Faites la rébellion, pas la révolution !

Publié le 22/05/2012 à 17:49, mis à jour le 24/05/2012 à 13:31

Faites la rébellion, pas la révolution !

Publié le 22/05/2012 à 17:49, mis à jour le 24/05/2012 à 13:31

Par Nathalie Francisci

BLOGUE. Mardi 22 mai. Les étudiants en sont à leur 100ème jour de grève. La population s’énerve de cette jeunesse qui manifeste, qui perturbe et qui scande ses idées à tue-tête. On est donc pourtant loin de cette génération décrite comme apathique et sans grande ambition. Enfin, pour ce qui est de se rebeller, on ne peut pas dire qu’ils manquent d’énergie ! Cela m’a rappelé une de mes chroniques du magazine Affaires Plus (a+ aujourd’hui) qui titrait : La rébellion, en finesse ! Permettez-moi d’en reprendre certains éléments qui me semblent très d’actualité.


J’y écrivais que les « entreprises ont intérêt à intégrer des rebelles dans leur organisation. Et les rebelles, à exprimer leur désaccord et leurs idées. En autant que ce soit fait dans les règles de l’art. ». Et vous aviez été très nombreux à être en plein accord et à crier haut et fort que nous n’étions pas assez rebelles dans l’âme. Je me demande d’ailleurs si cette chronique avait été publiée ce mois-ci ce que vous m’auriez écrit….


Je maintiens que les leaders doivent être des rebelles dans l’âme. Ils doivent remettre en question, se faire l’avocat du diable pour pousser l’innovation et amener des changements. Mais attention, pas question de faire la révolution…


« Le rebelle efficace ne casse pas la baraque. Il sait remettre en question l’ordre établi de manière diplomatique. Il est habile à démontrer au groupe que ses idées sont valables. C’est d’ailleurs sa meilleure façon de se démarquer. Il développe son esprit critique et il se fait entendre, mais jamais au détriment des autres. Il a aussi le sens du timing. ».


On ne peut reprocher aux étudiants de manquer de sens du timing ou de ne pas savoir se faire entendre… Certes, ils peuvent manquer de sens diplomatique mais pour le reste…


Persister dans la remise en question est essentielle pour éviter le statut quo et une overdose de consensus, antichambre du « group think » ou de «l’esprit de troupeau » (permettez-moi d’emprunter l’expression d’un autre contexte à Monique Jérome Forget).


Un leader doit prendre position, poser des questions, documenter et exposer habilement son point de vue. On dit qu’un un simple dissident suffit pour rallier une majorité. Le rebelle qui sait s'y prendre a donc le pouvoir de faire changer les choses mais nous n’avons ni besoin de Danton et Robespierre et encore moins de Napoléon.


Les entreprises ont besoin de « protagonistes » (Nilofer Merchant, auteure The new How). Un protagoniste en entreprise est un moteur qui n’attend pas la permission pour innover, développer de nouvelles stratégies ou prendre la direction d’un groupe. Ce sont des individus qui sont convaincus et engagés dans un processus d’amélioration de la productivité, de la performance et du rayonnement de leur entreprise. Poussés par l’urgence d’agir et leur confiance en eux, ils agissent comme de véritables agents de changement. Ce sont de formidables « porteurs de ballons ».


Au-delà du courage qu’il faut pour affirmer son désaccord ou son questionnement, il y a dans ce type de comportement une énergie communicative qui inspire les autres et les poussent à oser présenter leurs idées.


Il en faut, des rebelles même s’ils dérangent. En ces temps de printemps rebelles, nous devrions réfléchir aux nouveaux modèles de leadership qui se dessinent parmi les jeunes générations. Ce sont eux qui prendront un jour le pouvoir, qu’on le veuille ou non !


 


A propos de ce blogue.


Nathalie Francisci a œuvré en recrutement de cadres pendant près de 20 ans. Entrepreneure, experte en gestion des talents, elle est reconnue comme l’une des références au Québec. Femme d’affaires engagée, elle siège sur plusieurs Conseils d’Administration dont l’Institut des Administrateurs de sociétés dont elle assume la Présidence depuis 2011. Conférencière et chroniqueuse, ses interventions font la différence par l’énergie et style direct qui s’en dégagent. Passionnée par nature, elle n’oublie jamais qu’elle travaille avec des gens, pour des gens. Le « Journal d’un Ex Chasseur de têtes » partagera avec vous ses réflexions et expériences sur l’univers du recrutement et de la gestion des talents pour faire réfléchir autant les individus que les organisations.


Nathalie Francisci a été Finaliste au Concours des Mercuriades en 2001, elle a reçu le Prix «Nouvelle Entrepreneure du Québec » en 2001 et « Entrepreneure – petite entreprise » en 2007 décerné par le RFAQ et elle a remporté le Prix Arista en 2008. Elle porte les titres de CRHA et de IAS.A.


Consultez son site Internet www.nathaliefrancisci.com ou écrivez-lui à nathalie@francisci.com .

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