L'entrepreneur et le syndrome de l'imposteur

Publié le 06/07/2016 à 08:48

L'entrepreneur et le syndrome de l'imposteur

Publié le 06/07/2016 à 08:48

J’ai discuté avec une de mes amies récemment qui me confiait qu’elle ne se sentait pas du tout comme une entrepreneure et que de se faire nommer ainsi la rendait mal à l’aise. En sondant des gens de mon entourage, j’ai réalisé que plusieurs entrepreneurs ne se sentent pas… entrepreneurs ! Pourtant, selon ma définition, ils le sont tout autant que Bill Gates ou Jean Coutu.


La définition du syndrome de l’imposteur est fascinante : «Les personnes atteintes du syndrome de l'imposteur expriment une forme de doute maladif qui consiste essentiellement à nier la propriété de tout accomplissement personnel. Ces personnes rejettent donc plus ou moins systématiquement le mérite lié à leur travail et attribuent le succès de leurs entreprises à des éléments qui leur sont extérieurs (la chance, un travail acharné, leurs relations, des circonstances particulières).»


Je ne pourrais pas vous dire si les entrepreneurs à qui j’ai parlé en sont affectés, mais en poussant un peu plus loin ma réflexion, j’ai remarqué que beaucoup d’entrepreneurs se sentent effectivement comme des imposteurs dans le monde des affaires.


Depuis quelques années, on sent un vent nouveau dans le monde de l’entrepreneuriat. Des personnes qui n’auraient jamais osé se lancer en affaires font le grand saut, de nouvelles industries naissent et l’entrepreneuriat prend de nouvelles formes telles l’économie de partage, l’économie participative, collective et j’en passe.


Plus que jamais, il est possible aujourd’hui de devenir entrepreneur sans avoir suivi le moindre cours en la matière. Cette nouvelle réalité explique peut-être en partie la raison derrière ce sentiment d’imposture. Le fait de pouvoir devenir un entrepreneur sans réellement savoir ce que c’est peut paraître aussi loufoque, pour certains, que de devenir pilote sans jamais avoir pris l’avion !


Je me rappelle d’un moment en particulier où, moi aussi, je me demandais si j’étais réellement un entrepreneur ! Je venais tout juste de lancer PUR vodka et j’avais rendez-vous au 35e étage d’une prestigieuse tour du centre-ville de Montréal. J’avais dû tourner en rond une bonne demi-heure afin de trouver un stationnement libre, car je n’avais pas 25 dollars pour celui intérieur. Une fois les portes de l’ascenseur ouvertes, je découvris une vue hallucinante de la ville, un bureau de réception sublime, des œuvres d’art tapissant les murs et un sentiment d’imposture total ! Qu’est-ce que je faisais dans ces bureaux quand je ne pouvais même pas comprendre la base des états financiers!


Pendant des années j’ai essayé de me faire accepter à l’université afin d’étudier en administration pour me rassurer. Pendant des années, je voulais être comme tel ou tel autre entrepreneur afin de sentir que je faisais partie de cet univers. Pendant des années, j’ai perdu mon temps à essayer d’être un entrepreneur plutôt que d’accepter de l’être.


Aujourd’hui, je me rends compte qu’être entrepreneur c’est avant tout un état d’esprit. J’ai réalisé que ce n’est pas seulement les connaissances, le succès et l’argent qui font d’une personne un entrepreneur. J’ai constaté qu’un entrepreneur est avant tout une personne qui ose être et faire différent.


Je lève mon chapeau aux entrepreneurs qui osent réinventer l’entrepreneuriat au quotidien avec leurs nouveaux modèles d’affaires et qui prouvent qu’il n’y a pas qu’un seul modèle d’entrepreneur. Je pense, entre autres, à Cynthia Dulude la reine du maquillage sur YouTube, à Andréanne Marquis, de Womance, qui veut promouvoir la femme forte et indépendante ainsi que David côté des tout nouveaux jus Loop, lequel prouve que boire des «déchets», c’est succulent !

À propos de ce blogue

Je me suis lancé en affaire sans trop savoir ce que c’était. Je suis devenu un entrepreneur sans aucune idée de l’aventure dans laquelle je me lançais. Je suis maintenant le dirigeant d’une entreprise qui a le vent dans les voiles. Après avoir complété mon baccalauréat en science politique à l’Université de Montréal et surtout après avoir vécu une première expérience catastrophique en affaire (dans l’univers de la restauration), j’ai décidé de me lancer dans la production de vodka… sans trop savoir ce que je faisais ! À travers ce blogue, je vais vous amener dans les coulisses de l’entrepreneuriat, dans l’antichambre du succès. Une réalité partagée par des milliers de jeunes et moins jeunes entrepreneurs, une réalité qui gagnerait à être partagée !

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