Ce que je gagne en perdant à des concours d'entrepreneuriat

Publié le 01/11/2016 à 07:00, mis à jour le 01/11/2016 à 21:34

Ce que je gagne en perdant à des concours d'entrepreneuriat

Publié le 01/11/2016 à 07:00, mis à jour le 01/11/2016 à 21:34

L'équipe Bacon Portfolio Builder, au Coopérathon de Desjardins. De gauche à droite, Étienne Lacasse, Brandon Cho, Julien Brault, Wiktoria Swiecicka et Francis Beauchamp. [Photo: David Rowley]

BLOGUE. Depuis que j’ai lancé Hardbacon, je ne compte plus les concours que j’ai perdus. Cette semaine seulement, j’ai appris que Hardbacon ne faisait pas partie des 25 start-ups sélectionnées dans le cadre du concours Adopte Inc. Et pas plus tard que dimanche soir, j’ai aussi appris que mon équipe, baptisée Bacon Portfolio Builder, ne faisait pas partie des quatre finalistes dans le volet fintech du Coopérathon de Desjardins. C’était une déception, puisqu’avec seulement 11 participants ayant effectué des présentations, nos chances d’être finalistes étaient théoriquement de près d'une sur deux. Et, contrairement à la plupart des équipes, nous avions un prototype qui, sans être tout à fait fini, était fonctionnel.


J’étais un peu étonné de ne pas faire partie des finalistes, mais j’étais très heureux de l’expérience. Après tout, je ne m’étais pas inscrit au Coopérathon pour gagner, mais pour développer un projet que j’avais à coeur, et qui est aligné avec la mission de Hardbacon. L’événement m’a aussi permis de faire la connaissance de deux développeurs de talent qui ne font pas partie de l’équipe de Hardbacon, et sans qui nous ne serions pas parvenus à livrer un prototype dans les temps.


Par contre, ce n’est pas tout le monde qui réagit aussi bien que moi aux échecs successifs. La question du «pourquoi on n’a pas gagné à tel ou tel concours» a souvent surgi chez Hardbacon, et je n’avais jamais de réponse convaincante.


Ayant été de l’autre côté de la clôture en tant que jury dans des concours d’entrepreneuriat, je sais que ça dépend beaucoup des jurys, et de la dynamique qui s’installe entre eux. Il est rare que tout le monde s’entende du premier coup sur un verdict. Et comme les jurys n’ont pas envie de se crêper le chignon ou de manquer l’heure du cocktail pour discuter davantage, il n’est pas rare que, faute de consensus, le grand gagnant soit le 2e ou le 3e choix de tous les membres. 


Je n’écris pas ça pour décrier la situation, mais pour illustrer ce qu’un concours d’entrepreneuriat est: un processus par lequel on décerne, selon des critères éminemment subjectifs, des prix et de la visibilité à un grand nombre d’entrepreneurs ayant du potentiel.


Bref, gagner des concours ou pas, ce n’est pas ce qui importe. La seule chose que doit gagner une entreprise est le coeur de ses clients. C’est la rétroaction de ses clients et de ses utilisateurs qu’un entrepreneur doit écouter, pas celle des jurys de différents concours. Après tout, j’ai fait partie de ces jurys avant d’avoir lancé Hardbacon et, donc, sans aucune expérience en entrepreneuriat technologique.


Tout ça pour dire que toutes les rétroactions n’ont pas la même valeur, et que, quand on se lance en affaires, on se rend vite compte qu’on va tourner en rond si on tient compte de toutes les bonnes idées et de toutes les critiques qu’on entend. Cette semaine, j’ai justement obtenu deux rétroactions d’une grande valeur.


La première rétroaction prenait la forme d’un versement bancaire de 2100$ provenant d’un robot-conseiller à qui on a référé des clients. La rétroaction venant avec un chèque est rarement fausse, car il est rare que les gens nous fassent des chèques pour nos beaux yeux, quoique ça puisse arriver.


La deuxième rétroaction prenait la forme d’un rapport sur l’expérience utilisateur du site Web de Hardbacon, réalisé par les étudiants de HEC Montréal Marie-Laure Di Fabio, Ali Douhayni, Marc-Antoine Jutras et Hugo Marchiani.


J’ai appris plein de choses en lisant ce rapport. Il y avait plusieurs problèmes qu’on connaissait, mais qu’on n’avait pas eu le temps de régler, et d’autres dont on ne soupçonnait pas l’existence. Et si cette rétroaction a de la valeur, c’est parce que le rapport était basé sur le comportement de jeunes faisant partie de notre public cible, qui ont été amenés à utiliser le site Web de Hardbacon.


Notamment, seulement 70% des utilisateurs, lors du test, ont dit souhaiter s’abonner à notre infolettre, malgré le fait que 70% ont déclaré qu’ils trouvaient le contenu d’Hardbacon utile. De manière évidente, on explique mal les avantages de l'abonnement à notre infolettre. Pire encore, 38% des utilisateurs testés ne comprenaient pas la mission de Hardbacon, un pourcentage peu enviable. En d’autres mots, Hardbacon perd probablement à jamais 38% de ses visiteurs, puisque nos chances de revoir un internaute qui ne sait même pas ce qu’on fait ne doivent pas être élevées.


Bref, ce sont ces rétroactions qui vont nous occuper durant les prochaines semaines chez Hardbacon. Et, oui, je vais continuer à participer à des concours. On sait jamais. On va peut-être finir par être le compromis d’un jury. :)


Principales réalisations:



Mesures de croissance:



  • Revenu: 2100$ (total: 3650$, croissance: 135%)

  • Nouveaux abonnés à l’infolettre : 39 (total: 2779, croissance: 1%) 

  • Nouveaux abonnés sur Snapchat : 2 (total 139, croissance: 1%)

  • Nouveaux abonnés sur Instagram : 169 (total: 939, croissance: 22%)

  • Nouveaux J’aime sur Facebook : 43 (total: 1980, croissance:2%)

À propos de ce blogue

DE ZÉRO À UN MILLION est le blogue de Julien Brault, qui a fondé la start-up Hardbacon en juin 2016. L’ancien journaliste de Les Affaires relate ici chaque semaine comment il transforme une idée en entreprise. Dans ce blogue, Julien Brault dévoile notamment chaque semaine ses revenus. Une démarche sans précédent qui est cohérente avec les aspirations de Hardbacon, qui vise à aider les gens à investir intelligemment en faisant voler en éclat le tabou de l’argent. Ce blogue sera ainsi alimenté jusqu’à ce que Hardbacon, qui n’avait aucun revenu lors de la publication du premier billet, génère un million de dollars en revenu annuel.

Julien Brault

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