Une relève qui avait beaucoup à prouver chez Delmar International

Publié le 16/10/2018 à 10:54

Une relève qui avait beaucoup à prouver chez Delmar International

Publié le 16/10/2018 à 10:54

Le PDG de Delmar International, Rob Cutler. (Photo: courtoisie)

Le présent article a été rédigé par Alexandre Perron, récemment diplômé au baccalauréat en commerce de l’Université McGill.


BLOGUE INVITÉ. C’est bien connu: au sein d’une entreprise familiale, le passage du flambeau à la prochaine génération est souvent difficile. Selon Robert Cutler, la solution passe par le travail acharné, l’audace et la détermination à ne rien tenir pour acquis. À titre de président-directeur général de Delmar International, une société de transport de fret international établie à Montréal et comptant près de 1 500 employés, Robert Cutler avait beaucoup à prouver à sa propre famille.


«Mon père m’avait prévenu qu’il n’allait pas me ‘donner’ l’entreprise… J’allais devoir faire en sorte de la mériter, de me l’approprier.»


Cette philosophie a permis à Delmar International de jouir de perspectives enviables, passant d’une entreprise locale à une force internationale.


Avant de prendre les rênes de Delmar, Robert Cutler a dû commencer au bas de l’échelle. Que ce soit en portant des boîtes et des colis ou en remplissant des documents à la salle de courrier, en plus d’accomplir une foule d’autres petites tâches administratives, l’aspirant dirigeant a appris les rudiments du métier. Fort de cette expérience, il a ensuite été en mesure de s’attaquer à d’importants enjeux stratégiques, principalement en matière de technologie.


«L’avènement du commerce électronique a changé la donne dans le domaine de la logistique et des chaînes d’approvisionnement. Les points de vente physiques ne sont plus ce qu’ils étaient, ils évoluent au rythme du monde dans lequel on vit. On ne sait où cette évolution nous mènera, mais elle s’opère rapidement!»


Dans son parcours le menant à la tête de Delmar, Robert Cutler a passé dix ans à titre de chef des Services d’information, où il a œuvré à la refonte des capacités technologiques de l’entreprise familiale.


«Notre secteur d’activité se prête bien aux applications technologiques… Pour ma part, la technologie et l’échange de données sont des éléments indispensables du modèle de livraison en temps opportun (le just-in-time).»


Afin de moderniser ses processus et de conserver un avantage concurrentiel, Delmar conçoit son propre logiciel à l’interne. Afin de mettre au point des systèmes exclusifs, la société de transport de fret embauche désormais beaucoup plus d’ingénieurs en logiciel qu’il y a dix ans. Bien que ce projet entraîne une hausse des frais généraux et des dépenses liées aux technologies de l’information, il permet à l’entreprise d’acquérir des compétences particulières favorisant sa capacité de mieux servir sa clientèle en constante évolution.


Après avoir rempli les fonctions de chef des Services d’information, Robert Cutler a finalement été nommé président-directeur général de l’entreprise, et il s’attaque maintenant à de nouveaux enjeux liés à l’expansion internationale de Delmar. Possédant quelque cinquante bureaux répartis dans plus de douze pays, Delmar doit sa réussite internationale à son aptitude à maintenir un équilibre culturel fort et constant sur le plan géographique, tant en ce qui a trait aux hauts dirigeants et aux partenaires de la société que du type et de la taille des entreprises ciblées.


Dans le choix des partenaires et des hauts dirigeants à l’étranger, M. Cutler insiste sur l’importance, pour tous, d’être au diapason.


«Dans le cas de tout partenariat international, il est essentiel de s’assurer de la présence de compatibilité culturelle. Nous sommes très consciencieux à cet égard, car le maintien d’un équilibre qui, souvent, est bien, bien fragile, est primordial.»


Robert Cutler est aussi conscient des enjeux environnementaux.


«C’est l’ensemble de l’industrie qui doit changer. Je suis convaincu que la prochaine génération, celle de mes fils, aura à cœur de vivre dans un environnement plus propre et d’œuvrer au sein d’entreprises qui partagent leurs valeurs.»


Après avoir relevé de nombreux défis, Robert Cutler se voit maintenant réfléchir à sa propre succession, et il s’imprègne pour cela de la philosophie de son père. À ses yeux, la troisième génération de dirigeants de Delmar ne pourra se satisfaire du statu quo, elle devra posséder la vision et la motivation nécessaires pour aller encore plus loin.


«Cette entreprise est le principal héritage familial», mentionne-t-il. «Nous n’allons pas nous contenter de la léguer à la prochaine génération si elle ne possède pas les compétences requises, ou si elle ne souhaite que la garder sans déployer d’efforts de croissance.»


À l’instar de leur père, les fils de Robert Cutler font leurs armes dans l’entreprise familiale à titre de consultants internes de Delmar, une expérience destinée à bien les préparer à surmonter les enjeux auxquels l’entreprise sera confrontée dans l’avenir.


«Mes fils devront non seulement apprendre à connaître l’entreprise actuelle, mais surtout démontrer qu’ils pourront l’amener à un autre niveau, tout en veillant à la garder saine et florissante.» 


Lien vers le podcast (en anglais seulement)


Le présent article est une transcription condensée et modifiée d’une entrevue animée par Karl Moore, professeur agrégé à l’Université McGill, dans le cadre de l’émission The CEO Series, présentée sur les ondes de CJAD 800. L’entrevue intégrale est disponible en baladodiffusion Apple.

À propos de ce blogue

Chaque semaine, Karl Moore, professeur agrégé à la Faculté de gestion Desautels de l’Université McGill, s’entretient avec des dirigeants d’entreprise de calibre mondiale au sujet de leur parcours, les dernières tendances dans le monde des affaires et l’équilibre travail-famille, notamment.

Karl Moore