Le PDG de Cineplex mise sur les «effets spéciaux» pour séduire la clientèle

Publié le 12/02/2019 à 15:20

Le PDG de Cineplex mise sur les «effets spéciaux» pour séduire la clientèle

Publié le 12/02/2019 à 15:20

Ellis Jacob, PDG de Cineplex.

Ellis Jacob, PDG de Cineplex. (Photo: courtoisie)

BLOGUE INVITÉ. Selon Ellis Jacob, PDG de Cineplex, il faut faire des essais… quitte à se tromper.


Netflix a complètement changé la donne dans le secteur du divertissement et des médias. À telle enseigne que la perspective d’exploiter des salles de cinéma a de quoi en rebuter plus d’un, du moins de prime abord. Pourtant, Ellis Jacob, chef de la direction de Cineplex, tient solidement la barre de son navire, qui vogue allègrement sur ces eaux de plus en plus tumultueuses.


Il faut dire que le capitaine en a vu d’autres. Natif de Calcutta, Ellis Jacob est arrivé au Canada à 15 ans. Il n’avait que 10$ en poche, et son seul lien avec ce pays était sa sœur nouvellement mariée. Devenu comptable agréé, il s’est retrouvé dans le secteur du divertissement tout simplement parce qu’il y a suivi son mentor. Cela dit, il était féru de cinéma depuis sa plus tendre enfance.


Il y a un monde entre le cinéma d’aujourd’hui et celui d’il y a 30 ans. Comme bon nombre d’entre nous, le dirigeant se rappelle avoir fait le pied de grue dans le froid montréalais pour entrer au cinéma. Heureusement, les choses ont changé: aujourd’hui, les halls d’entrée sont vastes, et les cinéphiles y trouvent tout ce qu’il faut pour se divertir et se restaurer.


Toutefois, c’est au cours des 10 dernières années que s’est opéré le changement sans doute le plus marquant: l’avènement du numérique. Adieu bobines et pellicules: voici venue l’ère du son plus vrai que nature et du visionnement immersif. Dernier progrès en date: la technologie 4DX, qui chatouille l’odorat des cinéphiles.


… Il faut miser sur la diversité démographique du Canada pour des raisons tant culturelles que financières


Ellis Jacob a puisé dans ses propres expériences pour améliorer et diversifier l’offre de Cineplex. De nombreux cinémas sortent des sentiers battus en proposant par exemple de l’opéra et du sport. Cette diversification attire une nouvelle clientèle. Pour sa part, Cineplex met à l’affiche des films issus des studios de production de Bollywood en pendjabi, en hindi et en tamoul. Selon le dirigeant, il faut absolument miser sur la diversité démographique du Canada pour des raisons tant culturelles que financières. Toujours soucieuse de diversifier son offre, la société a récemment lancé The Rec Room, haut lieu du divertissement où toute la famille peut se restaurer et jouer à une panoplie de jeux, des quilles aux jeux électroniques en passant par les simulateurs de course.


Le Canada est un véritable foyer d’innovation dans le monde du divertissement. Cela en étonnera sans doute quelques-uns, mais les gens du milieu viennent chercher de l’inspiration chez nous, souligne Ellis Jacob. 


Pour Cineplex, le chemin de la réussite n’a pas été un long fleuve tranquille. Ainsi, les services de garde offerts pendant les projections n’ont pas eu le succès escompté: la confiance n’était pas au rendez-vous. Quant aux jeux de quilles, ils n’ont pas séduit dans les cinémas, mais Cineplex a frappé dans le mille en reprenant le concept dans les complexes The Rec Room.


Pour Ellis Jacob, un dirigeant doit faire des erreurs; «sinon, c’est qu’il se repose sur ses lauriers». Convaincu qu’une entreprise doit toujours aller de l’avant, le gestionnaire prêche par l’exemple. En affaires, toute tentative, même ratée, est moins dommageable que l’indécision, lance-t-il. Et tout comme les entreprises, les dirigeants doivent, eux aussi, tenter de nouvelles expériences: dans cette optique, Ellis Jacob a récemment participé à une émission de télé dans laquelle un PDG se promène incognito dans son entreprise. Il est ressorti de là fier comme jamais de la société qu’il dirige et de ses formidables employés.


Alors, quelle sera la prochaine avancée dans le monde du cinéma? L’expérience de visionnement se raffine constamment, souligne Ellis Jacob. Prenons le siège D-BOX: il offre au spectateur une véritable expérience immersive en bougeant au rythme de l’action se déroulant à l’écran.


Il y a tout lieu de penser que les gens vont continuer de se déplacer pour aller voir des films en salle. «Bien sûr, les choses ont beaucoup changé dans notre secteur d’activité, mais le charme d’une sortie au cinéma, lui, est demeuré intact.»


Lien vers le podcast (en anglais seulement)


Le présent article est une transcription condensée et modifiée d’une entrevue animée par Karl Moore, professeur agrégé à l’Université McGill, dans le cadre de l’émission The CEO Series, présentée sur les ondes de CJAD. 


L’article a été rédigé en anglais en collaboration avec Pauline Sels, étudiante au baccalauréat en commerce à McGill, et traduit vers le français par Josée Forest, traductrice-réviseure. L’entrevue intégrale est disponible en baladodiffusion sur la page iTunes de l’émission The CEO Series.


 

À propos de ce blogue

Chaque semaine, Karl Moore, professeur agrégé à la Faculté de gestion Desautels de l’Université McGill, s’entretient avec des dirigeants d’entreprise de calibre mondiale au sujet de leur parcours, les dernières tendances dans le monde des affaires et l’équilibre travail-famille, notamment.

Karl Moore