Défi Start-up 7 ou pourquoi le Québec devrait se mettre en mode start-up

Publié le 09/09/2015 à 08:10

Défi Start-up 7 ou pourquoi le Québec devrait se mettre en mode start-up

Publié le 09/09/2015 à 08:10

On pourrait faire la démonstration que le premier magasin de David’s Tea était une start-up.

Dans un contexte où l’accélération de l’innovation réduit le cycle de vie des entreprises, le Québec ne peut pas se permettre de laisser passer la parade des start-ups. Certes, il y a déjà un bel écosystème de start-ups à Montréal, mais ce n’est pas assez. C’est tous les Québécois devraient se mettre en mode start-up et à expérimenter, à apprendre et à innover, comme le font les fondateurs de start-ups.


C’est qu’une start-up n’est pas seulement une entreprise qui en est ses débuts, mais une organisation conçue pour innover ET pour introduire cette innovation au plus grand nombre. En ce sens, le nouveau café du coin de la rue n’est pas une start-up (même si son latté à la citrouille et à l’aubergine est innovateur), mais on pourrait faire la démonstration que le premier magasin de David’s Tea l’était.


Je ne pense pas que tous ceux qui lisent ce billet devraient immédiatement envoyer paître leur patron et lancer une application mobile. Dans les faits, ceux qui rêvent de se lancer en affaires devraient plutôt s’affairer à trouver un problème et tester des solutions pour le régler avant de quitter leur emploi. Et la solution n’a pas besoin de prendre la forme d’une application mobile, bien au contraire.


C’est pour offrir un point de départ à ces aspirants entrepreneurs, qui ont des idées et de la motivation, mais qui ne savent pas par où commencer que nous avons décidé de lancer le Défi Start-up 7. L’idée n’est d’ailleurs pas la mienne, mais celle de Sylvain Danjou, un lecteur de Québec qui avait suivi mon aventure sur Facebook lorsque j’ai relevé le défi afin d’écrire Lancer une start-up en 7 jours avec 700 $, le reportage que j’ai publié dans la plus récente édition du journal Les Affaires.


Ce ne sont pas tous les Québécois qui aspirent à lancer leur boîte, mais on parle néanmoins d’une proportion substantielle. En effet, 20,1 % des Québécois ont l’intention de se lancer en affaires, un pourcentage qui monte à 36,6 % chez les 18-34 ans, selon l'Indice entrepreneurial québécois 2015. Si vous faites partie de ce pourcentage de la population, je vous invite à prendre congé du 2 au 8 novembre, à vous inscrire au Défi Start-up 7 avant le 4 octobre, et à bâtir avec nous votre start-up durant cette semaine-là.


Vous pourriez notamment gagner un crédit publicitaire sur LesAffaires.com d'une valeur de 10 000 $ et un abonnement de 3 mois à l'espace collaboratif La Gare, mais ces prix sont négligeables en comparaison de celui que vous devriez viser : créer une entreprise pérenne qui, un jour, devrait pouvoir continuer ses activités sans vous.


Pour parvenir à la première étape, soit à lancer une première version de votre produit et jauger l’intérêt de vos clients, vous n’aurez pas besoin de savoir comment programmer, designer ou préparer des états financiers, mais seulement d’avoir l’esprit ouvert et de lire mon livre numérique, à paraître le 29 octobre, intitulé Comment lancer une start-up en 7 jours avec moins de 700 $. En attendant, n’hésitez pas à lire Lean Startup d’Eric Ries ; c’est un livre qui en vaut la peine.


Pour les intrapreneurs


Ceux qui n’aspirent pas à bâtir leur propre entreprise ont eux aussi tout avantage à se mettre en mode start-up. Ils peuvent le faire en convainquant leur employeur de lancer un projet à l’interne à l’abri de la structure corporative ou encore en s’efforçant d’innover dans le cadre de leurs fonctions, en adoptant des façons de faire propres aux start-ups.


Pourquoi est-ce si important d’être en mode start-up même si on n’a pas l’ambition de lancer son entreprise ? Parce que, à défaut d’innover, votre entreprise pourrait très bien disparaître demain matin. Parlez-en aux anciens employés de Kodak, l’ancien mastodonte des appareil photos qui a disparu faute d’avoir misé sur la photographie numérique ou à ceux de la Mine Jeffrey, à Asbestos, l’ancienne reine de l’amiante, qui a manqué le virage des isolants en fibre de verre (qui ne donnent pas le cancer).


La Mine Jeffrey, autrefois l’un des plus importants producteurs d’amiante dans le monde, a cessé ses activités en 2012, faute d’avoir misé sur une alternative non cancérigène à son produit. [Photo : Bloomberg]


J’espère que ceux qui s’identifient au deuxième groupe seront nombreux à participer au Défi Start-up 7. Si c’est votre cas, je vous invite à aller voir votre patron dès maintenant, à lui demander de vous libérer de vos tâches du 2 au 8 novembre et de vous attribuer un compte de dépense de 700 $ (ou moins) pour tester une ou des idées durant cette semaine-là. S’il refuse, insistez jusqu’à ce qu’il change d’idée. Une fois que vous avez son approbation, inscrivez-vous!


Après tout, c’est une proposition difficile à refuser pour un employeur, puisque le pire qui puisse résulter d’une participation au Défi Start-up 7 est une perte sèche de 700$. Au contraire, si l’expérience s’avère fructueuse et que l’employeur finit par rapatrier le projet (qu’il gagne ou non l’un des prix du Défi), les bénéfices sont pratiquement infinis. Parlez-en à IAC, la maison mère du site de rencontres Match.com, qui a permis à Tinder d’être développé indépendamment de sa structure corporative au sein de son incubateur. Le projet, qui coupe l’herbe sous le pied de Match.com, aurait aujourd’hui une valeur d’entre 1,35 et 3 milliards de dollars US. 


Dans les faits, un récent sondage réalisé par Accenture pour le compte du G20 Young Entrepreneurs’ Alliance révèle que 34% des grandes entreprises du G20 ont mis en place des incubateurs corporatifs et que 9 % de leurs revenus étaient liés à des activités d'innovations menées en collaboration avec des start-ups et des entrepreneurs. Bref, si le Québec Inc. ne se met pas en mode start-up, l'économie du Québec risque d'en pâtir... à moins que nos grandes entreprises viennent à être remplacées par un nouveau Québec Inc. composé de start-ups québécoises qui ont grandies.

À propos de ce blogue

DE ZÉRO À UN MILLION est le blogue de Julien Brault, qui a fondé la start-up Hardbacon en juin 2016. L’ancien journaliste de Les Affaires relate ici chaque semaine comment il transforme une idée en entreprise. Dans ce blogue, Julien Brault dévoile notamment chaque semaine ses revenus. Une démarche sans précédent qui est cohérente avec les aspirations de Hardbacon, qui vise à aider les gens à investir intelligemment en faisant voler en éclat le tabou de l’argent. Ce blogue sera ainsi alimenté jusqu’à ce que Hardbacon, qui n’avait aucun revenu lors de la publication du premier billet, génère un million de dollars en revenu annuel.

Julien Brault

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