabilisent et que des sociétés minières québécoises se préparent à jouer un rôle actif en prévision d’un retour en force de l’industrie. Ces partenariats sont à l’origine de plusieurs projets miniers actuels.


Sans prétendre que le modèle québécois est unique en son genre ou parfait, une telle convergence d’intérêts demeure exceptionnelle dans une industrie qui a longtemps fait preuve de prudence en matière d’alliances, fort probablement à cause de la grande concurrence du secteur.


Dans certains cas, ces partenariats ont tiré profit d'intérêts alignés. Rappelons l'objectif qu’avait le gouvernement du Québec de créer des emplois et de bâtir des infrastructures dans le Nord-du-Québec, ou encore, les décisions stratégiques de grands investisseurs institutionnels d’investir à long terme dans le cycle minier.


Les investissements à long terme dans le secteur minier peuvent effectivement générer des rendements substantiels pour des investisseurs aguerris. Les grands investisseurs institutionnels québécois l’ont compris.


Des investisseurs investissent ensemble


Ainsi, plusieurs investissent maintenant ensemble dans le Québec minier, notamment la Caisse de dépôt et placement du Québec, le Fonds de solidarité FTQ, la société en commandite SIDEX (commanditée par le gouvernement du Québec et le Fonds de solidarité FTQ) ainsi que Ressources Québec, la filiale d’Investissement Québec dédiée aux secteurs des mines et aux hydrocarbures.


Ces fonds permettent de contribuer au financement de projets à différentes étapes, soit l’exploration, l’évaluation, le développement et la construction de mine.


Objectif Nord


Ces fonds permettent aussi de financer des acquisitions pour de nombreuses sociétés présentes au Québec, telles que Redevances Aurifères Osisko, Stornoway, Exploration Midland, Ressources Falco, Mason Graphite et Champion Iron.


La valeur ajoutée que comportent ces collaborations est inestimable. En dépit de la concurrence entre ces joueurs institutionnels aux objectifs parfois divergents, les intervenants se parlent et coopèrent pour faire aboutir les projets miniers.


À l’évidence, ils visent tous des rendements à long terme et une création de valeur bien au-delà des cycles qui caractérisent l’industrie. Le financement minier est un secteur stratégique clé.


Ces mêmes joueurs parviennent non seulement à concilier leurs attentes respectives et à mettre en place des structures de financement novatrices, mais ils apportent des connaissances et des expériences qui bénéficient aux entreprises.


Ils contribuent également ensemble à la promotion du secteur minier québécois. Ils offrent des tribunes publiques aux PDG de sociétés d’exploration pour qu’ils présentent leurs projets et leurs découvertes. Ils soutiennent aussi l’entrepreneuriat en vue de la relève.


L’ouverture du secteur minier aux partenariats ne se limite pas qu’à la finance. Le rythme rapide des progrès technologiques dans le domaine de la transformation numérique, par exemple, incite les minières à découvrir les possibilités offertes par les partenariats.


De nouveaux joueurs dans le secteur minier


Les grands joueurs de l’intelligence artificielle, de la gestion des données, de l’analyse prédictive et de l’automatisation sont de plus en plus engagés dans le développement minier.


La société aurifère Barrick collabore, entre autres, avec Cisco Systems pour l’automatisation de ses opérations, tout comme Goldcorp travaille avec IBM Watson, pour la transformation de ses activités d’exploration ainsi que pour l’élaboration de ses stratégies de fusions et d’acquisitions.


Dans un registre bien différent, d’autres partenariats se concluent entre les sociétés minières, les intervenants locaux et les communautés autochtones.


Ils s’inscrivent dans l’histoire de plusieurs projets miniers dès les premières phases d’un projet, avant même que la ressource soit extraite du sol. Ces partenariats s’avèrent souvent essentiels lorsque vient le temps d’obtenir l’acceptabilité sociale nécessaire au développement de projets.


Tout cela démontre qu’à l’instar de plusieurs secteurs économiques, l’industrie minière et ses dirigeants reconnaissent aujourd’hui qu’ils n’ont pas toutes les réponses ni toutes les ressources pour atteindre leurs objectifs.


Ils doivent sortir de leur zone de confort, trouver les meilleures solutions et saisir les opportunités les plus innovantes. En ce sens, les partenariats constituent souvent une bonne façon de partager les risques qui singularisent cette industrie, et d’obtenir une grande valeur ajoutée de la collaboration.


 


 

À propos de ce blogue

Le regard d'un spécialiste du secteur minier au Québec auprès de l’industrie, des gouvernements et du grand public.

Nochane Rousseau

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