Pour en finir avec le sacro-saint elevator pitch

Publié le 11/08/2014 à 19:00

Pour en finir avec le sacro-saint elevator pitch

Publié le 11/08/2014 à 19:00

[Photo : Bloomberg]

Le texte qui suit est signé par Isabelle Deschamps, professeure associée en Innovation et entrepreneurship à l’École Polytechnique de Montréal.


La plupart des intervenants et des experts qui gravitent dans le domaine de l’entrepreneuriat techno sont unanimes : la clé du succès pour se démarquer est de savoir faire un bon «elevator pitch». Pour ceux qui ne sont pas familiers avec le concept, notez qu’il s’agit d’une présentation de quelques minutes résumant un modèle d’affaires, laquelle pourrait se dérouler lors d’un trajet d’ascenseur.


L’hypothèse qui sous-tend la dominance de l’elevator pitch comme méthode de promotion des start-ups est la suivante : au moment de débuter dans un domaine, la première impression est capitale, surtout dans un contexte où le temps des investisseurs en capital de risque est compté.


L’entrepreneuriat est un domaine compétitif, certes, et tous ne méritent pas de réussir. Une certaine forme d’élimination rapide des moins bons projets est possible, voire nécessaire. Ainsi, le principe d’une compétition de pitchs est alléchant, autant du point de vue de son efficacité (10 à 15 présentations en 30 minutes) que de l’atmosphère électrisante de compétition qui règne alors dans la salle.


Mais je me pose sérieusement la question suivante : doit-on faire du pitch une religion absolue, obligatoire et éliminatoire ? J’aurais tendance à répondre que non.


Une entreprise émergente, c’est bien plus qu’un entrepreneur qui est un bon communicateur avec du charisme, capable de livrer un message en captivant son auditoire. Sinon, tous les humoristes deviendraient entrepreneurs… La même chose vaut pour les chanteurs qui réussissent; ils n’ont pas tous gagné La Voix.


J’y vais donc de mon opinion personnelle sur le sujet, qui risque de ne pas faire l’unanimité. Le débat est lancé. Selon moi, au mieux, l’elevator pitch est nécessaire, voire utile, mais pas suffisant. Au pire, l’elevator pitch est inefficace, nuisible, et devrait être évité.


À propos de ce blogue

Dédié à l’écosystème de start-ups québécois, ce blogue accueille des billets rédigés par ceux qui sont dans le feu de l’action. Nouvelles technologies, capital de risque et entrepreneuriat font partie des thèmes abordés par ses contributeurs. Si vous souhaitez y contribuer, envoyez un courriel à julien.brault@tc.tc

Sur le même sujet

Le capital de risque au Québec: l'essor des fonds ultra-spécialisés

Édition du 22 Septembre 2018 | Alain McKenna

En 2018, la plupart des industries ont compris le rôle plus transformateur que perturbateur des start-up ...

Le capital-risque montréalais à la recherche de l'anti-Zuckerberg

Édition du 22 Septembre 2018 | Alain McKenna

Ce professeur qui rêve de se lancer en affaires, mais qui hésite ; ce vice-président qui a toujours les bonnes ...