Le côté sombre des start-up

Publié le 09/08/2017 à 12:00

Le côté sombre des start-up

Publié le 09/08/2017 à 12:00

[123RF]

La réalité derrière les start-up est rarement celle que l’on dépeint. Étant moi-même passé à travers des débuts difficiles et étant très impliqué dans le milieu, je peux vous dire que l’image que le public se fait des jeunes pousses est généralement fausse.


Dans ces entreprises où l’on prône, avec raison, la compétence, l’égalité des salaires, l’égalité des chances, le respect de l’employé et le bien-être au travail, se cache une autre réalité.


J’ai réalisé que le problème était plus grand que je ne le pensais en lisant une entrevue qu’a accordée Mathilde Ramadier à la suite de la sortie de son livre intitulé: Bienvenue dans le nouveau monde: comment j'ai survécu à la coolitude des start-up. La jeune française a travaillé plus de quatre ans dans différentes start-up, et son constat est alarmant.


On a souvent l’image de la start-up qui a ses bureaux dans le Mile-End ou dans Griffintown. Les tables de ping-pong ou de baby-foot y sont plus nombreuses que les tables de travail. Bien sûr, le café, les bonbons et la bière y sont gratuits en tout temps. Malheureusement, dans bien des cas, ce besoin de divertissement est nécessaire afin de faire oublier ou de pardonner les conditions de travail.


Comme le soulève très habilement mon ami Simon De Baene dans sa chronique «Révolution au travail», le bonheur au travail n’est pas qu’une histoire de 5 à 7, de soirées pizza ou d’overdose de caféine, vouloir être cool n’est pas assez, le respect des conditions de travail des employés est essentiel à toute réussite.


Bien que l’expérience de Mathilde Ramadier est européenne, je crois important d’en prendre note. Elle y critique, notamment, les contrats de travail inexistants, les promesses d’embauche trop souvent oubliées, les salaires de misère, les horaires inhumains et le narcissisme de certains patrons qui se cachent derrière des titres bouffons comme «Manitou en chef» ou «Évangélisateur».



« L’univers des jeunes pousses fait rêver comme bien des domaines où gloire, argent et réussite se côtoient. »


Après tout, quel entrepreneur ou aspirant-entrepreneur ne rêve pas de vendre son application qui sert à retrouver les chats la nuit pour des milliards de dollars!


Le mirage des start-up est apparu avec la démocratisation des nouvelles technologies. Avant il fallait 100 ans pour bâtir un empire, il en faut aujourd’hui 10. Le «quick success» ressemble étrangement à la société fast-food qui refuse la patience et exige l’instantanéité.


Pourquoi compter mes heures dans une entreprise «classique» quand je pourrais travailler dans une start-up cool où la chemise est interdite? Pourquoi travailler des années afin de gravir les échelons quand je pourrais devenir, du jour au lendemain, le chef de la stratégie de contenu ou un poste similaire que bien peu d’entre nous peuvent réellement définir?


Attention, il ne faut pas généraliser, j’espère, et suis même persuadé que ce problème ne touche qu’une minorité de start-up. Cependant, il est assez inquiétant pour que nous en prenions conscience. Avec la révolution entrepreneuriale que nous vivons, il faut s’assurer que ce genre de dérives ne soit pas accepté.


Se lancer en affaires et devenir entrepreneur est un geste lourd de conséquences. Non seulement il faut être prêt aux défis personnels que cette décision entraînera, il faut aussi prendre note qu’un jour, je l’espère pour vous, vos employés feront partie intégrante de votre projet.


On a tendance à juger les entrepreneurs selon leurs succès. Peut-être devrait-on aussi les juger au respect qu’ils accordent à leurs équipes.

À propos de ce blogue

Je me suis lancé en affaire sans trop savoir ce que c’était. Je suis devenu un entrepreneur sans aucune idée de l’aventure dans laquelle je me lançais. Je suis maintenant le dirigeant d’une entreprise qui a le vent dans les voiles. Après avoir complété mon baccalauréat en science politique à l’Université de Montréal et surtout après avoir vécu une première expérience catastrophique en affaire (dans l’univers de la restauration), j’ai décidé de me lancer dans la production de vodka… sans trop savoir ce que je faisais ! À travers ce blogue, je vais vous amener dans les coulisses de l’entrepreneuriat, dans l’antichambre du succès. Une réalité partagée par des milliers de jeunes et moins jeunes entrepreneurs, une réalité qui gagnerait à être partagée !

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