Le dilemme de la rancune : Pardonner ou oublier ?

Publié le 03/05/2012 à 17:31, mis à jour le 10/05/2012 à 14:01

Le dilemme de la rancune : Pardonner ou oublier ?

Publié le 03/05/2012 à 17:31, mis à jour le 10/05/2012 à 14:01

Par Nathalie Francisci

BLOGUE. On est vendredi midi, je lunche avec mon ami S. J’aime échanger avec S. parce qu’il a toujours cette façon de ramener nos conversations sur les relations professionnelles aux relations de couple. Loyauté, fidélité, tentation et opportunité de carrière, chaleur du foyer et zone de confort. Bref, ce jour-là nous étions dans une discussion très animée, quand, au détour d’une phrase, il me lance : « Vous les femmes, vous avez la rancune tenace ! ». Il faisait référence au changement radical de visage de la ministre lors d’une entrevue au son du nom du fameux leader étudiant qui avait un beau matin investi son bureau et bousculé son personnel. « Elle ne lui pardonnera jamais » me dit-il. Sur ce, la discussion s’enflamme : depuis quand les femmes seraient-elles plus rancunières que les hommes ? « Ben voyons donc, nous ne sommes pas rancunières, nous n’oublions jamais, nuance ! » Lui rétorque-je. Silence dans la conversation. Entre la rancune et la mémoire d’éléphant, y-a-t-il une place pour le pardon ?


Abstraction faite de la nature féminine (je peux vous garantir que j’ai rencontré à maintes reprises des hommes embourbés dans de vielles rancunes), il est clair que l’intensité de la rancune est proportionnelle à la profondeur de la blessure infligée. Ce qui nous a fait souffrir à un moment donné, a laissé des traces. Alors, pour certains, la revanche ou la vengeance n’est simplement que le moyen de soulager sa peine… en théorie. En fait, cela devient le moteur : la rancune alimente l’esprit de vengeance et un cercle vicieux s’installe. Quand vous êtes rendus à penser tous les jours à une situation qui s’est produite des semaines, des mois, voire des années passées, c’est qu’il y a un problème. Et le problème, c’est VOUS et votre incapacité à passer par-dessus votre orgueil et à agir en adulte. C’est l’enfant en vous qui s’est fait rabrouer et qui fait la « baboune ».


La rancune ne perdure qu’en l’absence de communication. Si vous n’avez pas résolu le nœud du problème avec l’individu en face à face et en mettant cartes sur tables sur ce qui vous a affecté, vous n’aurez aucune chance de relativiser et d’envisager un possible pardon. Pas question d’oublier ! Simplement de tourner la page. C’est la «p’tite crotte sur l’cœur » qui vous empoisonne plus que la situation qui s’est produite auparavant. Vous remarquerez que j’ai dit : « face à face » ! Un courriel rageur ou un message dans une boîte vocale pour vous vider le cœur ne seront jamais aussi efficaces qu’un échange verbal. Oui, vous devrez affronter l’autre comme un grand et en plus, lui donner la chance de s’expliquer (ce qui fera changement dans vos scénarios personnels et vos monologues où vous vous repassez en boucle le film des évènements).


Si cela vous semble au dessus de vos moyens, dites-vous pourtant que le simple fait de dire à l’autre ce qui vous ronge et ce que vous pensez est déjà cinquante pour cent du chemin parcouru. Souvent, l’interlocuteur s’excuse et fait amende honorable ce qui clôt le dossier.


Ne vous laissez pas avoir par votre côté «Darth Vador» et prenez le contrôle de la situation. Allégez immédiatement ce poids inutile sur vos épaules. Le pire, bien souvent, c’est qu’après coup, vous serez capable d’en rire. Et cela, c’est le meilleur antidote à toutes les rancœurs.


 


A propos de ce blogue.


Nathalie Francisci a œuvré en recrutement de cadres pendant près de 20 ans. Entrepreneure, experte en gestion des talents, elle est reconnue comme l’une des références au Québec. Femme d’affaires engagée, elle siège sur plusieurs Conseils d’Administration dont l’Institut des Administrateurs de sociétés dont elle assume la Présidence depuis 2011. Conférencière et chroniqueuse, ses interventions font la différence par l’énergie et style direct qui s’en dégagent. Passionnée par nature, elle n’oublie jamais qu’elle travaille avec des gens, pour des gens. Le « Journal d’un Ex Chasseur de têtes » partagera avec vous ses réflexions et expériences sur l’univers du recrutement et de la gestion des talents pour faire réfléchir autant les individus que les organisations.


Nathalie Francisci a été Finaliste au Concours des Mercuriades en 2001, elle a reçu le Prix «Nouvelle Entrepreneure du Québec » en 2001 et « Entrepreneure – petite entreprise » en 2007 décerné par le RFAQ et elle a remporté le Prix Arista en 2008. Elle porte les titres de CRHA et de IAS.A.


Consultez son site Internet www.nathaliefrancisci.com ou écrivez-lui à nathalie@francisci.com .


 

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