Maudit plan d'affaires!

Publié le 08/08/2016 à 16:51, mis à jour le 25/09/2016 à 09:58

Maudit plan d'affaires!

Publié le 08/08/2016 à 16:51, mis à jour le 25/09/2016 à 09:58

Rédiger un plan d’affaires est comme aller chez le dentiste. Il y a plus de peur que de réelles douleurs.

Depuis que j’ai lancé Hardbacon, j’ai essayé d’aller le plus vite possible et de ne pas perdre de temps avec la paperasse. Malgré tout, la question du financement n’a pas manqué de se poser.


Aussi, la semaine dernière, j’ai mis sur la glace le développement de mon entreprise pour rédiger un plan d’affaires. Pas un Business Model Canvas qui prend cinq minutes à remplir, non non. Un bon vieux plan d’affaires. 


C’est extrêmement frustrant, mais plusieurs organismes, comme Futurpreneur et PME Montréal, exigent un plan d’affaires. Certes, beaucoup d’investisseurs en capital de risque n’exigent plus ce document fastidieux. Malgré tout, faire une ronde de financement auprès de capital-risqueurs est un processus si prenant qui contraint presque les PDG de start-ups à se retirer des opérations pendant trois à six mois.


Dans les deux cas, je trouve qu’il y a quelque chose qui cloche dans le processus de financement des start-ups, qui ne bénéficie pas même aux investisseurs. En effet, ces derniers auraient tout intérêt à ce que les entrepreneurs à qui ils accordent du financement puissent consacrer tout leur temps à bâtir leur entreprise.


Comme Futurpreneur travaille avec la BDC, j’ai décidé d’utiliser la trousse de création de plan d’affaires créée par l’organisme. Cette trousse n’est pas vraiment adapté aux start-ups: l’exemple de plan d’affaires fourni est celui d’une société manufacturière spécialisée dans les meubles.


Malgré tout, pour quelqu’un qui n’a pas de fait de MBA, et qui n’a jamais pris part à une compétition de plan d’affaires (qui sait, un prochain sport olympique?), ladite trousse est quand même utile.


J’ai donc utilisé le modèle et l’ai rempli une case à la fois, sans me laisser impressionner par l’ampleur de la tâche. Il me reste encore mes projections financières à faire, mais je suis quand même content d’être passé au travers du reste.


Tout compte fait, rédiger un plan d’affaires est comme aller chez le dentiste.


Plus d’appréhension que de réelles douleurs. Par contre, contrairement aux rendez-vous chez le dentiste, je considère qu’il faut repousser le plus possible la rédaction d’un plan d’affaires. Plus vous êtes avancés dans votre projet, moins vous insérerez de fiction dans votre plan d’affaires. En fait, si je n’avais pas eu besoin d’argent, j’aurais attendu encore quelques mois avant de le rédiger.


Malgré tout, je suis content d’avoir un document rassemblant des choses que j’ai souvent répétées de vive voix. En particulier, il y a deux parties du plan d’affaires que tous les entrepreneurs gagneraient à mettre sur papier. Peu importe leur stade de développement.


Il y a la partie sur le marché, qui m’a permis de rassembler en un document les découvertes les plus importantes que j’ai faites sur le marché du placement. Trop de fondateurs de start-ups se lancent dans un projet sans aucune étude de marché et investissent du temps et de l’argent dans un projet voué à l’échec. En effet, j’ai trop souvent rencontré des entrepreneurs dont l’idée –selon moi vouée à l’échec–, avait été tentée par de nombreuses start-ups avant eux. Or, c’est moi qui leur apprenait la nouvelle.


La deuxième partie qui m'est apparue utile est celle portant sur le plan d’action. Dans le feu de l’action, je gère à la journée sans jamais perdre mon objectif à long terme de démocratiser notre système financier. Par contre, se fixer des objectifs à court terme et moyen terme, mesurables et avec des dates butoirs, est un bon moyen d’éviter de courir comme une poule sans tête. 


En fait, le plan d’affaires en lui-même n’est pas un mauvais outil. Même que les entreprises qui sont rentables et qui évoluent dans une industrie relativement stable devraient toutes en avoir un. Le problème, c’est qu’une organisation qui tente de faire quelque chose de nouveau ne sait pas comment elle capturera la valeur qu’elle créera. Et si elle le sait, elle ne sait certainement pas combien d’argent elle ira chercher.


C’est la même chose en ce qui a trait à certains marchés en technologie, qui évoluent plus rapidement qu’on est capable de mettre à jour un plan d’affaires, ou du recrutement qui, dans mon cas, dépend fortement des gens que je rencontre et de leur motivation.


Principales réalisations:



  • Rédaction d’une première version du plan d’affaires

  • Entente d’affiliation avec Questrade 

  • Optimisation du site Web pour le SEO

  • Lancement du questionnaire pour notre palmarès des meilleurs blogues sur l’argent


 


Métriques de croissance:



  • Revenu: 0$

  • Nouveaux abonnés à l’infolettre : 140 (total: 1568, croissance hebdo: 10%)

  • Nouveaux abonnés sur Snapchat : 1 (total 90, croissance hebdo: 1%)

  • Nouveaux abonnés sur Instagram : 42 (total: 306, croissance hebdo: 16%)

  • Nouveaux J’aime sur Facebook : 92 (total: 1349, croissance hebdo: 7%)

À propos de ce blogue

DE ZÉRO À UN MILLION est le blogue de Julien Brault, qui a fondé la start-up Hardbacon en juin 2016. L’ancien journaliste de Les Affaires relate ici chaque semaine comment il transforme une idée en entreprise. Dans ce blogue, Julien Brault dévoile notamment chaque semaine ses revenus. Une démarche sans précédent qui est cohérente avec les aspirations de Hardbacon, qui vise à aider les gens à investir intelligemment en faisant voler en éclat le tabou de l’argent. Ce blogue sera ainsi alimenté jusqu’à ce que Hardbacon, qui n’avait aucun revenu lors de la publication du premier billet, génère un million de dollars en revenu annuel.

Julien Brault

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