Comment éviter à ma start-up de finir en poule pas de tête

Publié le 31/01/2017 à 14:45

Comment éviter à ma start-up de finir en poule pas de tête

Publié le 31/01/2017 à 14:45

La semaine dernière, une personne qui lisait mon blogue à l’occasion m’a confié qu’elle venait d’apprendre que Hardbacon développait une application d’investissement boursier. Elle croyait qu’Hardbacon était une boîte de consultation pour les start-ups. Je connaissais le problème, mais c’était une preuve de plus qu’il y avait du travail à faire pour m’assurer que la mission d’Hardbacon soit claire pour tout le monde.


Ça fait un bout de temps que je suis conscient du problème, mais je me suis rendu compte que lancer une campagne de sociofinancement avant de réaliser une refonte de notre site Web pourrait nous nuire. C’est un problème d’autant plus criant que même ceux qui savent ce que fait Hardbacon ne savent pas qui nous sommes vraiment.


Parce qu’on publie des articles sur l’investissement et les finances personnelles, certains pensent qu’on est un média sur les finances personnelles, bref, une sorte de concurrent de Les Affaires visant une clientèle plus jeune. Rien n’est plus faux. Nous n’affichons aucune publicité sur notre site Web, et même si on le faisait, je ne suis pas assez fou pour me lancer dans l’industrie des médias. Si vous ne le saviez pas, il s’agit d’une industrie en déclin.


Puisque Hardbacon a des comparateurs de services financiers, d’autres pensent que nous sommes un site de comparaison de services financiers. C’est un peu moins faux, car on monétise nos comparateurs avec des ententes de référencement de clients, mais en réalité, cette dimension de nos activités est appelée à devenir marginale chez Hardbacon.


Le risque, alors qu’on s’apprête à lancer une campagne Ulule pour financer des cours sur l’investissement, c’est qu’on rende les choses encore plus confuses. Surtout que, comme je l’avais expliqué la semaine dernière, on s’apprête à faire beaucoup de bruit sur les médias sociaux avec cette campagne. Plein de gens découvriront pour la première fois Hardbacon et ils risquent d’aller voir notre site Web pour en savoir plus.


Bref, si nous ne parvenons pas à lancer la nouvelle version de notre site Web avant le début de notre campagne, le 9 février prochain, on risque de laisser passer une occasion en or de se faire connaître en tant qu’entreprise techno offrant une application mobile d’investissement boursier. 


Mission claire


Hardbacon fait plein de choses avec des très peu de ressources, mais ça ne fait pas de nous une poule pas de tête qui court partout. Pourquoi? Parce qu’une entreprise n’est pas définie par ce qu’elle fait, mais par sa mission.


Et notre mission est extrêmement claire depuis le début: faire en sorte que tous les habitants de la planète puissent investir en Bourse comme ils l’entendent. Le but, c’est que tout le monde puisse avoir une voix dans le système capitaliste, tout en faisant fructifier leur argent, peu importe le solde de leur compte de banque.


Pour accomplir cette mission, il y a beaucoup d’éducation à faire, d’où les cours et les articles. Il y a aussi l’enjeu de s’assurer que les gens qui commencent à investir avec un capital limité puissent y parvenir sans se faire brûler par les frais, d’où les comparateurs que nous avons bâtis.


Par contre, nous pensons que là où nous pourrons avoir le plus d’impact, c’est en lançant notre application mobile qui rendra l’investissement boursier plus simple que jamais, notamment en analysant le portefeuille boursier des utilisateurs, en leur donnant l’heure juste quant aux frais qu’ils payent et en les aidant à prendre de bonnes décisions. 


Simple à l’extérieur, compliqué sous le capot


Je ne suis pas sûr qu’on sera capable de lancer la refonte de notre site avant le 9 février, mais j’ai résolu le dilemme du positionnement de Hardbacon. On pourrait tenter de mettre de l’avant tout ce qu’on fait, mais ce serait une erreur. On sèmerait la confusion. 


L’autre option serait de mettre de l’avant notre mission avant de parler de ce qu’on fait, mais j’ai un doute sur cette approche. Ce n’est pas une formule gagnante. Personnellement, si je vais sur le site Web d’une entreprise que je ne connais pas, et que j’y apprends que l’entreprise a pour mission de rendre le monde plus ouvert et connecté, je vais me méfier. Est-ce une secte? Pourquoi l’entreprise ne dit pas ce qu’elle fait? 


En fait, il s’agit de la mission de Facebook. Cela dit, le réseau social ne l’affiche pas sur sa page d’accueil. Si vous vous rendez sur la page d’accueil de Facebook (que vous pouvez voir lorsque vous n’êtes pas connecté au réseau social), vous allez voir «Facebook vous permet de rester en contact avec les personnes qui comptent dans votre vie». Bref, ce n’est pas une mission, mais une description du principal produit de l’entreprise. 


Aussi, la page d’accueil de la nouvelle version du site Web de Hardbacon va d’abord décrire l’application mobile que nous allons lancer, et non pas énumérer dès le début tout ce que nous faisons. Ça va être quelque chose comme: «Notre application mobile vous permettra d’investir à la Bourse facilement et intelligemment.» 


Je sais que ça va fonctionner, car je l’ai testé dans les événements de réseautage. Pendant longtemps, j’essayais d’expliquer aux gens tout ce que faisait Hardbacon, et plein de gens avaient du mal à comprendre. Même quand ils feignaient de comprendre, je me rendais compte plus tard qu’ils n’avaient pas compris. Depuis que j’explique aux gens que Hardbacon travaille sur une application mobile qui va leur permettre d’investir à la Bourse simplement, le message passe.


Maintenant que je vous ai dit que je faisais une chose simple, je vais aller faire les mille et une choses qui sont nécessaires pour que cette chose simple voie le jour.


Principales réalisations:



  • Rencontre exploratoire avec un potentiel fournisseur de données

  • Montage de la vidéo pour notre campagne sur Ulule

  • Rédaction du communiqué de presse pour notre campagne de sociofinancement

  • Discussion avec un commanditaire potentiel


 


Mesures de croissance:



  • Revenu: 0$ (total: 4350$, croissance: 0%)

  • Nouveaux abonnés à l’infolettre : 51 (total: 4033, croissance: 1%)

  • Nouveaux abonnés sur Instagram : 111 (total: 1686, croissance: 7%)

  • Nouveaux J’aime sur Facebook : 44 (total: 2618, croissance: 2%)

À propos de ce blogue

DE ZÉRO À UN MILLION est le blogue de Julien Brault, qui a fondé la start-up Hardbacon en juin 2016. L’ancien journaliste de Les Affaires relate ici chaque semaine comment il transforme une idée en entreprise. Dans ce blogue, Julien Brault dévoile notamment chaque semaine ses revenus. Une démarche sans précédent qui est cohérente avec les aspirations de Hardbacon, qui vise à aider les gens à investir intelligemment en faisant voler en éclat le tabou de l’argent. Ce blogue sera ainsi alimenté jusqu’à ce que Hardbacon, qui n’avait aucun revenu lors de la publication du premier billet, génère un million de dollars en revenu annuel.

Julien Brault

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