Utilisez-vous l'effet levier sans le savoir?

Publié le 14/06/2015 à 14:12

Utilisez-vous l'effet levier sans le savoir?

Publié le 14/06/2015 à 14:12

(Photo: Shutterstock)

C’est connu: emprunter pour investir comporte des risques, car il magnifie les pertes en cas de rendements négatifs. Pour éviter de subir ce malheureux résultat, quoi de plus naturel que d’éviter toute dette de cette nature? Pour les intéressés, un article a récemment été publié sur ce sujet sur LesAffaires.com.  


Voici un cas typique. Un couple «A» détenant une hypothèque de 150 000$ sur une maison affichant une valeur de 200 000$ désire éviter de recourir à un emprunt supplémentaire de 50 000$ que leur offre leur banque afin d’ajouter ce montant aux investissements de 80 000$ qu’ils possèdent déjà. Certes, si les marchés rapportent gros, ils manqueront cette opportunité. Ils pourront cependant dormir en paix, sachant que quoi qu’il advienne, ils ne subiront pas les désagréments de l’effet levier. Vrai?


Faux.


Établissons une comparaison avec un couple «B» similaire dont la situation financière ressemble drôlement à celle-ci. Ce couple détient le même montant total de dette, mais elle est répertoriée de façon différente. Leur hypothèque initiale sur leur maison de 200 000$ atteint seulement 100 000$. Toutefois, ils ont emprunté par la suite 50 000$ afin d’augmenter leurs investissements de 30 000$ à 80 000$. Ils se retrouvent alors avec un prêt investissement. Certes, ils ont eu recours à une hypothèque supplémentaire sur la maison, car le coût des intérêts y est moindre. Ils auraient pu emprunter en utilisant une source de financement différente, mais cela n’aurait pas été dans leur «intérêt»!


Au final, le couple «B» affiche une dette totale de 150 000$, avec des investissements de 80 000$. La seule différence provient du fait que le couple «A» ne peut pas déduire les intérêts sur une tranche de leur prêt. En effet, le couple «B» jouit d’un avantage fiscal sur le tiers de leur hypothèque, étant donné qu’il a servi à procurer du revenu de placement.


Nous nous retrouvons donc avec deux situations financières très similaires, mais celle du couple «B» s’avère supérieure. Dans les deux cas, les risques s’équivalent. Vu de cet angle, comment peut-on affirmer que le couple «A» agit avec prudence vis-à-vis le couple «B», qui décida de recourir à l’effet levier?


Considérer le portrait global plutôt que les actifs séparément

À propos de ce blogue

Patrick Thénière et Rémy Morel sont analystes financiers et propriétaires de Barrage Capital, une firme montréalaise de gestion d'actifs. www.barragecapital.com

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