Je me méfie toujours de ce qui est trop beau

Publié le 28/11/2017 à 15:24

Je me méfie toujours de ce qui est trop beau

Publié le 28/11/2017 à 15:24

Pour certains, le sociofinancement, c’est l’unique chance de faire connaître leur idée ou leur produit. Pour d’autres, c’est une manière innovatrice de financer un projet fou. Peu importe les raisons, je m’aperçois, par le nombre de demandes de soutien que je reçois, que cette méthode de financement est de plus en plus populaire.


Que ce soit un projet présent sur La Ruche, Ulule, Indiegogo ou Kickstarter, pas une semaine ne passe sans que je sois invité à «supporter» l’un de ceux-ci. Sans blague, j’ai littéralement un budget mensuel pour ce type de demandes tellement j’en reçois!


Qui n’a pas entendu parler de la glacière The Coolest ou de la montre intelligente Pebble qui ont littéralement décroché le gros lot en réussissant à séduire des dizaines de milliers de donateurs levant ainsi une véritable fortune (13 millions pour le premier et plus de 20 millions pour la seconde!).


Au Québec, le phénomène ne fait pas exception. L’entreprise Phazon, lancée par un ancien joueur de football des Carabins de l’Université de Montréal et qui veut réinventer l’écouteur sans fil, a récolté la rondelette somme de plus de deux millions pour ce qui était, avant-tout, un prototype!


Un peu comme un conte de fée, le sociofinancement semble trop beau pour être vrai. La réalité derrière est toute autre. Quoi que le concept soit une superbe opportunité pour certains projets, je m’interroge sur l’avenir ou la pertinence de celui-ci dans un monde des affaires en constante évolution.


Il ne suffit que de passer quelques minutes sur les différents sites de sociofinancement afin de s’apercevoir que le succès est loin d’être garanti. Seulement sur la plateforme Kickstarter, à peine 35% des projets présentés atteignent le montant désiré.


De plus, parmi ces «succès» certains d’entre eux, non les moindres, ont énormément de difficulté à livrer ce qu’ils avaient promis. The Coolest cooler ou Phazon n’ont tout simplement pas encore réussi à prouver que leur idée peut devenir un véritable produit. Déceptions, délais, poursuites, telle est trop souvent la réalité derrière le mirage.



« Il suffit de passer quelques minutes sur les différents sites pour s’apercevoir que le succès est loin d’être garanti »


Pour ma part, je suis un sceptique depuis le premier jour. Je suis de la «vieille école» où travail, porte à porte, jobs d’étudiant, poignées de mains et Kraft dinner était la manière de faire. Aujourd’hui, certains pensent qu’il ne suffit que d’une vidéo avec un peu d’humour et des chats afin de financer leur «superbe» idée.


Le problème est là. Bien que certains projets sortent du lot par leur originalité ou leur qualité, ils sont noyés dans des propositions, disons-le, totalement nulles.


Financer une entreprise ne doit pas être pris à la légère. Je conçois que pour certains, cette opportunité est une question de vie ou de mort (pour leur projet). Je conçois également que le financement d’entreprises est de plus en plus difficile. Cependant, je me méfie toujours de ce qui est trop beau pour être vrai.


Conficius disait qu’une petite impatience ruine un grand projet. Je suis totalement d’accord. J’encourage les entrepreneurs à réfléchir deux fois plutôt qu’une avant de lancer une telle campagne.


Loin de moi l’idée de décourager qui que ce soit à croire au potentiel de leurs idées ou encore moins de donner des leçons, toutefois, je ne peux fermer mes yeux face à cette nouvelle réalité.


Le succès des uns ne garantit pas le succès des autres. Financer son entreprise est et restera toujours la partie la plus complexe. Néanmois, j’encourage les entrepreneurs à faire attention aux décisions d’aujourd’hui, car demain, c’est avec celles-ci que vous allez devoir travailler.


 

À propos de ce blogue

Je me suis lancé en affaire sans trop savoir ce que c’était. Je suis devenu un entrepreneur sans aucune idée de l’aventure dans laquelle je me lançais. Je suis maintenant le dirigeant d’une entreprise qui a le vent dans les voiles. Après avoir complété mon baccalauréat en science politique à l’Université de Montréal et surtout après avoir vécu une première expérience catastrophique en affaire (dans l’univers de la restauration), j’ai décidé de me lancer dans la production de vodka… sans trop savoir ce que je faisais ! À travers ce blogue, je vais vous amener dans les coulisses de l’entrepreneuriat, dans l’antichambre du succès. Une réalité partagée par des milliers de jeunes et moins jeunes entrepreneurs, une réalité qui gagnerait à être partagée !

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