La Montréalaise Sharethebus obtient un financement de 1,5 million

Publié le 18/02/2016 à 11:59

La Montréalaise Sharethebus obtient un financement de 1,5 million

Publié le 18/02/2016 à 11:59

De gauche à droite, Kyle Boulay et Wolf Pierre Kohlberg, les deux co-fondateurs de Sharethebus. [Photo : courtoisie]

La première fois que j’ai rencontré Wolf Pierre Kohlberg, en 2013, son idée n’en était qu’une parmi tant d’autres à l’occasion d’un Startup Weekend. Depuis lors, chaque fois que nos chemins se croisent, Sharethebus, une sorte d’Eventbrite de la réservation d’autocars nolisés (loués avec le chauffeur), semble avoir décuplé en envergure.


Après avoir complété le programme de FounderFuel au printemps 2015, la jeune start-up a gagné le grand prix de Startup Fest en juillet avec 100 000$ à la clef. Aujourd’hui, la jeune entreprise, qui est en train de compléter le programme du prestigieux accélérateur californien Y Combinaor, annonce la clôture d’une ronde d’amorçage de 1,5 million. La ronde a été dirigée par Real Ventures, avec la participation d’autres investisseurs incluant Ian Jeffrey, l’ancien directeur général de FounderFuel passé chez PasswordBox/Intel.


«Le marché des autobus nolisés en est un de 15 milliards, mais notre vision, c’est de rendre le processus de noliser un autobus tellement facile que ça va être utilisé par beaucoup plus de gens », lance Wolf Pierre Kohlberg, qui m’a accordé une entrevue au téléphone à partir de Mountain View.


L’idée initiale de Wolf Pierre Kohlberg était de permettre aux consommateurs souhaitant se rendre à une conférence ou un festival de noliser un autocar avec leurs amis. Grâce à Sharethebus, ces derniers peuvent lancer une page de réservation en ligne et l’autobus ne sera nolisé que si un nombre suffisant de passagers réservent leurs billets. Comme l’app d’Uber, celle de Sharethebus permet aussi aux passagers d’afficher la géolocalisation de leur autocar au point de départ.


Or, si les consommateurs peuvent toujours procéder ainsi, Sharethebus vise désormais avant tout les organisateurs d’événements et de voyages. Notant que les entreprises d’autocars nolisés sont souvent de petites entreprises familiales pratiquement absentes du Web, Wolf Pierre Kohlberg pense être capable d’imposer Sharethebus comme le standard de l’industrie.


Forte de 18 employés, la start-up montréalaise a facilité l’organisation de 1000 trajets d’autocar ayant déplacé quelque 50 000 passagers. Wolf Pierre Kohlberg considère du reste que ce n’est qu’un début. Après avoir appris les bases de l’univers du capital de risque et des start-ups en Amérique du Nord avec FounderFuel, il estime que Y Combinator lui permet de passer à l’étape suivante. « Y Combinator nous a permis de penser plus grand et plus global, lance l’entrepreneur. Je dirais que leur programme est moins structuré que celui de FounderFuel, mais sa force est dans le réseau de start-ups qui ont passé par le programme, comme Airbnb et Stripe, et dans l’accès à leur expertise. »


Originaire de l’Allemagne, Wolf Pierre Kohlberg lorgne déjà du côté de l’Europe, où il organisait des voyages en autocars pour les fans de soccer à l’âge de 16 ans. Aussi, il va sans dire que, si tout va bien, ce financement de 1,5 million n’est qu’une première étape. Après tout, l’un des avantages les plus importants d’être accepté dans Y Combinator est de pouvoir présenter lors de son Demo Day, qui réunit les plus grands investisseurs en capital de risque du monde. Pour Sharethebus, c’est le 22 mars prochain que ça se passe. Leur défi sera ainsi d’expliquer à des multimillionnaires ce qu’est un voyage en autocar.


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À propos de ce blogue

DE ZÉRO À UN MILLION est le blogue de Julien Brault, qui a fondé la start-up Hardbacon en juin 2016. L’ancien journaliste de Les Affaires relate ici chaque semaine comment il transforme une idée en entreprise. Dans ce blogue, Julien Brault dévoile notamment chaque semaine ses revenus. Une démarche sans précédent qui est cohérente avec les aspirations de Hardbacon, qui vise à aider les gens à investir intelligemment en faisant voler en éclat le tabou de l’argent. Ce blogue sera ainsi alimenté jusqu’à ce que Hardbacon, qui n’avait aucun revenu lors de la publication du premier billet, génère un million de dollars en revenu annuel.

Julien Brault

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