Un cycle boursier...c'est toujours différent!

Publié le 09/10/2012 à 09:18, mis à jour le 09/10/2012 à 14:49

Un cycle boursier...c'est toujours différent!

Publié le 09/10/2012 à 09:18, mis à jour le 09/10/2012 à 14:49

Par Michel Marcoux

BLOGUE. Personne n’aurait pu imaginer un scénario boursier aussi catastrophique. Malgré la situation positive de l’économie canadienne dans la dernière décennie, la Bourse a fortement décliné pendant cette même période. Mené par des investisseurs nerveux, le marché suit sa propre logique : l’afflux de mauvaises nouvelles et surtout l’état de certaines économies mondiales ont fait fuir un grand nombre d’investisseurs. Pourtant, de manière presque systématique, la Bourse remonte toujours et même reprend de la vigueur après des reculs majeurs, notamment au cours des mois suivant la remontée du PIB. Le retour à la croissance économique engendre d’habitude des bonds spectaculaires des indices. Par exemple, en 1970, 5 mois après le début de la reprise, la Bourse américaine avait grimpé de 22,2 % ; en 1980, elle remontait de 11,4 %, et en 1982, les gains se situaient à 14,5 %.


Toutefois, ce genre de données, largement véhiculées par les médias tout au long de 2011 et 2012, fournissent des indications plutôt limitées sur l’avenir boursier. Les facteurs influant sur la Bourse sont à la fois nombreux et complexes. En effet, chaque cycle boursier a ses propres caractéristiques, bien différentes de celles des cycles antérieurs. Ainsi, fournir la moyenne de 17 mois d’un marché à la baisse est une référence sans grande valeur.


Récemment, la révélation des duperies comptables de certaines entreprises, des fraudes dans des firmes de courtage, de l’existence de fonds douteux et surtout des agissements irresponsables de nombreux politiciens a provoqué chez les investisseurs un vent de pessimisme sans précédent. Les scandales ont soulevé autant d’inquiétude que la situation catastrophique de la Grèce ou de l’Espagne. Cependant, les investisseurs sont aussi à blâmer pour le recul boursier. En effet, pendant le boom du marché, ils étaient prêts à payer vite et très cher des titres «chauds», mais tout aussi rapides, en période de baisse du marché, à se débarrasser de titres de très grande qualité. En réalité, la croissance ou la baisse du prix des titres est souvent déconnectée, et de beaucoup, du niveau de croissance ou de baisse affiché par l’économie. Étant donné les perspectives de croissance, et donc de bénéfices irréalistes, les investisseurs sont prêts à débourser des sommes énormes. Par exemple, pour le S&P 500, le ratio cours/bénéfice de la fin des années 1990 se situait au-delà de 30, alors que le niveau moyen historique s’établit aux alentours de 15. Dans ce cycle boursier, on peut critiquer l’intégrité de certaines firmes comptables et de quelques dirigeants d’entreprise, mais on ne peut ignorer l’aveuglement des investisseurs dans les titres spéculatifs.


Où sont ces acheteurs à présent que les aubaines abondent ?

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