Peut-on contrer les inégalités de richesse?

Publié le 08/10/2017 à 09:38

Peut-on contrer les inégalités de richesse?

Publié le 08/10/2017 à 09:38

Contrer les inégalités s'avère possible, mais il faudra collectivement founir un effort pour y arriver.


La semaine dernière, nous avions écrit au sujet du plan fiscal de l’administration Trump. On souhaite baisser l’impôt corporatif américain afin de fouetter la croissance, mais on crie à l’injustice en songeant aux personnes riches qui en bénéficieront, les accusant de ne pas payer leur juste part. Pourtant, le fameux «1%» des mieux nantis américains contribue pour près de la moitié de l'impôt fédéral de son pays.


Nous préconiserions deux solutions pour mieux équilibrer les richesses dans notre société :


- Un meilleur taux d’épargne et une prise de risque plus élevée pour l’ensemble de la population


- La création ou le maintien de la taxe à la succession


Ce billet, écrit par Bernard Mooney, explique avec ironie en quoi le simple comportement d’un ménage de la classe moyenne peut «contribuer aux inégalités» à long terme, les uns envers les autres.


Tout d’abord, soulignons que la création de richesse provient essentiellement de l’épargne, de la prise de risque ainsi que du travail acharné. Lorsqu’un entrepreneur visionnaire et persévérant décide de toujours faire prendre de plus en plus d’expansion à son entreprise, il décide de conserver ses profits passés et de les réinvestir. Il pourrait opter plutôt pour la vente immédiate de son commerce, afin de dépenser sur le champ les fruits de son accomplissement. Si tel était le cas pour la majorité des entrepreneurs talentueux, nous assisterions à peu de grands succès, comme Alimentation Couche-Tard (TOR., ATD.A) ou Richelieu Hardware (TOR., RCH).


Cependant, il n’est pas nécessaire de devenir entrepreneur: dans le billet de M. Mooney cité plus-haut, la famille Tremblay a fait le choix de simplement épargner et investir en Bourse. En procédant ainsi, elle choisit consciemment de s’accaparer une part de la grande tarte des revenus de la société. Ces revenus demeurent de nature passive, mais ils possèdent un avantage indéniable: ils peuvent croître indéfiniment, année après année.


La grande majorité des gens riches ont soit bénéficié de revenus passifs pendant longtemps, ou soit y ont investi les profits tirés de leurs accomplissements en entrepreneuriat. Donc, ils continuent d’opter pour les bons choix, jour après jour, contribuant ainsi à la poursuite de leur enrichissement.


Dire non aux revenus passifs correspond à tout laisser aux mieux nantis


Songeons aux profits d’une entreprise comme Alimentation Couche-Tard, qui sont passés de 189M$US à 1,25G$US en 10 ans. Peu importe qui achète ces actions dans le temps, le profit de la société demeure le même. Autrement dit, si la plupart des gens de la classe moyenne évitait une telle société à tout prix, ses profits se retrouveraient assurément aux mains des mieux nantis, directement ou indirectement. C’est un peu comme si l’on décidait de tout leur laisser. Par conséquent, si la grande majorité des gens possédant un quelconque moyen d’épargner se disciplinaient à acquérir des actifs productifs de revenus, les gens «riches» se retrouveraient à la longue avec une proportion plus petite de la grande tarte des revenus passifs.


Nous connaissons beaucoup d'individus ou familles gagnant de bons salaires, mais qui n’utilisent pas leurs droits de cotisation au REER, ainsi que le CELI, simplement parce qu’ils n’épargnent point. Ces outils s’avèrent formidables, puisqu’ils permettent une accumulation de richesse relativement rapide lorsque l'on part de zéro, étant donné les importantes économies d’impôts.


Selon nous, au bout de une ou deux générations, un peu plus de discipline financière chez les épargnants accomplirait des merveilles en termes de redistribution des richesses.


Une fiscalité favorisant la philanthropie


Sur le plan fiscal, nous croyons que les impôts jouent un rôle essentiel, mais nous mettrions l’emphase sur la taxe à la succession, comme celle existant aux États-Unis. Cette taxe est déclenchée au moment du décès, et prévient en partie la transmission de gros héritage. La meilleure façon d’éviter cette importante taxe américaine repose dans la philanthropie, ce qui encourage les donations aux œuvres caritatives. Il s’agit d’une taxe plus juste, car elle ne décourage pas l’entrepreneur durant ses années actives, tout en s’appliquant uniquement au moment où il n’a plus besoin de son argent (au décès).


L’administration Trump cherche malheureusement à l’éliminer. Warren Buffett a récemment exprimé son désaccord, mentionnant qu’il s’agit d’une terrible erreur. Au Canada, ce type d’impôt n’existe pas, mais pourrait être instauré en échange d’une taxation moins élevée sur le revenu, étant donné que nous sommes déjà beaucoup plus taxés qu’au sud de la frontière.


Pour conclure, nous avions omis jusqu'ici de discuter des plus démunis. Nous pensons qu'avec un taux d'épargne plus élevé, bien des gens deviendraient autosuffisants financièrement, nécessitant alors moins de services et de prestations de la part du gouvernement. Il subsisterait alors davantage de ressources pouvant être désservies auprès des gens défavorisés.


 


 Au sujet des auteurs du blogue: Patrick Thénière et Rémy Morel sont analystes financiers et propriétaires de Barrage Capital, une firme montréalaise de gestion d'actifs. www.barragecapital.com



À propos de ce blogue

Patrick Thénière et Rémy Morel sont analystes financiers et propriétaires de Barrage Capital, une firme montréalaise de gestion d'actifs. www.barragecapital.com

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