La loi 101, un fardeau pour les start-ups québécoises?

Publié le 30/01/2014 à 14:19, mis à jour le 30/01/2014 à 14:53

La loi 101, un fardeau pour les start-ups québécoises?

Publié le 30/01/2014 à 14:19, mis à jour le 30/01/2014 à 14:53

[Photo : Bloomberg]

Le site de nouvelles technos Mashable vient de sortir une primeur que je n’aurais jamais pu dénicher moi-même à propos de l’écosystème de start-ups québécois.


Sa journaliste Rebecca Hiscott vient de publier un article dans lequel elle affirme que les lois linguistiques québécoises sont un fardeau pour les start-ups d’ici. « Ce chamaillage légal autour du bilinguisme continu à empêcher le Québec de devenir vraiment compétitif dans le monde des technologies, malgré ses généreux crédits d’impôt », conclut son article [ma traduction].


Or, à l’heure actuelle, seules les entreprises comptant 50 employés ou plus sont tenues de se soumettre aux exigences de la loi 101 en matière de langue de travail. Or, aucune des start-ups montréalaises évoquées dans l’article de Mashable n’a plus que 50 employés, qu’il s’agisse d’Execution Labs, de Provender ou de 5by qui, avant son acquisition par StumbleUpon, n’avait que six employés.


Même si le projet de loi 14, visant à renforcer la loi 101, n’avait pas été abandonné en novembre, les entreprises de moins de 26 employés n’auraient pas été affectées. Or, au Québec, les start-ups comptant plus de 25 employés ne sont pas nombreuses.


Je fréquente assidûment les événements technos à Montréal, où l’anglais est omniprésent. J’y ai entendu plusieurs récriminations, notamment sur l’imposition sur les gains en capitaux, mais aucun entrepreneur ou investisseur ne m’a jamais confié que les lois linguistiques le préoccupaient.


Si on peut débattre de l’utilité des lois linguistiques québécoises, avancer que ces lois ont un impact sur les start-ups québécoises n’est ni plus ni moins que loufoque.


D’ailleurs, je doute que les quelques start-ups dépassant le cap des 50 employés ne se sentent pas capable de se conformer à loi québécoise. Après tout, les fondateurs de start-ups s’attaquent à des problèmes beaucoup plus complexes et leurs développeurs ne redoutent pas d’apprendre de nouveaux langages de programmation. 


Qui plus est, la culture des start-ups est tournée vers le monde et il n’est pas rare de voir de petites boîtes traduire leur application dans de nombreuses langues. La Montréalaise BusBud, par exemple, a traduit son application dans 10 langues et elle ne compte pas 50 employés.


Bref, si une start-up de plus de 50 employés n’est pas en mesure de se conformer à la loi 101, je doute fort qu’elle puisse conquérir le monde ou ne serait-ce que fournir un rendement à ses investisseurs.

À propos de ce blogue

DE ZÉRO À UN MILLION est le blogue de Julien Brault, qui a fondé la start-up Hardbacon en juin 2016. L’ancien journaliste de Les Affaires relate ici chaque semaine comment il transforme une idée en entreprise. Dans ce blogue, Julien Brault dévoile notamment chaque semaine ses revenus. Une démarche sans précédent qui est cohérente avec les aspirations de Hardbacon, qui vise à aider les gens à investir intelligemment en faisant voler en éclat le tabou de l’argent. Ce blogue sera ainsi alimenté jusqu’à ce que Hardbacon, qui n’avait aucun revenu lors de la publication du premier billet, génère un million de dollars en revenu annuel.

Julien Brault

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