Les dirigeants méritent-ils leur salaire?


19 commentaires sur cet article.

Rédigé par investigateurs le 01-11-2011

En réponse à Olivier M. : éliminer les stock options nous ferait sauter de joie. Et c'est aux actionnaires de se rendre compte qu'ils se font flouer. Ce n'est pas l'affaire du gouvernement ou des gens en général. Malheureusement, trop de gens confient leurs épargnes à des institutions, dans lesquelles des gestionnaires sont grassement payés, alors que dans la plupart des cas, ils offrent des rendements qui sont égaux ou inférieurs au marché. Or, ces gestionnaires se foutent pas mal de voir des dirigeants se faire émettre des options payantes, car eux-mêmes bénéficient d'une rémunération qui serait difficile à justifier si elle était scrutée par les investisseurs. Quant aux impôts sur le gain en capital, attention! On oublie trop souvent qu'il s'agit d'une double imposition. Tout d'abord, la bourse constitue un véhicule qui permet l'achat et la vente de titre. Cela n'empêche pas le fait qu'il s'agit toujours d'entreprises qui sont taxées à la base(et non des jetons de casino). Donc, les entreprises paient en moyenne 35% d'impôts aux États-Unis. L'impôt sur le gain en capital est actuellement de 15%. À long terme, les prix en bourse finissent par refléter la valeur réelle d'une entreprise (parfois c'est surévalué, d'autres fois, sous-évalué, mais à long terme, c'est peu significatif). Donc, si on taxe à 15% une accumulation qui correspond à 65% (100% des profits moins 35% d'impôts à la source), nous avons un taux supplémentaire de 9,75%. Donc en tout, l'impôt sur les sociétés publiques, ''l'équivalent'' de ce que ce serait aux mains des investisseurs, est de 44,75%. Par contre, voilà ce que nous changerions : le déclenchement du gain en capital, qui se fait actuellement seulement lors de la vente, et non selon l'appréciation. Il n'est pas normal que ce soit l'investisseur qui décide ''quand'' payer l'impôt (le 15%). Buffett avait acheté des actions de Coca Cola pour Berkshire en 1987, et l'impôt sur l'appréciation du titre depuis ce jour n'est toujours pas payé aujourd'hui. Une simple loi pourrait corriger la situation.

Rédigé par Olivier M. le 01-11-2011

@ chief. Arrêtez de penser aussi qu'au Québec ou au Canada, c'est bien différent d'ailleurs. De un, on est dans une crise mondialisée. De deux, avec un endettement des ménages nettement supérieur à l'endettement privé qui existe dans d'autres pays, les problèmes au Canada sont sous-jacents et comme finalement cachés sous le tapis. C'est un peu la même chose avec la dette publique. Sur le papier, elle est peut-être moins forte qu'ailleurs (et encore, quand on comptabilise les 2 paliers de gouvernement, c'est moisn certain) mais elle est cependant visible tout autour de nous dans des infrastructures qui se décomposent, des transports publics arriérés de 20 ans sur ce qui existe en Europe, etc.

Rédigé par Olivier M. le 01-11-2011

@ chief. Si les salaires étaient aussi élevés, comme vous dites, l'endettement des ménages ne serait pas aussi important. Demandez aux gens de consommer et de se loger et vous verrez que sans 30 années de crédit sur le dos (avant, 15 ans étaient nécessaires pour payer une maison)avec 2 salaires par famille, ils ne pourront pas. Concernant l'épargne, c'est drôle que vous en parliez puisque le taux d'épargne des ménages a été précisément le plus bas dans des pays néolibéraux comme les États-Unis où la consommation et le crédit étaient rois. Dans un pays comme la France (socialiste comme certains aimeront à le qualifier avec une certaine haine), tout au moins avant que Sarko décide de copier les Américains (juste avant le déclenchement de la crise, véridique, il voulait notamment instituer des subprimes à la française pour augmenter la proportion de propriétaires), le taux d'épargne était bien plus important qu'ici...Et sans fonds de pension.

