1 emploi sur 3 va être bientôt pris par un robot au Québec!

Publié le 20/06/2016 à 06:16

1 emploi sur 3 va être bientôt pris par un robot au Québec!

Publié le 20/06/2016 à 06:16

À l'échelle du Canada, la proportion grimpe même à 42%... Photo: DR

Au Québec, près de 36% des emplois présentent un «risque élevé» — à savoir une probabilité de 70 à 100% — d'être effectués non plus par des êtres humains, mais majoritairement par des robots intelligents «d'ici 10 à 20 ans». À l'échelle du Canada, ce pourcentage grimpe même à 42%. C'est du moins ce qui ressort d'une étude intitulée The talented Mr. Robot — The impact of automation on Canada's workforce signé par le Brookfield Institute for Innovation + Entrepreneurship issu de l'Université Ryerson à Toronto (Canada).


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Voici le Top 5 des emplois les plus exposés à ce risque au Canada :


1. Vendeur dans le commerce de détail. La probabilité est de 92%. Cela concerne actuellement 656 000 employés.


2. Adjointe administrative. La probabilité est de 96%. Cela concerne actuellement 329 000 employées.


3. Cuisinier et vendeur de restauration rapide. La probabilité est de 91%. Cela concerne actuellement 313 000 employés.


4. Caissière. La probabilité est de 97%. Cela concerne actuellement 309 000 employées.


5. Camionneur. La probabilité est de 79%. Cela concerne actuellement 262 000 employés.


Et voici a contrario le Top 5 des emplois les moins exposés à ce risque :


1. Gérant dans le commerce de détail. La probabilité est de 20%. Cela concerne actuellement 363 000 employés.


2. Infirmière. La probabilité est de 1%. Cela concerne actuellement 291 000 employés.


3. Éducatrice de garderie et enseignant au primaire. La probabilité est de 0,4%. Cela concerne actuellement 271 000 employés.


4. Assistante en garderie ou au primaire. La probabilité est de 0,7%. Cela concerne actuellement 188 000 employés.


5. Enseignant au secondaire. La probabilité est de 0,8%. Cela concerne actuellement 174 000 employés.


«Les emplois les plus exposés sont surtout ceux qui sont routiniers, administratifs et axés sur la vente ou le service. Les personnes qui les occupent actuellement sont en général peu diplômées et touchent de maigres salaires en comparaison avec les autres employés canadiens», indique Creig Lamb, l'auteur de l'étude.


Et d'ajouter : «En revanche, ceux qui risquent le moins d'être bousculés par l'arrivée des robots intelligents sont les emplois recourant peu à la technologie et beaucoup à l'avantage cognitif des humains (empathie, etc.). Des emplois qui, en général, nécessitent de nombreuses années d'étude, des dons pour résoudre les problèmes complexes et de grandes capacités pour gérer les relations interpersonnelles».


Du coup, de plus en plus de personnes vont s'orienter sans tarder vers les emplois les moins à risque d'être accaparés par les robots. Les projections effectuées par l'étude montrent que d'ici 2024 ce seront pas moins de 712 000 nouveaux emplois qui vont ainsi voir le jour au Canada dans les secteurs d'activité en question.


Autant de chiffres qui font froid dans le dos, n'est-ce pas? À présent, aimeriez-vous savoir ce qu'il en est au juste dans votre cas particulier? Oui? Vraiment? Parfait. Je vous invite alors à le découvrir par vous-mêmes, en cliquant sur ce lien : tableau interactif de la robotisation des professions. Vous y trouverez un tableau interactif indiquant l'avenir de chaque profession face à l'avènement annoncé des robots intelligents. Ni plus ni moins.


À noter de surcroît que tous ces bouleversements ne devraient pas tarder à voir le jour. M. Lamb a en effet calculé que pour 42% des emplois à «risque élevé» la technologie nécessaire pour voir les robots prendre la place des humains est d'ores et déjà là. Oui, vous avez bien lu : nul besoin d'un quelconque bond technologique pour rendre les êtres humains obsolètes dans ces fonctions-là. Un exemple frappant : vous avez sûrement déjà noté, comme moi, que des robots sont en train de prendre peu à peu la place des caissières (au supermarché, au métro, etc.).


«Comme toute prédiction, le risque d'erreur est indéniable. Cela étant, les chiffres qui ressortent de notre étude indiquent sans ambiguïté qu'il y a urgence à réfléchir collectivement à la robotisation de notre société. Car ce phénomène va avoir un impact considérable sur l'emploi, et de manière plus large sur l'économie du Canada dans un avenir plus rapproché que ce que la plupart d'entre nous imaginent», note M. Lamb, avec justesse.


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Un rendez-vous hebdomadaire sur Lesaffaires.com, dans lequel Olivier Schmouker éclaire l'actualité économique à la lumière des grands penseurs d'hier et d'aujourd'hui, quitte à renverser quelques idées reçues.


 

À propos de ce blogue

ESPRESSONOMIE est le blogue économique d'Olivier Schmouker. Sa mission : éclairer l'actualité économique à la lumière des grands penseurs d'hier et d'aujourd'hui. Ce blogue hebdomadaire présente la particularité d'être publié en alternance dans le journal Les affaires (papier/iPad) et sur Lesaffaires.com. Olivier Schmouker est chroniqueur pour Les affaires et conférencier.

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