Lightspeed lance un «Shopify killer»

Publié le 09/03/2016 à 09:13

Lightspeed lance un «Shopify killer»

Publié le 09/03/2016 à 09:13

Le détaillant de t-shirts montréalais Poches & Fils fait partie des premiers détaillants québécois à avoir bâti une boutique en ligne avec Lightspeed eCom. [Photo : courtoisie]

C’était écrit dans le ciel que les deux coqueluches des technos canadiennes finiraient par se marcher sur les pieds. Quelques semaines après l’inauguration des nouveaux bureaux de Shopify à Montréal, voici que Lightspeed lance ce matin Lightspeed eCom. La nouvelle plateforme de création de boutiques en ligne, issue de l’acquisition de la Hollandaise SEOshop en 2015, s’adresse en effet au même marché que Shopify.


«Nous nous attendons à devenir un vrai joueur dans le créneau du commerce en ligne et à ce que notre plateforme soit adoptée par des détaillants qui n’ont pas de boutiques physiques», lance le pdg de Lightspeed, Dax Dasilva, qui a interrompu ses vacances en Israël pour répondre à mes questions. Il fait valoir que la précédente plateforme de commerce en ligne de Lightspeed était beaucoup moins complète, puisqu'elle était avant tout une offre complémentaire destinée à ses clients utilisant déjà son logiciel en ligne de point de vente, la vache à lait de l’entreprise montréalaise.


Avec un forfait de base coûtant 51$ US par mois, Lightspeed eCom se positionne comme une solution plus coûteuse que ses principaux concurrents nord-américains. Notamment, le forfait le moins cher de Shopify coûte à peine 9$ par mois, et celui de Bigcommerce, 29 $ US par mois. C’est du reste un positionnement similaire à celui que la Montréalaise occupe avec son système de point de vente, qui vise les détaillants ayant un inventaire relativement étendu et plusieurs points de vente, laissant aux joueurs comme Square et Shopify les micros-commerces.


Pour justifier le prix supérieur de sa plateforme, Dax Dasilva explique qu’elle est assez puissante pour accompagner un détaillant local partout dans le monde. Or, selon Dax Dasilva, ses concurrents nord-américains ont avant tout été conçus pour des détaillants faisant affaire au Canada et aux États-Unis : «Parce qu’elle a été développée en Europe, notre plateforme a été conçue dès le début pour supporter plusieurs langues et plusieurs devises, lance Dax Dasilva. Je pense que les détaillants qui prennent de l’expansion avec d’autres plateformes pourraient atteindre leurs limites.»


En effet, l’un des irritants de Shopify au Québec est que la plateforme n’est pas optimisée pour les boutiques bilingues, cette dernière étant avant tout conçue pour les sites unilingues, qu’ils soient anglophones ou francophones. Lightspeed eCom, qui supporte 14 langues, pourrait ainsi avoir un avantage au Québec, où avoir une boutique entièrement bilingue est tout sauf un luxe. 


En marchant dans les plates-bandes de Shopify et cie, Dax Dasilva ne croit pas qu’il incitera ces derniers à se lancer sérieusement dans les systèmes de point de vente. «Je pense que les joueurs dans le domaine du commerce en ligne sont trop occupés à se concurrencer les uns les autres, car c’est un marché énorme», lance Dax Dasilva.


Du côté de Shopify, du moins, il semble que Dax Dasilva ait raison. Tobias Lütke, le pdg de Shopify, m’avait d’ailleurs confié en entrevue que les systèmes de point de vente n’étaient rien de plus qu’un «passe-temps» pour Shopify, et qu’il n’avait pas l'intention de faire l’acquisition d’un concurrent de Lightspeed. Malgré tout, alors que Shopify a décidé d’embaucher quelque 150 employés à Montréal, gageons que ce n’est pas la dernière fois que les deux joueurs se marcheront sur les pieds.


Si vous avez aimé ce billet de blogue, suivez-moi sur Facebook et sur Linkedin.

À propos de ce blogue

DE ZÉRO À UN MILLION est le blogue de Julien Brault, qui a fondé la start-up Hardbacon en juin 2016. L’ancien journaliste de Les Affaires relate ici chaque semaine comment il transforme une idée en entreprise. Dans ce blogue, Julien Brault dévoile notamment chaque semaine ses revenus. Une démarche sans précédent qui est cohérente avec les aspirations de Hardbacon, qui vise à aider les gens à investir intelligemment en faisant voler en éclat le tabou de l’argent. Ce blogue sera ainsi alimenté jusqu’à ce que Hardbacon, qui n’avait aucun revenu lors de la publication du premier billet, génère un million de dollars en revenu annuel.

Julien Brault

Sur le même sujet

La course contre la montre de Phazon

Édition du 10 Décembre 2016 | Matthieu Charest

En apparence, l'histoire de Phazon et de son président fondateur, Christian Houle, a de quoi faire rêver. Mais...

Start-ups: condamnées à la rentabilité... ou à périr en 2016

30/12/2015 | Julien Brault

BLOGUE. La patiente, Mme Silicon Valley, est affligée de tous les symptômes associées à une bulle techno qui s'essoufle.

Blogues similaires

Bonne croissance de l'emploi, mais où sont les salaires ?

Édition du 17 Juin 2017 | René Vézina

CHRONIQUE. Si on se fie aux données de Statistique Canada, le marché de l'emploi a fleuri en mai au Canada...

FailCamp: vaut-il mieux être un has-been qu'un never been?

BLOGUE. Être un has-been est-ce mieux, ou moins pire, qu'être un never been? Et autres réflexions sur l'échec.

Les 6 trucs de Dan Ariely pour être (enfin) efficace au travail

Mis à jour le 19/06/2017 | Olivier Schmouker

BLOGUE. Votre regard sur les courriels va changer à tout jamais. Entre autres...