Rédigé par Olivier M. le 01-11-2011

@ investigateurs. Quelques propositions rapidement : supprimer les stock-options, limiter les salaires des dirigeants (l'écart entre le salaire des dirigeants et celui des salariés a explosé), réduire les niches fiscales qui permettent aux plus riches de ne pas payer ou payer moins d'impôts, imposition du capital (moins imposé le travail), rapatrier l'argent planqué dans les paradis fiscaux, etc.

Rédigé par chief le 01-11-2011

Ce que je trouve très fascinant c'est que la majorité des gens qui se plaignent le font à partir d'information déformé qu’ils s’approprient pour s'en servir par extrapolation déformé. Je m'explique : Olivier M se sert de chiffre Américain ou Français pour définir que nous nous appauvrissons au Québec...Incroyable! Si vous excluez les périodes officielles de récession (ou évidement les salaires baissent) et selon statistique Canada les salaires médians on augmentés de 21.5 % depuis 1993 et cela se voit par l'augmentation d'appareil électroménagers par ménages. Juste les lave-vaisselles on doublé de 30% a plus de 60%. C'est pareil pour les télévisions, cellulaires et ordinateurs. Une autre statistique c'est justement le pourcentage de tout les revenus que se partage le 1%...en 1980 le 1% s'appropriait 8% de tout les revenus puis 14% en 2007...après la récession de 2009 ce chiffre avait baissé a 11%...le même niveau qu'en 1945...c'est peu dire. Je crois que les 99% n'ont jamais été aussi Libéral qu'aujourd'hui et tout le monde veut tout et tout de suite...et c'est cela le problème. Comme vous dites si bien si les gens se disciplinaient à mettre de l'argent de côté de façon systémique au lieu d'emprunter, alors ils pourraient s'en sortir.

Rédigé par investigateurs le 31-10-2011

En réponse à Olivier m. : en gros, il s'agit simplement de réglementer davantage les institutions financières. Cependant, nous ne voyons pas en quoi cela réduirait les inégalités de richesse. La classe moyenne va continuer de s'appauvrir, même en limitant le salaire des dirigeants. Autrement dit, même si les riches actuels ne s'enrichissent pas davantage à partir de maintenant, l'écart entre les riches et les pauvres augmentera. Accroître l'intervention de l'état auprès des financières ne règlera pas le problème de la compétition des travailleurs d'ici avec ceux des pays en voie de développement.

Rédigé par Olivier M. le 31-10-2011

Petit résumé rapide sur les excès de la déréglementation : http://gaulliste-villepiniste.hautetfort.com/archive/2009/02/10/la-crise-de-l-anarchie-neoliberale.html

Rédigé par Olivier M. le 31-10-2011

Voilà quelques pistes pour réformer la finance : http://gaulliste-villepiniste.hautetfort.com/archive/2010/04/26/18-propositions-concretes-pour-reguler-la-finance.html

Rédigé par investigateurs le 31-10-2011

En réponse à Olivier M. : oui, il y a des inégalités. Là n'est pas la question. Admettons que vous représentiez les démocrates, que feriez-vous pour améliorer la situation?

