Les quatre vérités de l'entrepreneuriat

Publié le 17/10/2014 à 15:28

Les quatre vérités de l'entrepreneuriat

Publié le 17/10/2014 à 15:28

[Photo : Bloomberg]

Le texte qui suit est signé par Thomas Sychterz, pdg de LaunchLeap.


C’est assez! Il faut arrêter de se mentir, et surtout de mentir aux jeunes : l’entrepreneuriat, ce n’est pas une panacée. Il est bien facile de vendre le rêve sexy d’entrepreneur à la Mark Zuckerberg, de Facebook, ou à la Richard Branson, de Virgin, mais derrière le succès d’un petit groupe de milliardaires se cachent quatre dures réalités.


1. Ce n’est pas pour tout le monde.


Stress constant, instabilité financière, recours judiciaires, manque de sommeil et vie sociale inexistante. Malheureusement, ce ne sont que certains des aspects qui font partie de ma routine actuelle. Demandez à n’importe quel entrepreneur qui est en phase de croissance dans son entreprise et il sera d’accord : il faut avoir un système nerveux assez solide. Ce dont on ne parle pas souvent, c’est le fait que la dépression chez les entrepreneurs est une réalité.


2. T’as sept milliards de « boss ».


Ça me faire rigoler quand on me dit que je suis chanceux de ne plus avoir de patron. C’est plutôt le contraire : tout le monde est ton patron quand tu te lances en affaires! Tu dois rendre des comptes à tout un chacun, car au début, tout est fragile : partenaire d’affaires qui investit et/ou s’investit, employé qui voudrait aller voir ailleurs, et surtout les clients qui ne tarderont pas à se revirer de bord. Phil Levin, CEO de Evernote, l’a bien noté : « The life of most CEOs is reporting to everyone else, at least that’s what it feels like to me and most CEOs I know. If you want to exercice power and authority over people, join the military or go into politics. Don’t be an entrepreneur. »


3. Tu deviens un vendeur 24 heures sur 24.


Tout le monde peut avoir une bonne idée et un beau prototype. Par contre, sans clients, ça ne reste que cela : un concept ou un objet bricolé. C’est là que l’entrepreneuriat ressemble un peu à de l’art. Il faut garder à l’affiche, en permanence, l’humilité et le respect, tout en restant ouvert aux opportunités de développement d’affaires. Tu n’as pas le choix d’être tout le temps on the edge, et cela n’est pas toujours évident


4. Tu vas devoir casser la glace sans arrêt.


La sauce magique, c’est le réseau. Point à la ligne. Autrement, tu surfes contre la vague. Certains entrepreneurs ne vont pas être d’accord, mais j’ai moi-même vécu cette situation. Il est pénible de monter son propre réseau en se présentant sans arrêt à des inconnus qui, souvent, n’ont pas d’intérêt dès le début. En même temps, il est délicat de s’incruster dans un réseau déjà existant quand tu es nouveau. Le pire (eh oui!), c’est que les résultats de ces démarches ne sont pas garantis et, s’il y en a, ils ne se présentent qu’à long terme et sous toutes sortes de formes différentes. 


Ceci étant dit, est-ce que je voudrais faire autre chose dans la vie? Jamais! La voie de l’entrepreneuriat est parsemée d’embûches, mais je ne peux m’imaginer vivre autrement. À vrai dire, quand tu goûtes à un peu de succès comme entrepreneur, la satisfaction est tellement forte qu’elle éclipse tout le reste.


À propos de Thomas Sychterz :



Thomas est PDG et co-fondateur de LaunchLeap, une plateforme qui permet aux entreprises d’améliorer leurs lancements de produits. En 2013, il a réussi à obtenir plus de 420 000 $ en 30 jours par l’entremise d’une campagne de crowdfunding sur Kickstarter pour le produit Wipebook.

À propos de ce blogue

Dédié à l’écosystème de start-ups québécois, ce blogue accueille des billets rédigés par ceux qui sont dans le feu de l’action. Nouvelles technologies, capital de risque et entrepreneuriat font partie des thèmes abordés par ses contributeurs. Si vous souhaitez y contribuer, envoyez un courriel à julien.brault@tc.tc

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