Pourquoi j'adore les entreprises qui n'ont pas besoin de Wi-Fi!

Publié le 07/03/2018 à 13:39

Pourquoi j'adore les entreprises qui n'ont pas besoin de Wi-Fi!

Publié le 07/03/2018 à 13:39

(Photo: 123rf.com)

BLOGUE. C’est en lisant une statistique que j’ai réalisé à quel point nous étions aveuglés par la technologie. En 2018, la terre comptera environ 7,7 milliards d’humains. Parmis ceux-ci, un peu plus de la moitié a accès à internet. Sur ce quatre milliards, trois le sont avec un internet digne de ce nom. Au total, nous pouvons donc déduire qu’environ 38% de la population mondiale est connectée.


Loin de moi l’intention de minimiser l’importance et surtout l’avenir de tout ce qui est technologique. Cependant, je suis convaincu que nous sous-estimons grandement les industries ou modèles d’affaires qui n’ont pas besoin de Wi-Fi.


En faisant ne serait-ce qu’un minimum de recherche, je suis tombé sur des statistiques à faire rêver n’importe quel entrepreneur. Savez-vous qu’il s’est vendu sur la terre l’année dernière plus de 4,2 milliards de brosses à dents, que les Américains à eux seuls dépensent plus de huit milliards de dollars par année pour du papier hygiénique et qu’on produit annuellement plus de 80 milliards de baguettes de pain en Chine seulement!


Vous me voyez venir. Pourquoi se contenter de bâtir des entreprises pour 38% de la population quand on pourrait le faire pour plus de 75%, voire pour la planète entière? Quand même assez ironique que des milliers de start-up se concentrent sur la voiture sans conducteur quand moins de 15% des humains en possèdent une «avec conducteur»! 


Comment se fait-il que des milliards de dollars en investissement et en capital de risque pleuvent sur les «techs» de ce monde avec l'espoir d’un rendement futur mais ô combien incertain quand, d’un autre côté, des industries essentielles à la vie sur Terre peinent à trouver du financement?


Je crois que nous sommes aveuglés par notre propre mode de vie et par ce qui est considéré comme étant «tendance». C’est beaucoup plus cool de lancer une start-up en intelligence artificielle ou en fintech et d’avoir des bureaux dans Griffintown ou le Mile-Ex que de lancer une société de litières ou un fabricant de pelles dans le quartier industriel de St-Léonard. Cependant, jusqu’à preuve du contraire, je suis pas mal sûr que les chats et la neige seront toujours d’actualité dans cent ans! 


Est-ce à cause de notre soif de rendement rapide, à l’impatience des investisseurs, ou tout simplement par aveuglement entrepreneurial? Après tout, l’objectif pour tout entrepreneur est d’offrir un produit qui parle à un maximum de personnes.


J’imagine que vous me lisez entre les lignes. Bien sûr que je crois énormément aux entreprises technologiques, cependant, je soulève le point afin de faire réaliser qu’il y a d’autres avenues entrepreneuriales. Combien de fois je reçois des commentaires du style: «je ne sais pas coder» ou «je ne comprends rien de la blockchain ou du big data»... Comme si la technologie était l’unique option afin de se lancer en affaires.


L’entrepreneuriat évolue, tout comme la société. De nouvelles entreprises québécoises comme Lightspeed ou Hopper deviendront les géants du Québec Inc. de demain. Cependant, les Jean Coutu, Saputo et Molson de ce monde resteront tout de même d’actualité car, même sans Wi-Fi, nous aurons toujours besoin de médicaments (ou de papier hygiénique), de fromage et de bonne bière!

À propos de ce blogue

Je me suis lancé en affaire sans trop savoir ce que c’était. Je suis devenu un entrepreneur sans aucune idée de l’aventure dans laquelle je me lançais. Je suis maintenant le dirigeant d’une entreprise qui a le vent dans les voiles. Après avoir complété mon baccalauréat en science politique à l’Université de Montréal et surtout après avoir vécu une première expérience catastrophique en affaire (dans l’univers de la restauration), j’ai décidé de me lancer dans la production de vodka… sans trop savoir ce que je faisais ! À travers ce blogue, je vais vous amener dans les coulisses de l’entrepreneuriat, dans l’antichambre du succès. Une réalité partagée par des milliers de jeunes et moins jeunes entrepreneurs, une réalité qui gagnerait à être partagée !

Nicolas Duvernois