Rédigé par Olivier M. le 31-10-2011

« La crise du chômage aux États-Unis est due à l’effondrement de la demande qui a suivi l’éclatement de la bulle immobilière. Ne pouvant plus contracter d’emprunts garantis par la valeur croissante de leurs logements, la classe moyenne et la classe ouvrière ne sont plus en mesure de dépenser suffisamment pour maintenir l’activité économique. Si les démocrates (ou les républicains) veulent trouver un responsable, ils devraient blâmer le niveau record des inégalités en Amérique - qui s’est traduit par une concentration au sommet sans précédent des revenus et des richesses, et par une portion congrue pour la majorité. Les preuves en sont visibles tout autour de nous. Ce n’est pas un hasard si les années 1928 et 2007 ont été celles de records historiques pour la part du revenu national allant aux 1% les plus riches. Le salaire médian est aujourd’hui 5% inférieur à ce qu’il était au début de la décennie, en tenant compte de l’inflation, tandis que les hauts salaires se portent mieux que jamais. Le logement est le principal patrimoine de la plupart des Américains et les prix de l’immobilier sont désormais 20 à 40% inférieurs à ce qu’ils étaient il y a trois ans, tandis que les principaux actifs des riches sont les actions et les obligations, dont le cours a beaucoup moins baissé. Le taux officiel de chômage est de 4,4% pour cent pour les diplômés de l’université, mais de 10% pour ceux ayant seulement un diplôme du secondaire, et près de 15% pour ceux qui ont décroché du lycée. Je ne propose pas aux démocrates de blâmer les riches pour leur réussite. La plupart ont obtenu des revenus élevés et leur patrimoine honnêtement. Et une économie dynamique requiert que les entrepreneurs soient récompensés pour un travail ardu et utile. Mais les démocrates devraient admettre que la structure économique de l’Amérique est devenue dangereusement déséquilibrée - plus déséquilibrée qu’elle ne l’a été durant les années 80 - et que c’est ce déséquilibre qui rend difficile voire impossible de faire sortir le pays de la récession. » ( Robert Reich, ancien ministre du Travail de Bill Clinton, 10 octobre 2010 - source : site internet contreinfo.info)

Rédigé par Olivier M. le 31-10-2011

@ investigateurs. La compréhension de cet article n'est pas à la portée de tout le monde mais il explique bien ce qu'est devenue la financiarisation par le biais de la titrisation : http://contreinfo.info/article.php3?id_article=3115

Rédigé par investigateurs le 31-10-2011

En réponse à Olivier M.: en ce qui concerne le pouvoir des actionnaires, nous ne croyons pas qu'il soit la cause de la baisse relative des salaires. Encore faut-il être sûr de ce que l'on entend par ce pouvoir. Personnellement, nous sommes actionnaires de plusieurs compagnies publiques, et nous trouvons que nous n'avons pas assez de poids pour faire changer les choses (les hauts salaires des dirigeants, par exemple). Nous sommes trop peu nombreux à s'intéresser à ce problème. Peut-être faisiez-vous davantage référence aux dirigeants? Quant à la mondialisation, nous croyons effectivement qu'elle soit la cause de la diminution à long terme des salaires, et nous croyons que cela va se poursuivre pendant encore bien des années. En fait, la classe moyenne devrait s'appauvrir de plus en plus, d'où l'accroissement des écarts entre riches et pauvres dans les pays développés. Est-ce un mal? Tout dépend de comment on regarde les choses. L'exploitation actuelle des Chinois permet l'apparition d'une classe moyenne en Chine. Les salaires augmentent en moyenne de 15 à 20% par an. Il y a donc un rapprochement qui se fait entre les salaires d'ici, et ceux de là-bas. Les pays développés en paient les frais, mais au profit de gens bien plus pauvres que nous. Donc, oui, c'est triste pour ce qui se passe ici, mais imaginons un instant si nous étions nés dans un pays pauvre. Peut-être qu'un jour, tous les pays seront au même niveau. À ce moment-là, les salaires augmenteront avec l'inflation un peu partout. Que peuvent faire les travailleurs d'ici pour contrer le phénomène? Il existe deux solutions : cesser complètement d'acheter des biens étrangers, ou alors, profiter du phénomène en devenant actionnaires d'entreprises (bourse ou privées). S'il nous est impossible de compétitionner contre les travailleurs étrangers, nous pouvons utiliser notre capital pour bénéficier de leur travail. Malheureusement, il est déjà trop tard pour bien des gens, qui aujourd'hui, n'ont pas un sou à investir. Ils sont forcés de travailler. Cependant, avec un travail, il est encore possible de nos jours d'économiser suffisamment (en se serrant la ceinture) pour accumuler une somme intéressante à long terme. Il faut noter que les travailleus d'ici se retrouvent devant un problème de taille : les salaires ailleurs dans le monde sont moins élevés! Donc, ils ne peuvent pas tout simplement fuir. Par conséquent, à moins de devenir propriétaire d'entreprise ou investisseur, ou encore, de s'adonner à une haute profession (artchitecte, avocat, médecin, chercheurs, ...), la seule alternative serait de changer le régime des pays développés (revenir au communisme). Aviez-vous une autre solution en tête? Si les politiciens avaient le courage de faire ce qu'il faut, que devraient-ils faire?

Rédigé par Olivier M. le 31-10-2011

@ investigateurs. Les spécialistes (ceux qui avaient prédit la crise...pas les autres) et de nombreuses personnalités politiques et de l'économie reconnaissent que les salaires n'ont pas été suffisants ces dernières décennies, érodés notamment par le pouvoir actionnarial et la concurrence due au libre-échange (délocalisations). Pour soutenir la croissance (70 % du PIB venant de la consommation), l'endettement des ménages est donc venu masquer ce fait. Aujourd'hui que l'endettement est resséré, la consommation et la croissance sont proches de zéro. Pour relancer, il faudrait donc qu'une partie des gains engendrés par la productivité, qui elle, n'a cessé de croître durant ces dernières décennies, se retrouve comme avant la vague néolibérale des années 70-80, dans les salaires et aussi les investissements plutôt que dans une finance qui est devenue nuisible à l'économie réelle. Mais les politiciens au pouvoir ne sont pas prêts de changer les choses.

Rédigé par investigateurs le 31-10-2011

En réponse à olivier m. : l'endettement ne dépend pas des salaires. On pourrait payer les employés 10 fois davantage que cela n'y changerait rien. Il existe des gens qui arrivent à ne pas s'endetter avec le salaire minimum, alors que d'autres ont recourt à la dette avec des salaires dans les 6 chiffres. Vous semblez penser que les employés en général sont sous-payés. Il y a actuellement trop de travailleurs aux États-Unis par rapport aux emplois disponibles. Comment rétablieriez-vous l'équilibre?

Rédigé par Olivier M. le 30-10-2011

@ investigateurs.La part aux employés...ce sont des hausses de salaires qui évitent l'endettement de la dernière décennie et qui permet à l'économie réelle de fonctionner.

Rédigé par cproulx le 29-10-2011

Quand je lis ce papier, je ne peux m'empêcher de penser à mon père qui nous a quitter à l'age vénérable de 82 ans il y a quelques années. Il avait une petite affaires, une dizaine d'employés. Il avait de principes bien arrêtés sur sa rémunération et celle des ses employés. D'abord et dans l'ordre, il réglait les fournisseurs, le salaires des employés et après les autres dépenses, s'il en restait, il prenait son salaire. Il me disait mon garçon, l'entreprise c'est mon fonds de retraite. Les temps on bien changé

Rédigé par YBertrand le 26-10-2011

Bonjour. Poser la question c'est d'y répondre. Cet hégémonie des 15 dernières années n'a aucun sens. Nous savions dès le départ en relations industrielles que ce qui se dessinait alors ne pourrait pas durer bien longtemps, mais il y a quand même quinze ans de cela et ce n'est pas ce que la communauté des RI pensait à l'époque. Il était clair depuis le départ que cette pratique était carrément déloyale et ne serviraient que les hauts dirigeants qui sont souvent sur 10 C.A. en plus de diriger leur boîte, une petite famille qui ne s'est pas véritablement élargie depuis. Une autre raison pour croire que la prochaine guerre sera entre les pauvres et les riches. Pour ceux dont l'histoire contemporaine intéresse, il y a un film appelé "1900" sur l'Italie des grands propriétaires agricoles qui se sont faits enfourchés par les paysants qui vivaient dans la dèche depuis des décennies. Une plage d'histoire extrêmement bien faite d'une durée de plus de 5 heures 30 minutes. Merci et bonne journée.

Rédigé par investigateurs le 25-10-2011

En réponse à Olivier M. : Et selon vous, quelle devrait être cette part des employés?

Rédigé par Olivier M. le 25-10-2011

Plus que les actionnaires, il faudrait redonner la part due aux salariés : http://www.lemonde.fr/idees/article/2011/10/24/pourquoi-les-indignes-ont-raison_1593000_3232.html

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